Etape 3 - San Francisco, Californie
7 septembre 2008, fin de journée à nouveau au Church Street Café, mon nouveau QG…
Journée épuisante mais ravissante puisque je l’ai passée sur un beau vélo loué à côté du Golden Gate Park. Alimentée de montées, de descentes, de montées et puis encore de descentes, cette journée m’a littéralement cassé. Avec un beau coup de soleil sur le front, malgré le fait qu’il y ait eu beaucoup de vents et pas mal de nuages, je suis désormais accoudé à ce fameux café qui m’offre une connection plus que convenable depuis mon arrivée en ville. Comme le dit si bien Marc-Antoine, rien ne sert de stresser pendant son trajet. Amusons-nous, amusons-nous. J’essaie tant que bien que mal, mais j’avoue que là je commence un peu à suer des mains, car j’ai toujours aucune interview, et aucune image montée. Mon sujet, que j’avais rencontré vendredi dans un parc en sortant du MOMA, m’a dit il y a deux heures qu’il ne voulait pas être filmé. Du coup, après avoir essayé de le recontacter tout le week-end, je me retrouve maintenant comme un plouc avec pas mal de plans de coupe, mais pas de sujets. Il reste trois jours avant la remise. Le compte à rebours commence, ou plutôt recommence. Et c’est peut-être là le souci, quand on se casse la tête pour traiter un propos le mieux possible, on court de tous les côtés, et on perd l’instant qui coule autour de nous.
La semaine prochaine, c’est semaine-repos.
“Semaine-repos? Tu te fous de notre gueule ou quoi? T’es en train de te taper trois mois, peinard, alors qu’on trame comme des cons ici? ” C’est vrai que ça peut paraître assez fou et débile. Mais je vous avoue que c’est assez épuisant d’être aux aguets constamment. Personne ne serait content de me suivre pendant quelques jours. Je suis tout le temps avec ma caméra. Je m’arrête tout le temps pour délirer sur une futilité que seul mon for intérieur perçoit. Histoire de passer un peu le temps aussi …
Voyager seul a un prix évidemment puisqu’il t’amène à te retrouver fort souvent face à toi-même. J’ai la chance d’être assez sociable, donc je me retrouve peu souvent seul. Mais néanmoins, on est parfois confronté à se demander ce qu’on fout ici, en laissant derrière nous tous nos proches. Et puis le voyage est aussi une expérience où l’on prend beaucoup, sans nécessairement rendre l’équivalent. Les films que nous faisons sont probablement notre reconnaissance de ce que nous vivons. Heureusement qu’ils sont là en fait. Car voyager sans but n’a pas vraiment de sens …
J’ai comme l’impression d’avoir besoin de campagne. Pourquoi pas me rendre à l’est, en Arizona, ou au Texas par la suite. J’imagine que les mentalités y sont bien différentes de ce San Francisco extraverti. Ca ne veut pas dire que cette ville ne me plaît pas. Au contraire, j’ai rarement vu une ville aussi agréable et aussi belle point de vue architecture. Mais le vide est quelque chose de difficilement palpable dans le coin. Tout va un peu trop vite. Respirer un petit coin désert, rien de tel.
Je suis fatigué, je ne comprends pas très bien pourquoi j’écris encore. Demain grosse journée puisqu’il va falloir trouver la clef du film. J’ai acheté un réveil au Walgreen; ça commence à être sérieux …
Grosses kuskes à tous,
Seb
