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Au milieu des nuages …

Le 21 novembre 2008 - quelque part entre Cancun et Montréal …

Soundfilm - ” Happy song “

J’ai les larmes aux yeux. A nouveau je suis en train d’écouter ” Soundfilm”, ce groupe que certains d’entre vous auront entendu dans plusieurs de mes films.

C’est une musique qui me touche beaucoup car c’est celle qui me tient relié à mon chez moi, puisque c’est le groupe de mon petit frère et ses potes.

Perdu dans l’inconnu, elle me raccroche à ce monde, cette famille que j’ai quitté il y a plus de trois mois et que je vais très bientôt retrouver. D’ailleurs, quand je serai à nouveau sur le vieux continent, ces mélodies me rappelleront en plus cette aventure hors du temps. Peut-être me mettrai-je même à pleurer quand je verrai ces petits gars en concert, transporté par des milliers d’images que seul moi puisse me remémorer, bien que j’ai essayé d’en partager quelques-unes avec le public, à travers ces onze films auxquels je serai attaché toute ma vie.

Etablir une conclusion de tout Müvmédia ne se fera pas ici, coincé dans ce fauteuil serré d’Air Transat, avec mes écouteurs sur les oreilles, à l’abri des accents québecquois qui me balançaient, à l’aéroport, entre la joie et la peur de me plonger à nouveau dans cette autre vie, cet autre rythme que chaque ” müvmédien ” a facilement oublié durant sa route. Mes yeux d’ailleurs se ferment petit à petit, fatigués de ma dernière soirée durant laquelle j’en ai profité pour me lâcher un petit coup hier soir. Non, je pense qu’une réelle réflexion ne viendra que lorsque je serai à nouveau à Bruxelles, dans le train train que j’ai quitté au mois d’août.

 

Nicola, prêt à se lancer ...

Nicola, prêt à se lancer ...

Ma dernière semaine à Tulum fût parfaite. Certains seront jaloux quand je leur dirai que j’en ai profité pour passer mon brevet de plongée en bouteilles PADI, et  plonger du coup trois jours d’affilée, dans  la mer (on a vu une raie, dissimulée sous un tapis de sable), mais aussi dans les célèbres ” Cenote “, ces cavernes immergées qui sont reconnus mondialement par tous les plongeurs.

 

Avant d'aller dans l'eau salée ...

Avant d'aller dans l'eau salée ...

 

 

Et je confirme tout ce qui est dit à propos de ces lieux fascinants : c’était incroyable. Il faut juste imaginer une caverne, dans laquelle on ne marche pas pour découvrir les stalactites et les stalagmites, mais plutôt dans laquelle, armé d’une lampe de poche, on flotte, on vole comme dans un rêve. Sous le seul son de notre respiration qui nous rappelle régulièrement à la vie.

Magique!

Et puis j’ai aussi passé tout ce temps avec ce bon vieux Nicola, qui me faisait penser de temps à autre à Aldo Maccione, mais qui cuisine sûrement beaucoup mieux que cette star qui me faisait rire quand j’étais petit. On a d’ailleurs beaucoup rigolé, en passant notre brevet ensemble, avec notre instructeur Rob. J’irai sûrement le voir à Paris, histoire de se voir sous un autre oeil, dans un autre ” costume ”

Hier soir, c’est d’ailleurs avec lui que j’ai commencé ma soirée. Avec 4 Italiens et une Argentine, je suis resté à son hôtel pour déguster ce fameux Red Snapper qu’il nous a préparé avec passion.

Le festin avant d'être cuit sur le grill ...

Le festin avant d'être cuit sur le grill ...

 

 

A la fin du repas, je ne savais plus bouger, mais j’étais content. Ensuite, ballade dans les quelques bars de Tulum, que nous commencions à bien connaître.On a retrouvé Daniele et Fred qui étaient à ” L’Acabar “, submergés par les mélodies du concert du jeudi soir. Après ça, je n’irai pas dans les détails de cette dernière soirée. Juste quelques termes disparates, pour vous laisser imaginer, tel un rêve que l’on essaye de se remémorer :

 

Regards

Tequila

Mer

Caresse

Un doux mélange sucré salé

Tente

Sable

Bonheur

Bêtises

Danse

Charme

 

Il y a pire comme endroit ...

Il y a pire comme endroit ...

 

Et le reste des images continueront à flotter dans les méandres de ma mémoire, sans savoir quand elles me reviendront à l’esprit. Peut-être un soir, en écoutant ces musiciens qui emporteront sur leurs notes effleurées mes souvenirs qui désormais leur sont liés …

 

La dernière photo ...

La dernière photo ...

La plage, c’est tout de même pas mal pour un final …

Le 18 novembre 2008 - Tulum, Quintana Roo, Mexique

 

Je pense que personne ne m’en voudra si ces derniers temps je suis resté plutôt absent de ce blog sur lequel je me suis de temps à autres livré de manière très personnelle. Je crois d’ailleurs que tout le monde ferait de même en se trouvant dans un endroit tel que Tulum.

Le matin, un petit bain ...

Je partage avec Vincent, un Toulousain d’origine, qui se prend 8 mois de vacances pour voyager de Cuba jusqu’en Colombie, une ” cabana ”  située au bord de la plage au sable fin et à l’eau turquoise. On est d’ailleurs juste à côté de l’hôtel où chaque année l’émission ” L’île de la tentation ” est tournée.

Vincent et moi, sur la plage en face de notre cabane

Vincent et moi, sur la plage en face de notre cabane ...

 

 

C’est un peu le comble de me trouver là, alors que je fais partie aussi d’une émission de télé-réalité. Mais au contraire de ” L’île de la tentation “, je suis encore et toujours tout seul, sans avoir aucun contact avec mes concurrents. D’ailleurs, j’ai bien hâte qu’on se retrouve tous ce samedi. ca va être assez détonant comme retrouvaille, malgré qu’on ne se soit rencontré physiquement que dix jours à Montréal, avant tout ce périple.

Pour ma part, ça fait une semaine que la “course” est terminée. Je dois encore rendre le film bilan pour jeudi, mais mes pensées sont déjà au-delà de l’émission. On m’a contacté de Bruxelles pour savoir si je voulais reprendre un boulot que j’avais avant de partir. La vie va reprendre son cours, à mon retour, mais pas comme si rien ne s’était passé. Toute cette aventure est difficile à exprimer par écrit. En fait, il y a probablement des moments qui ne doivent pas être écrits. Ils restent dans mon esprit, sans savoir le temps qu’ils y seront posés …

Demain, j’ai mon dernier jour de formation pour passer mon brevet de plongée sous-marine. Je fais ça avec Nicola, un cuistot italien vivant à Paris, avec qui je passe pas mal de temps depuis mon arrivée ici, dans ce lieu paradisiaque de Tulum. On rigole pas mal, et on se raconte plein d’histoires. Comme de bons vieux backpackers. C’est une des seules personnes à qui je n’ai pas montré mes films. Ca viendra peut-être avant que je ne le quitte, ou peut-être pas. En tout cas, ça me fait du bien de passer du temps avec quelqu’un qui n’a aucun rapport avec l’un ou l’autre film. En gros, un pote de vacances avec qui on délire bien, Juste ce qu’il fallait pour terminer ce long périple de trois mois. D’ailleurs, l’autre jour, il a préparé un de ces plats, on se serait cru au resto: petite salade d’avocats, tomates, fromages en entrée. Ensuite un bon plat de spaghetti avec sauce ratatouille. Et en final, comme tout service italien de qualité, une viande de veau fourré de fromage et de courgettes, cuite sur un feu bien chaud, histoire de donner une tendresse à ce morceau de chair que nous avons dévoré savoureusement.

Que de plaisirs fournis par cet ancien cuistot de navire, qui a voyagé pendant deux ans sur les mers, et qui maintenant est chef cuistot pour 4 restos à Paris !

Et, en parlant de moments savoureux italiens, j’ai aussi vécu une retrouvaille délirante l’autre soir. Après avoir mangé tranquillement au resto argentin de l’avenue principale, je me suis retrouvé nez-à-nez avec ce bon vieux Daniele, Italien haut en couleurs du Val d’Aoste et qui étudié à l’époque à l’IAD avec moi.

En scooter avec Daniele ...

En scooter avec Daniele ...

 

 

Depuis 4 ans, je n’avais aucune nouvelle de lui. Et là, il m’apprend qu’il a l’intention d’ouvrir des cabanes de luxe sur la plage de Tulum, et qu’il possède un resto à ” Playa del Carmen “. Ca fait un choc, surtout que la dernière fois qu’on s’est vu, c’était sur le tournage d’un long-métrage de tarés à Bruxelles, sur lequel on bossait, en se demandant chaque jour ce qu’on foutait là. Ah, que le monde est petit !

- ” Et le cinéma, désespéré, ou encore un pied dedans? ”

- Ah, mais je suis tout à fait encore dans le courant. J’ai co-réalisé un long-métrage à Rome, et je suis en train de préparer un deuxième qu’on tournera dans le Val d’Aoste “.

- Tout bon ça. Ben moi, écoute, je voyage depuis trois mois, en faisant des petits docus chaque semaine qui passent sur TV5. On ne va pas se plaindre non plus ”

Et oui, c’est certain qu’en final, on aura dur à se plaindre, malgré tous les moments durs que chacun d’entre nous avons vécu. J’ai hâte de serrer dans mes bras tous ces personnages virtuels que je côtoie depuis trop longtemps. Apprêtez-vous chers amis. Car dans quelques jours, plus personne ne saura rien de nous. On pourra faire toutes les conneries qu’on veut. Et, c’est tant mieux!

Ah, que le vie d’incognito sera belle !

ETAPE 5 - Mulegé, Baja California Sur, Mexique

 

Le 18 septembre 2008 - Mulegé, Baja California Sur, Mexique

Tout d’abord, veuillez écouter ce fameux morceau que j’écoute pour vous écrire. Ca n’a rien de typique mais c’est tout bon.The B-52’s - “Rock Lobster”

 

11h 24. Posé au bureau de ma chambre à “la casa de huespedes Nachita”, je me suis dit qu’un peu de temps pour compléter le blog ne ferait de pas de tort.

 

Si ça c'est pas un paysage qui tue ...

Si ça c'est pas un paysage qui tue ...

 

De toute façon, il fait tellement chaud à l’extérieur que vaut mieux passer les heures autour de midi à l’intérieur, sous l’air artificiel du ventilateur (ce matin, j’ai filmé pendant une heure; je dégoulinais…).

J’ai commencé à tourner hier les premières images pour le film de l’étape 5. Ce sera bien différent des autres, comme à chaque fois. Mais je découvre enfin la difficulté que les Canadiens ont  eu plus d’une fois en Europe, c’est-à-dire faire un film avec des gens qui ne parlent ni le français, ni l’anglais. Et bien que mon espagnol s’améliore de jour en jour, il n’est pas évident d’avoir une discussion très profonde avec les gens. Une jeune mariée nommée Montserrat va m’aider tout à l’heure pour faire ma première interview. Elle baragouine quelques mots d’anglais: on devrait plus ou moins s’en sortir. Mais en tout cas, chapeau pour tous les Canadiens müvmédiens!

Mulegé est  un petit patelin de plus ou moins 4000 habitants, où pas plus de 5-6 touristes par jour passent. On est en fait hors saison. Du coup, le village est surtout composé de ses habitants, ce qui n’est pas plus mal.

J’avais l’intention de faire un film sur un restaurant sur la Playa Buenaventura, à une trentaine de kilomètres d’ici.

 

De Mulegé, l'auto-stop ne fonctionnera pas pour aller à la playa Buenaventura ...

De Mulegé, l'auto-stop ne fonctionnera pas pour aller à la playa Buenaventura ...

 

Mais une fois arrivé là-bas, je me suis retrouvé sur une plage avec un resto et un hôtel, mais sans vraiment quoi que ce soit qui puisse m’inspirer. Deux jeunes Espagnoles croisées dans un café à San Francisco m’avaient vivement conseillé de venir interviewer la proprio. mais malheureusement, elle ne revient que dimanche, ce qui est un peu tard si je veux finir ce fameux film.

 

Le restaurant que vous ne verrez pas dans le film ...

Le restaurant que vous ne verrez pas dans le film ...

 

Du coup, je suis revenu à Mulegé, après avoir fait ma première plongée en mer avec Mick, un Anglais ne parlant pas un mot d’espagnol et qui propose depuis deux ans et demi aux touristes de découvrir les fonds marins de la mer de Cortez.

Juste avant d'aller visiter ces fameux bateaux coulés ...

Juste avant d'aller visiter ces fameux bateaux coulés ...

 

 

 

 

 

Je vous avoue que malgré une très faible visibilité (pas plus de trois mètres), rester une heure sous l’eau, pour découvrir deux petits bateaux au fond de la mer, ça n’est pas déplaisant ma foi. J’ai tout de même vu quelques poissons colorés typiques de la mer de Cortez (style le poisson de Little Nemo).

 

 

 

 

 

Mais je ne vais pas trop vous rendre jaloux. D’ailleurs, le soir ici, c’est l’enfer au niveau des moustiques. Et puis dans la toilette de la madre Nachita, je me suis fait un nouvel ami, Gaspard le cafard. J’espère que je ne le verrai pas trop. C’est assez mal barré car je crois que je n’ai pas très bien digéré mon énorme pizza d’hier soir…

Bon, portez-vous bien !

 

Seb, el gringo rojo