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Dernières réflexions sur Agua Prieta

 

Le dimanche 5 octobre 2008 - Douglas, Arizona, USA.

 

Back to the States! Enfin pas vraiment puisque la majorité du film que je viens de terminer a été tourné ici.

Hier j’ai cru que j’allais m’écrouler. A chaque fois, terminer ce film est un effort épuisant. Lié au stress de terminer à temps, mais aussi au fait que faire un film intéressant sous le format imposé est bien plus difficile qu’on ne l’imagine, surtout quand on se trouve dans un lieu où il y a tellement de choses à raconter. Et faire un choix n’a pas été une mince affaire.

Depuis le début de mon séjour à Agua Prieta (de l’autre côté de la frontière, cette ville me paraissait plus à mon goût que la ville américaine), je me suis entouré de gens qui pouvaient m’aider à faire un film sur la problématique de l’immigration.

 

D'un côté les Etats-Unis, de l'autre ...

D'un côté les Etats-Unis, de l'autre ...

Chacun était évidemment fort content de voir un Européen s’intéresser au sujet et surtout à la douleur des immigrés ayant échoué dans leur insertion aux Etats-Unis.

Donc, après avoir interviewé pas mal de personnes concernées, ils s’attendaient tous à ce que je fasse un film montrant cette douleur et les intentions de la majorité des immigrés, c’est-à-dire trouver du travail aux Etats-Unis ou retrouver une partie de sa famille déjà installée (beaucoup d’Américains pensent que tous les immigrés sont des bandits, des trafiquants de drogue,etc… C’est vrai il y en a mais ce n’est apparemment pas la majorité).

Mais malheureusement pour eux, le film que chacun verra dans trois semaines ne parle pas spécifiquement de ça. Il ne donne d’ailleurs la parole à aucun Mexicain.

Et ce choix a été fait à cause de ce format si court. J’aurais pu montrer trois interviews différentes, mais tout aurait été fort simpliste pour résumer cette situation  entre le Mexique et les Etats-Unis.

Hier, j’étais donc un peu embarrassé envers Daniel V., chez qui je logeais depuis 4 jours.

Lui qui m’a aidé à interviewer une femme épuisée arrivant tout juste d’un interrogatoire du côté américain; lui qui m’a parlé de tous les problèmes mexicains, et de la corruption au sein du gouvernement; mais lui qui a aussi tout fait pour montrer qu’il existe des Mexicains adorables.

 

A l'arrière du pick-up ...

A l'arrière du pick-up, avec Daniela ...

 

Et comme un lâche, je ne lui ai pas montré le film qui montre plutôt le portrait d’un personnage américain dont je ne vous dirai rien. Daniel le verra probablement ce soir chez l’autre Daniel, d’où j’ai envoyé tous les fichiers qu’il fallait). 

Je crois qu’il sera déçu …

 

Ce que j’essaye de dire en gros, c’est que nos films, comme le soulignait très bien Alexis, ne sont pas des finalités en soi, mais sont plus à prendre comme des repérages (auxquels on essaye tant bien que mal à donner une couleur de travail fini). Et pour ma part, en tout cas pour les deux derniers films que j’ai fait, ça a toujours été une réflexion épuisante pour savoir ce qui me semblait le plus important, car je me suis lancé dans deux thématiques fort complexes (la religion et l’immigration).

Cela veut-il dire que les prochains seront plus “légers” ? Je ne sais pas répondre à cette question. Je sais en tout cas au fond de moi que je n’ai pas envie de faire des films pour ne rien dire. Et cette opportunité d’avoir quartier libre sur une période de 3 minutes 30 par semaine sur une chaîne comme TV5 est une chance incroyable pour des réalisateurs comme nous.

En effet, pour le peu d’expérience professionnelle que j’ai dans ce domaine, les diffuseurs sont toujours les principaux freins par rapport au projets financés ou pas. Soit on vous dit : ” Oh, mais on a déjà parlé de ça l’année passée, revenez dans un an ” ou bien ” Oh, mais ça, ça passera jamais sur telle chaîne “, ou encore ” Mmmh, il faudrait que tu mettes un peu plus d’action, rajoute du sensationnel car sinon on va perdre de l’audience “,…

Ici, personne ne nous dit qu’il faut mettre un peu plus de piments dans la sauce pour chauffer le public. Seul des soucis de droits d’auteur, ou encore des critiques directes du diffuseur ou du producteur peuvent freiner notre création. A part ça, libre à nous de parler de ce qu’on veut.

Donc, après avoir lu le texte très sensible d’Alexis, j’en viens à cette conclusion : c’est très dur de faire ces films en une semaine, mais malgré ça on les fait à fond car chacun d’entre nous se rend compte de la chance que nous avons.

Du coup, on est complètement tanné !

A côté de ça, j’aimerais juste encore parler de mon séjour dans cette ville frontalière. Plusieurs personnes m’ont écrit pour me faire part de leur crainte quand ils ont su que j’étais sur un terrain “caliente” (maman et papa en gros). Je leur réponds simplement par ceci : je viens de passer 6 jours dans deux familles différentes qui m’ont logé et nourri gratuitement, sans aucune attente. Prêts à me donner un coup de main à n’importe quelle heure de la journée (les deux Daniel quittaient leur bureau au milieu de la journée pour m’aider d’une manière ou d’une autre), j’étais stupéfait par cette gentillesse gratuite.

Daniel V. d’ailleurs m’a vraiment épaté. Un jeune manager de trente ans bossant dans la même boîte depuis qu’il a 16 ans. Mais aussi bâtisseur de sa propre maison, guitariste et maître chanteur à l’église, cuisinier à ses heures perdues, et humoriste à temps plein. Tout ça alors qu’il s’occupe comme un prince de sa femme Elvia et de leurs deux enfants, Daniela et Kevin Daniel….

Un homme au grand coeur, qui avale passionnément tout autour de lui (il a appris l’anglais en regardant des films et en feuilletant le dictionnaire) et qui m’a aussi pris sur sa moto pour faire quelques tours du paté de maison.

D’ailleurs, il m’a dit qu’après avoir rencontré avec moi quelques immigrés, il comptait  passer désormais deux trois heures par semaine au ” Centro de recursos para migrantes ” pour aider comme il peut ces personnes qui reviennent souvent complètement désespérées (le jour où on en a rencontré vers minuit, alors qu’ils avaient passé plus de 15 heures sous surveillance américaine, Daniel a réussi à tous les faire rire en dix minutes à peine…).

Tout ça pour dire que j’ai été stupéfait par cet homme et sa famille au grand coeur.

Ce matin d’ailleurs, alors que j’ai d’habitude horreur de ça, j’ai été de ma propre volonté les accompagner à la messe. Histoire de passer un dernier moment avec eux, en chantant des chants religieux, menés par la voix impressionnante de ce jeune papa que beaucoup de gens écoutent attentivement dans les alentours. 

 

Juste avant de partir vers Douglas ...

Juste avant de partir vers Douglas ...

Une rencontre fascinante donc, mais comme à chaque fois beaucoup trop courte. Et quand ils m’ont dit aux portes de la douane ” if you come in ten, twenty or even thirty years back in our city, our house will still be open…”, je me suis dit : ” et toi mon gaillard, serais-tu aussi prêt à les accueillir chez toi?…”

Une journée à Santa Rosalia

 

Le 26 septembre 2008 - Hermosillo, Sonora State, Mexico

 

 

La connection est en moyenne de 3 Ko/sec. Du coup, j’ai un peu de temps pour m’épancher sur ces dernières journées passées à voyager et monter ce quatrième film. Je ferai de mon mieux, même si je me tape un beau mal de crâne depuis ce matin. Faut dire que c’était pas très malin de se foutre une mini cuite avec Raphaël (mon hôte couchsurfer de de moment, qui est patron de quatre taquerias en ville), le jour avant de rendre le film. Mais bon, difficile de dire non à quelques chopes et un Clamato, boisson mexicaine qui ma foi n’est pas si mal (jus de tomate+jus de citron+sel+bière)…

 

Rafaël, à moitié masqué par ce fameux Clamato ...

Rafaël, à moitié masqué par ce fameux Clamato ...

Aux dernières nouvelles je devais prendre un bateau de Santa Rosalia, après quasi une semaine passée à Mulegé. 

En effet, après un entrevue plus long que prévu avec la production (je me suis fait bouffer par les moustiques bande de salopards), j’ai quasi raté mon bus pour me rendre à Santa Rosalia. Et une fois arrivé sur place une heure après, je demande si le bateau du lendemain pour Guaymas part bien comme prévu. “Non, désolé, il n’y a pas de bateau. Il fallait appeler comme je vous l’avais dit il y a une semaine”

- Plan B ?

- Il y a l’avion.

- Il part quand?

- Il y en a un tous les jours

- Combien ça coûte ?

- 800 pesos (80 Dollars)

- 550 pesos pour le bateau et 8 heures de trajet (s’il veut bien venir) versus 800 pesos pour l’avion et 30 minutes de vol… Mmmh…Je pense que le coucou me tente pas mal.

Mais après avoir passé une nuit affreuse dans un hôtel miteux plein de cafards, tenu par un certain Carlos, bourré comme un canon, j’arrive le matin au bureau de la société ” Aereo Servicios Guaymas Guerrero”.

 

C'est par ici qu'il faut regarder Carlos ...

C'est par ici qu'il faut regarder Carlos ...

 

 

- Un avion ce matin?

- Oui, mais pas pour toi gringo. Il n’y a plus de place.

- Quand est le suivant (je connaissais déjà la réponse)?

- Demain…et j’ai encore 4 places.

 

Je cours à la banque chercher un peu de thune (les 800 pesos se sont transformés en 900 pesos durant la nuit).

Donc, après avoir acheté ce fameux billet pour l’autre côté de la mer de Cortez, me voilà destiné à poireauter toute une journée dans cette ancienne ville minière de Santa Rosalia. Ca tombe bien, j’ai un film à monter.

30 minutes plus tard, me voilà installé dans ce resto, ” Playas Negras ” conseillé par deux vieilles Américaines rencontrées à l’arrêt de bus de Mulegé.

 

Au resto "Aguas Negras ", le client de la journée ...

Au resto "Aguas Negras ", le client de la journée ...

 

 

Sous l’air conditionné, et servi par une charmante serveuse nommée Erica, je passerai cette belle journée ensoleillée à l’intérieur. Juste une petite pause pour appeler Raphaël, ce fameux couchsurfer avec qui je me suis tapé quelques chopes et Clamato hier, pour lui dire que j’aurai un jour de retard.

“No problema, amigo! Que te vaya bien!”

Cette belle fin de journée se terminera par une bonne bouffe dans une taqueria d’une petite ruelle (cette ville charmante et colorée est remplie de petits snacks, avec cuisine donnant sur l’extérieur, nommés “taquerias”, où l’on trouve toutes sortes de quesadillas, burritos, tacos…et cervezas con limon!).

Une rue typique de Santa Rosalia ...

Une rue typique de Santa Rosalia ...

 

 

Une taqueria typique de Santa Rosalia ...

Une taqueria typique de Santa Rosalia ...

 

 

 

Un Chihuahua typique de Santa Rosalia ...

Un Chihuahua typique de Santa Rosalia ...

 

Et en final, puisque je suis tout de même un peu à l’arrach au niveau montage, je me trouve un petit bar restaurant pour me faire quasi deux heures de montage, une bière à la main.

Vers 23 heures, le resto ferme.

- ” Cuanto cuesta por favor?”

Le vieil homme m’apporte calmement la “cuenta”.

- ” 50 pesos para una cerveza?”

- ” Electricidad, amigo…3 horas”

Me voilà en face d’un gars qui veut me faire payer en fait 30 pesos de supplément d’électricité

pour non pas 3 heures, mais une heure et demi de travail acharné sur ce film qui me stresse comme un fou…

- “Montre-moi le prix de l’électricité sur la carte, mon ami, sinon je ne paie rien.”

- ” Si tu ne payes pas, j’appelle la police”

- ” Très bien, appelle la police.”

Le gars commence à s’énerver, en m’insultant.

Après 10 minutes de discussions de sourds, je sors du restaurant sans payer.

Un des serveurs m’interpelle. Je lui fous mon poing dans la gueule…

Non, je ne suis pas allé jusque là. Il m’a simplement demandé 20 pesos pour la bière.

Et voilà donc cette fin de journée à Santa Rosalia, où je suis rentré hyper énervé dans ma super piole remplie de cafards. Car s’il y a bien une chose que je ne supporte pas, c’est l’escroquerie et la mauvaise foi. Ce vieux gripsou a tenté de m’arnaquer. Il n’a pas eu ce qu’il voulait. 

Néanmoins j’ai passé à nouveau un nuit de merde sous le ventilo grinçant (cette fois-ci j’ai tout de même mis mon sac de couchage sur la couverture, histoire de ne pas avoir les mini-habitants du lit pouilleux qui grouilleraient sur mon corps nu transpirant… 

La suite des aventures dans un prochain message…

 

La chambre de l'hôtel San Victor ...

La chambre de l'hôtel San Victor ...

Que te vaya bien, amigo!

Etape 5 - Mulegé, Baja California Sur, Mexico

 

 

Le dimanche 21 septembre 2008 - Mulegé, Baja California Sur, Mexico

 

La place où je suis passé plus d'une dizaine de fois pour aller au café internet ...

La place où je suis passé plus d'une dizaine de fois pour aller au café internet ...

 

 Je n’arrête pas de rester sur internet. Il fait tellement chaud. Et puis je suis dans une mini auberge tout seul, donc pas beaucoup de rencontres. Et pas beaucoup de contacts avec les locaux car je ne parle pas assez bien. Il y a aussi beaucoup de retraités américains qui traînent toute la journée dans un bar. C’est assez pathétique. Et le film que je suis en train de faire est assez caffouilleux. Je vais dans 36 directions différentes, sans vraiment savoir ce que je veux dire en final. Heureusement il me reste encore jusque vendredi pour le remettre. Et demain je devrais tourner les dernières images.

 

Au stade, dans le quartier non touristique de la ville ...

Au stade, dans le quartier non touristique de la ville ...

 

 

Mais le temps est un peu long. j’ai envie de passer à autre chose. Hier, j’étais au bout du rouleau. Aucun endroit n’était assez bien. Soit trop de bruits, soit trop chaud. Et puis je n’arrête pas de boire des Cocas, des Sprite pour combler je ne sais quoi, au point qu’à la fin de la journée, j’étais complètement dégoûté (ça n’empêche pas que je suis de nouveau avec un verre de Coke à côté de moi dans l’hôtel Las Casitas, tenu par un certain Javier, qui m’a beaucoup aidé en me donnant des infos sur le village).

 

Ca devient de plus en plus costaud ces tournages ...

Ca devient de plus en plus costaud ces tournages ...

Hier, j’ai tourné une interview que je pourrai difficilement exploiter. Un peu fait à la va-vite, dans un lieu inconfortable pour l’interviewé et moi-même. Après ça, pour me changer les idées, je m’étais dit pourquoi pas aller voir les restos au bord de le mer, à une trentaine de minutes à pied. J’y ai découvert deux endroits fort sympathiques, au bord de la plage. Un petit bain de minuit sous un ciel étoilé s’en est suivi, dans une eau à facilement 28 degrés. Le pied, oui, mais quand on est tout seul sans pouvoir partager ces moments doux, c’est un peu triste.

Par contre, à mon retour en slip trempé, la barwoman du resto des poivrots américains m’a croisé. Polly, elle se nomme. Au retour, dans sa voiture climatisée, elle m’a invité à venir voir aujourd’hui sa maison sur la plage en fin d’après-midi, où elle habite avec son fils de trois ans. Ca devrait me changer les idées. Espérons que mon espagnol s’améliore d’ici là.

La mer noire, où l'on ne sais pas ce qui nous attend quand on y pénètre ...

La mer noire, où l'on ne sais pas ce qui nous attend quand on y pénètre ...

En tout cas, pour l’instant, j’aimerais bien avoir quelques potes autour de moi. Et un peu de famille aussi. Encore deux mois…

Kuskes,

Seb, que apprende mas y mas Espanol todos los dias.

ETAPE 5 - Mulegé, Baja California Sur, Mexique

 

Le 18 septembre 2008 - Mulegé, Baja California Sur, Mexique

Tout d’abord, veuillez écouter ce fameux morceau que j’écoute pour vous écrire. Ca n’a rien de typique mais c’est tout bon.The B-52’s - “Rock Lobster”

 

11h 24. Posé au bureau de ma chambre à “la casa de huespedes Nachita”, je me suis dit qu’un peu de temps pour compléter le blog ne ferait de pas de tort.

 

Si ça c'est pas un paysage qui tue ...

Si ça c'est pas un paysage qui tue ...

 

De toute façon, il fait tellement chaud à l’extérieur que vaut mieux passer les heures autour de midi à l’intérieur, sous l’air artificiel du ventilateur (ce matin, j’ai filmé pendant une heure; je dégoulinais…).

J’ai commencé à tourner hier les premières images pour le film de l’étape 5. Ce sera bien différent des autres, comme à chaque fois. Mais je découvre enfin la difficulté que les Canadiens ont  eu plus d’une fois en Europe, c’est-à-dire faire un film avec des gens qui ne parlent ni le français, ni l’anglais. Et bien que mon espagnol s’améliore de jour en jour, il n’est pas évident d’avoir une discussion très profonde avec les gens. Une jeune mariée nommée Montserrat va m’aider tout à l’heure pour faire ma première interview. Elle baragouine quelques mots d’anglais: on devrait plus ou moins s’en sortir. Mais en tout cas, chapeau pour tous les Canadiens müvmédiens!

Mulegé est  un petit patelin de plus ou moins 4000 habitants, où pas plus de 5-6 touristes par jour passent. On est en fait hors saison. Du coup, le village est surtout composé de ses habitants, ce qui n’est pas plus mal.

J’avais l’intention de faire un film sur un restaurant sur la Playa Buenaventura, à une trentaine de kilomètres d’ici.

 

De Mulegé, l'auto-stop ne fonctionnera pas pour aller à la playa Buenaventura ...

De Mulegé, l'auto-stop ne fonctionnera pas pour aller à la playa Buenaventura ...

 

Mais une fois arrivé là-bas, je me suis retrouvé sur une plage avec un resto et un hôtel, mais sans vraiment quoi que ce soit qui puisse m’inspirer. Deux jeunes Espagnoles croisées dans un café à San Francisco m’avaient vivement conseillé de venir interviewer la proprio. mais malheureusement, elle ne revient que dimanche, ce qui est un peu tard si je veux finir ce fameux film.

 

Le restaurant que vous ne verrez pas dans le film ...

Le restaurant que vous ne verrez pas dans le film ...

 

Du coup, je suis revenu à Mulegé, après avoir fait ma première plongée en mer avec Mick, un Anglais ne parlant pas un mot d’espagnol et qui propose depuis deux ans et demi aux touristes de découvrir les fonds marins de la mer de Cortez.

Juste avant d'aller visiter ces fameux bateaux coulés ...

Juste avant d'aller visiter ces fameux bateaux coulés ...

 

 

 

 

 

Je vous avoue que malgré une très faible visibilité (pas plus de trois mètres), rester une heure sous l’eau, pour découvrir deux petits bateaux au fond de la mer, ça n’est pas déplaisant ma foi. J’ai tout de même vu quelques poissons colorés typiques de la mer de Cortez (style le poisson de Little Nemo).

 

 

 

 

 

Mais je ne vais pas trop vous rendre jaloux. D’ailleurs, le soir ici, c’est l’enfer au niveau des moustiques. Et puis dans la toilette de la madre Nachita, je me suis fait un nouvel ami, Gaspard le cafard. J’espère que je ne le verrai pas trop. C’est assez mal barré car je crois que je n’ai pas très bien digéré mon énorme pizza d’hier soir…

Bon, portez-vous bien !

 

Seb, el gringo rojo

Etape 4 - Santa Rosalia, Baja California, Mexique

 

 

 

D’une pierre deux coups,

je vous laisse le message d’hier et d’aujourd’hui…

 

Le 15 septembre 2008 - Greyhound station of Los Angeles, California

 

De Los Angeles, seul un couloir monotone restera dans ma mémoire ...

De Los Angeles, seul un couloir monotone restera dans ma mémoire ...

 

Dans 35 minutes, mon bus part pour la frontière mexicaine. Trois heures 45 minutes de trajet jusque Tijuana. Ensuite direction la mer de Cortez, où j’ai bien l’intention de prendre du bon temps.

Je suis revenu hier avec Stéphanie de ce fameux festival ” Earthdance”. En voyant l’affiche psychédélique, je m’étais dit que je tomberais dans un gros festival de trance, bourré de jeunes “pilsés”. Et ben, en fait, pas du tout. Arrivé à Los Gatos en fin d’après-midi avec Jef, le comédien engagé (rencontré grâce au site ” Craigslist; je vous le conseille, c’est un site bourré d’annonces, style ridesharing, second hand shopping, bonnes enroules à droite à gauche,…), j’ai ouvert grand les yeux quand je me suis aperçu que c’était un club privé de nudistes qui accueillaient pour la première fois ce festival où à peine 100 personnes étaient présents.

 

Dans une gentille vallée, bourrée de gens tout nus ...

Dans une gentille vallée, bourrée de gens tout nus ...

Le ” Lupine Lodge “, situé dans une vallée au microclimat exceptionnel, ouvrait donc ses portes à des nouveaux arrivants, à l’occasion de cet événement qui apparemment se passe partout dans le monde.

 

Ambiance plutôt tranquille. Le MDMA ne doit pas être très loin ...

Ambiance plutôt tranquille. Le MDMA ne doit pas être très loin ...

J’ai donc passé mon temps à écouter les quelques groupes de rock hippies, danser sur les rythmes soft de DJ’s inconnus, faire quelques longueurs dans la piscine, discuter à poil dans le jacuzzi avec pas mal de monde de Santa Cruz et écouter le Kirtan chanté par Stéphanie (chants sanskrits, accompagnés d’un accordéon et d’un tambour indien; ambiance Hare Krishna. Essayez ce morceau-ci pour vous mettre un peu dans l’ambiance: Krishna Das - ” Om namo bhagavate vasudevaya “). J’ai même eu l’occasion de participer à une séance de “Dolphin dancing”, danse aquatique où tout le monde se frôle nu sous l’eau, bercés par une musique sous-marine relaxante…

En gros, pas trop dur la vie…

Mais je pense que ce qui m’a surtout plu, c’est la rencontre que j’ai faite.

Stéphanie et moi nous sommes tout de suite bien entendue.

La nature sauvage du coin nous épate ...

La nature sauvage du coin nous épate ...

 

 

 

Tout mignons, tout gentils ...

Tout mignons, tout gentils ...

 

Passionnée d’environnement, d’astrologie, cette jeune professeur de yoga m’a accueilli comme un prince dans sa maison ( où je suis tout de même arrivé à deux heures du matin jeudi passé) où elle habite avec Robert, Asher et Mike. Hier je leur ai cuisiné un bon plat de légumes cuits à la vapeur. Bon vin californien et bonne discussion. Rien de tel pour reprendre la route. En plus, maintenant que je sais que je suis Bélier, ascendant lion, je peux continuer à avancer sans trop me soucier des dangers qui peuvent m’arriver… 

Ceci n'est pas un arbre ...

Ceci n'est pas un arbre ...

 

 

Allez, je vous laisses les gringos!

 

Tchüssi,

 

Seb

 

 

 

 

 

 

Le 16 septembre 2008 - Santa Rosalia, Baja California, Mexique

Salut les petits gars!

 

Ma première photo au Mexique, à Ensanada ...

Ma première photo au Mexique, à Ensenada ...

Et voilà un arrivée d’enfer au pays du soleil, des tacos et de la tequila. En effet, suite à presque trente heures de bus, me voilà dans une petite ville nommée Santa Rosalia, au coeur de la Baja California.

 

Pas fort bavard le voisin mexicain ...

Pas fort bavard le voisin mexicain ...

Et la meilleure de la journée, c’est qu’en sortant du bus, les yeux encore mi-fermés, je me retrouve à admirer un beau défilé dans la rue principale du coin. Ben oui, ça arrive de temps en temps, surtout le jour de l’indépendance. Faut croire que j’ai pas mal de chance, car je n’étais pas du tout au courant.

Au niveau du temps, tranquillo tranquillo. Plein soleil, la mer de Cortez à cent mètres de moi, les premiers tacos de l’Asadero du coin vont bientôt passer à la casserole.

J’ai laissé mes affaires chez une charmante vendeuse de … tacos (j’ai comme l’impression que ce mot risque d’être assez souvent tapé sur mon clavier pendant ce séjour).

Histoire de visiter un peu le coin. Ensuite, cette après-midi, je reprends un bus pour Mulegé, un des plus beaux villages de la Baja California (selon le Lonely Planet). On verra bien ce que ça vaudra. Je ne sais pas si j’aurai l’occasion d’écrire ces prochains jours puisque je compte rester dans ce beau village quelques temps. En tout cas, je suis bien content d’avoir quitté d’une traite la Californie américaine. Il fallait que je change, que je sorte de cette atmosphère culturelle (ou non culturelle pour certains) pour me plonger dans un pays où je parle seulement quelques mots. D’ailleurs, les couleurs sont les premiers aspects nouveaux qui m’apparaissent. Chaque maison, panneau publicitaire éclate de tons forts.

Ca réveille les yeux tout ça !

Portez-vous bien d’où que vous soyez. Je suis à vous dans les prochains jours.

Un beso del gringo rojo !

 

Du café internet PC Vision, sur l'avenue Obregon ...

Du café internet PC Vision, sur l'avenue Obregon ...