Etape 2 - Reno, Nevada, USA
31 Août 2008 - Reno, Nevada, USA.
Back to Reno!
Avant toute chose, avec un jour de retard, j’aimerais souhaiter un joyeux anniversaire à mon petit frère qui fête tout de même ces 20 ans. Gaël, j’espère que tu auras fêté ça comme un chef !

Sur la route vers Black Rock City, dans le van VW de Dianne, je finis le montage du premier film ...
Ensuite, parlons un peu de cette semaine exaltante que je viens de passer. Je viens d’arriver à Reno, après avoir fait du stop. Mon pote Bob, chez qui j’avais terminé d’uploader le premier film m’accueille à nouveau pour envoyer le deuxième. Je suis donc à nouveau dans un univers adéquat pour écrire quelques mots.
Je sors en effet de Black Rock City, la ville créée à l’occasion du Burning Man Festival qui s’est passé cette semaine au milieu du Black Rock desert.
Ambiance tout d’abord poussiéreuse puisque les 44 000 participants ont dû subir lundi et samedi passés une tempête de “poussières”, où à certains moments la visibilité se limitait à quelques mètres. Ambiance apocalyptique; c’est à ces moments-là que mon objectif était le plus souvent tenté d’ouvrir son oeil. Ma caméra et mon appareil photo ont beaucoup souffert. Mais ils devraient encore tenir le coup si je ne me mets plus dans des situations aussi risquées.

Mais qu'est ce que je fous ici ?
Mais le Burning Man Festival, ce n’est pas seulement un regroupement de gens prêts à affronter les rudes conditions du désert. C’est avant tout un évènement visant à remettre en question les relations sociales qui tentent à se dégrader dans notre société capitaliste et consommatrice à outrance. A travers la liberté d’expression, les participants du festival sont les acteurs du rassemblement.
Tout d’abord, il faut prendre en compte les trois lieux principaux:
- La Playa: pleine aride de plusieurs kilomètres de long sur laquelle des installations artistiques, le Temple et “The man” sont installés.
- L’Esplanade: demi arc de cercle autour de la Playa. C’est là qu’on trouve les principales scènes, piste de danses et bars.
- Le Camping : au-delà de l’Esplanade, tous les campings cars, tentes,… sont installés et peuvent accueillir n’importe quel personne pour un atelier, débats,… créés bien à l’avance où à l’arraché.
Pour aller d’un lieu à l’autre, de multiples voitures, chars, podiums mouvants, etc…, accueillent n’importe qui voulant être bercés par des rythmes électroniques divers.
Chacun vient avec sa bouffe, ses boissons, sa musique, ses oeuvres d’art,… Et ensuite on partage tout! C’est-à-dire que pendant une semaine, quasi aucune monnaie ne circule au sein de ce site gigantesque (un type m’a dit que visiter tout le site du festival reviendrait à se taper 120 miles !). Seul des glaçons et du café au “Center Camp” sont mis en vente. Le reste n’est qu’histoire de troc. Et le pire, c’est que ça fonctionne.
Alors imaginez un instant, des gens de tout horizon (j’ai rencontré des Japonais, des Russes, des Israéliens, des Autrichiens, des Anglais, des Australiens, des Italiens, des Français, des Irlandais), ayant tous un intérêt à découvrir des oeuvres d’art exposés majoritairement sur la “Playa”, étant ouvert à communiquer sans les barrières imposées par nos conditions sociales et voulant s’exprimer le plus librement possible. Qu’est ce que ça donne? Une multitude d’univers différents, de cocktails éclatants, de danses tonitruantes, de pétages de gueules foudroyants, de méditation relaxantes, d’émotions intenses. Le tout autour d’une sculpture monumentale représentant un homme debout sur une tour, que l’on brûle à la fin de cette semaine exubérante.
J’avoue n’avoir jamais vécu un évènement aussi riche. Bien entendu, ça a ses côtés négatifs. L’alcool est disponible à volonté, les drogues circulent comme dans un moulin, le sexe n’a pas de limites… Mais tout dépend de comment on veut vivre cette semaine où tout est permis. Les premiers jours, j’avoue avoir un peu déconné, en me laissant vivre le long de “l’Esplanade” où les principaux bars et pistes de danse fabriqués par les participants sont disposés” Discussions diverses, mouvements du corps sur des musiques techno plutôt violentes, quelques cocktails de trop. Les réveils étaient plutôt costauds. Mais le lendemain, tu te reprends en main et tu décides que tu vas plutôt te balader sur la Playa, pour découvrir les oeuvres d’art soigneusement éclairées, à la recherche de moments solitaires, ou à la rencontre d’autres personnes souhaitant se poser à l’abri de l’ambiance festive qui tourne autour de l’Esplanade.
Certains diront : “Ouais, encore un de ces foutus festivals de hippies et de junkies! “. Mmmouais, pas sûr. Car ici, tout est ouvert, que tu sois ingénieur, sculpteur, jongleur ou avocat, aucun a priori n’est percevable. Il n’y a pas de communautarisme, ou de rejet complet de la société. D’ailleurs, pour que les classes sociales soient peu perceptibles, tout le monde est déguisé, pendant toute la semaine. Imaginez donc plusieurs milliers de personnes, au milieu du désert, tous déguisés, avec le sourire aux lèvre toute la journée. S’est-t-il pas beau la vie?
Bon, voilà donc en quelques mots la description de ce festival où je viens de passer une semaine. Je pourrais encore déballer plein d’anecdotes sur les différents moments vécus et personnes rencontrées. Mais je commence à être naze. Je vous promet que je serai désormais plus présent pour narrer mes mésaventures.
D’ailleurs, pour ceux qui veulent déjà un peu savoir les plans qui suivent, je dois me rendre à San Francisco dans les quelques jours. Avant ça, quelques heures de montage en perspective…
En vous souhaitant le meilleur à tous,
Hasta la proxima les gringos!
Seb
PS : encore une petite photo, prise par Manju le dernier soir au festival. Vielen Danke !






