Une journée à Santa Rosalia
Le 26 septembre 2008 - Hermosillo, Sonora State, Mexico
La connection est en moyenne de 3 Ko/sec. Du coup, j’ai un peu de temps pour m’épancher sur ces dernières journées passées à voyager et monter ce quatrième film. Je ferai de mon mieux, même si je me tape un beau mal de crâne depuis ce matin. Faut dire que c’était pas très malin de se foutre une mini cuite avec Raphaël (mon hôte couchsurfer de de moment, qui est patron de quatre taquerias en ville), le jour avant de rendre le film. Mais bon, difficile de dire non à quelques chopes et un Clamato, boisson mexicaine qui ma foi n’est pas si mal (jus de tomate+jus de citron+sel+bière)…
Aux dernières nouvelles je devais prendre un bateau de Santa Rosalia, après quasi une semaine passée à Mulegé.
En effet, après un entrevue plus long que prévu avec la production (je me suis fait bouffer par les moustiques bande de salopards), j’ai quasi raté mon bus pour me rendre à Santa Rosalia. Et une fois arrivé sur place une heure après, je demande si le bateau du lendemain pour Guaymas part bien comme prévu. “Non, désolé, il n’y a pas de bateau. Il fallait appeler comme je vous l’avais dit il y a une semaine”
…
- Plan B ?
- Il y a l’avion.
- Il part quand?
- Il y en a un tous les jours
- Combien ça coûte ?
- 800 pesos (80 Dollars)
- 550 pesos pour le bateau et 8 heures de trajet (s’il veut bien venir) versus 800 pesos pour l’avion et 30 minutes de vol… Mmmh…Je pense que le coucou me tente pas mal.
Mais après avoir passé une nuit affreuse dans un hôtel miteux plein de cafards, tenu par un certain Carlos, bourré comme un canon, j’arrive le matin au bureau de la société ” Aereo Servicios Guaymas Guerrero”.
- Un avion ce matin?
- Oui, mais pas pour toi gringo. Il n’y a plus de place.
- Quand est le suivant (je connaissais déjà la réponse)?
- Demain…et j’ai encore 4 places.
Je cours à la banque chercher un peu de thune (les 800 pesos se sont transformés en 900 pesos durant la nuit).
Donc, après avoir acheté ce fameux billet pour l’autre côté de la mer de Cortez, me voilà destiné à poireauter toute une journée dans cette ancienne ville minière de Santa Rosalia. Ca tombe bien, j’ai un film à monter.
30 minutes plus tard, me voilà installé dans ce resto, ” Playas Negras ” conseillé par deux vieilles Américaines rencontrées à l’arrêt de bus de Mulegé.
Sous l’air conditionné, et servi par une charmante serveuse nommée Erica, je passerai cette belle journée ensoleillée à l’intérieur. Juste une petite pause pour appeler Raphaël, ce fameux couchsurfer avec qui je me suis tapé quelques chopes et Clamato hier, pour lui dire que j’aurai un jour de retard.
“No problema, amigo! Que te vaya bien!”
Cette belle fin de journée se terminera par une bonne bouffe dans une taqueria d’une petite ruelle (cette ville charmante et colorée est remplie de petits snacks, avec cuisine donnant sur l’extérieur, nommés “taquerias”, où l’on trouve toutes sortes de quesadillas, burritos, tacos…et cervezas con limon!).
Et en final, puisque je suis tout de même un peu à l’arrach au niveau montage, je me trouve un petit bar restaurant pour me faire quasi deux heures de montage, une bière à la main.
Vers 23 heures, le resto ferme.
- ” Cuanto cuesta por favor?”
Le vieil homme m’apporte calmement la “cuenta”.
- ” 50 pesos para una cerveza?”
- ” Electricidad, amigo…3 horas”
Me voilà en face d’un gars qui veut me faire payer en fait 30 pesos de supplément d’électricité
pour non pas 3 heures, mais une heure et demi de travail acharné sur ce film qui me stresse comme un fou…
- “Montre-moi le prix de l’électricité sur la carte, mon ami, sinon je ne paie rien.”
- ” Si tu ne payes pas, j’appelle la police”
- ” Très bien, appelle la police.”
Le gars commence à s’énerver, en m’insultant.
Après 10 minutes de discussions de sourds, je sors du restaurant sans payer.
Un des serveurs m’interpelle. Je lui fous mon poing dans la gueule…
Non, je ne suis pas allé jusque là. Il m’a simplement demandé 20 pesos pour la bière.
Et voilà donc cette fin de journée à Santa Rosalia, où je suis rentré hyper énervé dans ma super piole remplie de cafards. Car s’il y a bien une chose que je ne supporte pas, c’est l’escroquerie et la mauvaise foi. Ce vieux gripsou a tenté de m’arnaquer. Il n’a pas eu ce qu’il voulait.
Néanmoins j’ai passé à nouveau un nuit de merde sous le ventilo grinçant (cette fois-ci j’ai tout de même mis mon sac de couchage sur la couverture, histoire de ne pas avoir les mini-habitants du lit pouilleux qui grouilleraient sur mon corps nu transpirant…
La suite des aventures dans un prochain message…
Que te vaya bien, amigo!






