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Sur mon lit pouilleux …

 

Le 30 octobre 2008 - Pomuch, Campeche state, Mexico

 

Couché sur le lit pouilleux de cette casa de Huespedes, je vais tenter d’écrire quelques nouvelles de ce voyage haut en couleurs. Je viens en effet de manger chez Fredi, un jeune de 24 ans rencontré sur la place principale il y a deux jours, 5 minutes après être arrivé avec le bus de Campeche. Son père tient un grand bar, donc du coup, on a pu se prendre deux bières à l’oeil. Resultat, je pense que je vais bientôt me taper un petit somme…

 

Le petit somme ...

Le petit somme ...

 

D’ailleurs, ça m’étonne beaucoup car je n’arrête pas de dormir. Faut croire que j’ai besoin de récupérer de ces nombreuses nuits passées dans les bus au Canada et aux Etats-Unis. Et puis cette semaine, j’ai tout de suite trouvé le sujet pour mon film.

Du coup, c’est moins la course et je prends le temps de chiller dans ce petit village connu par les locaux, mais pas tellement par les touristes étrangers.

Par contre on y trouve toute de même une tradition hors du commun…

Ah ah ah, mystère, je ne dirai rien.

Pomuch est un petit village de 10 00 habitants. J’y suis arrivé il y a deux jours,après être passé par le site maya d’Uxmal. 

Avant ça j’ai passé près de 4 jours à Merida, ce haut lieu connu pour le montage de films müvmédiens! J’avoue d’ailleurs que c’était assez frustrant de rester dans une ville sans vraiment voir cette ville. Vous allez me dire : ” ouais, mais t’as sûrement rencontré des gens super cools dans l’auberge”.

Oui et non.

De nombreux couples, de nombreuses jeunes filles ravissantes, quelques discussions pour améliorer mon allemand, mais à part ça je pense que j’ai surtout fait l’autiste devant mon compagnon de voyage préféré, “el computador”.

Non mais j’exagère. Au moment même, j’étais un peu dégoûté de voir tous ces amoureux en voyage. Mais à force de jeter des petits coups d’oeil discrets, c’était assez drôle de voir que certains paraissaient vraiment en quête de savoir s’ils étaient vraiment faits l’un pour l’autre (d’ailleurs il y en a qui tiraient des tronches pas possibles, à se demander s’ils valaient pas mieux qu’ils se quittent tout de suite…). Et puis j’ai tout de même rencontré un jeune Suisse, Simon, voyageant avec une copine Autrichienne, Michaela. Très sympas tous les deux. Je devrais peut-être les retrouver à San Cristobal de las Casas. J’ai aussi rencontré un Texan informaticien, Donavan, avec qui j’ai vécu un bel instant. En effet, à deux heures du matin, alors qu’il était en train de chatter avec une copine aux USA, je lui explique mon voyage. Après une explication brève mais précise (je me sens presque comme un vendeur de tapis, à part que c’est une émission de télévision que je pousse à consommer), il me dit que sa copine est aussi allé au Burning Man.

Et bien, qu’elle regarde mon petit film alors ! Un quart d’heure après, elle lui répond qu’elle a reconnu quelques enfants en regardant le film. Ah que le monde est petit!

Mais c’est surtout le jour où j’ai terminé le montage que j’en ai surtout profité. Sous un air de légèreté insouciante, je me suis d’abord rendu au ” Centro de Artes Visuales “, où j’ai été agréablement surpris par les oeuvres de jeunes artistes mexicains (surtout des peintures).

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensuite ballade sur les Champs-Elysés locaux, ” el Paseo de Montejo “, où tout le long d’une rue bordée de belles maisons coloniales, j’ai pu ouvrir grands mes yeux (malgré la fatigue de trois jours de montage) devant des installations d’artistes mexicains et allemands disposés à l’occasion d’une exposition temporaire en plein air.

 

 

Finalement, j’ai terminé ma soirée avec Coline, Sam, Maxime et … (oups j’ai oublié son nom, sorry, mais vu le nombre de personnes que je croise sur ma route, je ne peux malheureusement pas mémoriser tous les noms), 3 Parisiens et un Lillois travaillant tous comme animateurs informatiques. Bonne petite soirée bien détendue où on a été manger au coin de la ” Plaza Grande ” en relatant nos quelques délires de voyage.

Ah oui, j’allais oublié. J’ai aussi profité de cet adorable marché local. Rien de tel pour se changer les idées quand on commence à ne plus savoir regarder son écran.

Ensuite…

Mais ai-je vraiment envie de raconter la suite? J’ai un peu l’impression de relater un voyage de touriste baroudeur. Un peu comme si j’avais envie de ne rien oublier.

Ca me rappelle qu’il y a quelques années, je m’étais tapé un grand voyage tout seul, en Asie, et je me souviens avoir même mis dans mon carnet de bord les heures où j’arrivais. Mais est-ce vraiment important? Que choisir, que retenir?

Le voyage, c’est une multitude de moments nouveaux, dont on ne retient que quelques instants par-ci par là, tels des clichés photographiques :

 

En sortant de l’avion, 4 heures de discussion non-stop avec Edilberto …

Un repas qui m’a remis d’aplomb, alors qu’une vieille mendiante est assise à ma table …

Une vendeuse de fleurs qui ne veut pas me remettre mon sourire …

La fierté de faire partie des nouveaux princes de la cité d’Uxmal …

Une photo prise des millions de fois …

Une jeune fille au loin, dont je ne serai jamais le nom …

L’hôtel où l’eau ne coule pas la nuit au premier étage …

” Eh! Guapo !” me crient les filles aux pieds de l’arbre …

Le village de Pochum, où l’on ne mange pas dans des restos, mais plutôt dans la rue …

Un mécanicien inconnu me souriant … 

Une vieille bagnole qui roulera encore quelques temps …

Quelques mots mayas partagés avec les enfants …

L’Hacienda de 1895, abandonnée, mentionnée dans aucun livre touristique …

Fredi, qui vient d’être piqué par un insecte au-dessus de l’oeil …

Au-dessus des nuages…

 

Le 25 octobre 2008 - dans l’avion, entre Calgary et Cancun.

 

Mum - ” The land between solar systems “

Bercé par les turbulences, au-dessus d’un paysage peu habité, quasi désertique, j’ai comme l’impression qu’il est à nouveau temps d’établir une connexion avec les lecteurs situés derrière l’écran. Ces derniers jours ont été à nouveau balancés par diverses rencontres qui m’ont fait beaucoup rire, sourire.

Dans le quartier des junkies de Vancouver ...

Ces quelques heures à Vancouver m’ont rappelé mes premières rencontres. J’ai essayé d’appeler Vanessa, histoire de boire un café quelque part, mais elle ne m’a pas répondu. Ca aurait été drôle de se revoir. La dernière fois, c’était au Burning Man…

Pas loin de la gare des bus de Vancouver...

Pas loin de la gare des bus de Vancouver...

Par contre, cet arrêt plus long que prévu à Vancouver (je n’ai pas pris directement ma correspondance, histoire d’un peu prendre l’air dans cette ville qui m’avait accueilli sous la pluie la première fois, et qui cette fois-ci m’ouvrait ses bras sous un automne orangé et ensoleillé) m’a permis de rencontrer dans le bus se dirigeant vers Calgary, une charmante Allemande se baladant seule en Colombie Britannique et en Alberta. Yvonne, étudiante en relations internationales, vivant à Berlin et restant quelques mois à Montréal pour y étudier, m’a fait réalisé que j’étais un peu trop restreint à mes films, que j’essaye à chaque fois de faire de mon mieux.

En effet, sur la route vers Calgary, Yvonne s’arrête à Banff, et je décide de descendre avec elle. Ca ne me fera que deux jours à Calgary pour tourner mon film, mais les montagnes du coin sont tellement belles que ça aurait été stupide de passer à travers sans s’y arrêter. Et puis Yvonne m’envoûte assez bien je dois dire.

 

Après donc une nuit peu emprunté de sommeil ( un gars est arrivé à trois heures du matin dans le bus, bourré, et hyper excité; il s’est assis à côté de moi pour m’expliquer qu’il habitait dans la ville la plus chère de l’ Alberta,qu’il avait un beau pick-up et qu’il était fier d’être un bon père, tout ça en me proposant toutes les 5 minutes une scloutch de sa bouteille de whisky caché dans sa veste. J’avoue que c’est la première fois que j’étais un peu inquiet…), j’ai passé une journée adorable à me promener avec ma nouvelle compagne d’un jour. Sous un ciel azur, nous avons discuté sous le rythme de nos chaussons, à travers divers sentiers et bas-côtés le long d’une route peu fréquentée au sein d’une nature splendide.

 

Seb et Yvonne ...

Seb et Yvonne ...

La fin de notre promenade nous a transporté jusqu’au lac Minniwanka, où nous n’avons malheureusement pas trouvé ce fameux canoë qui nous aurait permis de flotter romantiquement aux pieds des montagnes et falaises imposantes du parc national de Banff.

Le lac Minniwanka ...

Le lac Minniwanka ...

 

 

 

 

De retour à l’auberge après avoir fait du stop (heureusement car il y avait près de six kilomètres jusqu’à l’hôtel), nous nous sommes posés, et avons discuté tout au long de la soirée, autour d’une ambiance typique d’auberge de jeunesse (bières pas trop chères, concert pourri, et plein de jeunes bourrés s’embrassant goulûment au fond des couloirs). A vrai dire, on n’était pas trop dans notre élément. Sommes-nous devenus trop vieux pour ce genre d’ambiance? Non, parce qu’en y réfléchissant tous les deux, on se rend compte que ça n’a jamais été vraiment notre truc les auberges de jeunesse. 

Yvonne et moi avions besoin de parler de nos histoires personnelles. Nous nous sommes pas mal dévoilés, en espérant pouvoir se revoir à Montréal. Rencontre charmante de 24 heures. Le voyage réserve à chaque fois des moments forts, mais à chaque fois trop courts. En tout cas, c’est ce que j’ai cru lire dans les yeux humides d’Yvonne quand nous nous sommes quittés…

Trêve de romantisme. Back on the road après à nouveau une nuit trop courte. 

Le bus de 8h45 m’emporte donc à Calgary, cette ville que j’avais déjà traversé au début de mon voyage (tout comme Banff en fait).

Qui serait tenté d'aller voir Jacques la Merde à Calgary ...?

Qui serait tenté d'aller voir Jacques la Merde à Calgary ...?

Malgré le peu d’intérêt qu’une ville enrichie par les exploitations des sables bitumineux aurait pu m’offrir, je suis néanmoins content d’y arriver. En effet, plein de rendez-vous, de rencontres sont déjà programmés. Et oui, il fallait bien prévoir son coup si je voulais avoir quelque chose de captivant en seulement deux jours.

Comment prévoir son coup quand on ne connaît personne sur place ? Je pense avoir déjà pas mal souligné l’importance du couchsurfing site. C’est là que j’ai trouvé tous les contacts qu’il me fallait. Après une lecture rapide de nombreux profils, j’ai envoyé une quinzaine de messages, pour d’une part trouver quelqu’un qui pourrait m’héberger, et d’autre part quelqu’un qui pourrait m’aider à tourner le film. Je pense avoir reçu huit réponses en moins de douze heures.

C’est Torey, 25 ans, que je rencontre en premier. Jeune éducateur en environnement pour la ” Cleancalgary Association”, c’est à son bureau que je le rencontre, entouré de ses nombreuses jeunes et adorables collègues.

 

Le downtown de Calgary ...

Le downtown de Calgary ...

Le temps d’un petit resto chinois, nous faisons agréablement connaissance. Trevor a vécu au Japon, à Nagano (” c’est le seul endroit que je connaissais, suite aux JO qui s’y sont déroulés”) pendant près d’un an avec sa copine. Il y a d’abord travaillé illégalement comme chauffeur de Bentley pour une agence matrimoniale, pour ensuite enseigner l’anglais en tant qu’enseignant privé. Charmant personnage, aux yeux d’ange et au sourire inoubliable.

 

C’est grâce à lui et aux personnes rencontrées au bureau que j’aurai l’occasion de faire diverses interviews pendant mon cours séjour dans cette ville attirant chaque année de plus en plus de mondes avides de petrodollars.

Par contre, je n’ai pas trop eu de chance en ce qui concerne la couchsurfeuse chez qui j’avais décidé de loger. En fait, vu qu’il y avait un cours donné par la Cleancalgary association que je voulais filmer le soir, je l’ai appelé pour lui dire qu’on ne pourrait se voir que vers 21 heures. Pas de problème, mais du coup,étant elle aussi occupé dans la soirée, elle ne pouvait m’accueillir que vers 23 heures. 

C’est donc après avoir filmé un atelier sur les alternatives aux produits toxiques, et après avoir bu quelques pintes au pub “Ship and Anchor” avec les membres de l’association, que je rappelle cette chère Arielle. Mais après trois coups de fil et messages laissés sur son répondeur, je me vois contraint à changer de plan. Lindsey, la responsable de l’atelier filmé plus tôt, me propose de dormir chez elle. Elle habite pas loin avec son mari allemand Michel. Je suis donc cette dynamique jeune femme aux yeux de velours dans les rues de Calgary. Très vite, nous trouverons un terrain d’entente; après avoir rencontré Michel à Prague, elle a vécu avec lui à Köln. C’est donc embourbé de vapeurs de bières que nous terminerons notre soirée en parlant allemand, alors que son mari dort à côté. Je pense d’ailleurs qu’il n’était pas très content que sa femme ramène un parfait inconnu dans leur appartement situé dans le toit d’une charmante maisonnette.

 

A l'étage, l'appartement de Lindsey et Michel ...

A l

 

 

Si seulement j’avais pu faire sa connaissance, nous aurions pu nous entendre. Mais le lendemain, il est parti vers 6h30 du matin. Un peu trop tôt pour un barbu cherchant chaque jour à retrouver les heures de sommeil qu’il manque régulièrement …. 

Par contre, j’aimerais terminer ce petit message pour revenir sur mon camarade Torey. C’est grâce à lui que j’ai pu arriver à temps ce matin à l’aéroport. En effet, après avoir passé la soirée avec deux copains à lui (durant laquelle j’ai eu l’occasion de manger mon premier morceau de bison, mmmmhhhhh….), nous sommes rentrés chez lui, le temps de dormir 4 heures. Finalement, c’est au volant de sa voiture verte que Trevor, les yeux encore plissés de fatigue, m’a gentillement accompagne jusqu’à l’aéroport, à 4h45 du matin… Un beau geste, parmi d’autres, que je n’oublierai jamais.

 

A 4h45 du matin ...

A 4h45 du matin ...

 

Par contre, en ce qui concerne Arielle, elle fera partie de ces nombreuses personnes que j’aurais pu rencontrer durant mon voyage …

Une prochaine fois peut-être ?

Hasta la proxima !

 

L'arrivée sur Cancun ...

L'arrivée sur Cancun ...

Back to Vancouver …

Le 21 octobre 2008 - Vancouver, British Colombia, Canada

En deux trois mots, qu’est-ce que je fous là ? Deux mois de voyage pour revenir à mon point de départ. Ca semble complètement débile.Et ça l’est. Faut croire que je n’avais pas bien préparé mon coup.

Pour me rendre de Bozeman à Calgary, je dois en effet me taper 40 heures de voyage Greyhound. Aucune connection directe. Il faut passer par Vancouver. Et dire que si j’avais loué une bagnole, ça m’aurait pris pas plus de 10 heures. Mais la location d’une voiture était un peu hors budget (1200 Dollars pour 4 jours…)…

Après avoir pris mon petit déjeuner à Seattle, me voilà à nouveau dans cette ville charmante, où je viens de me bouffer un bon chinois dans Chinatown.

Au marché de Seattle, où j'ai pu manger devant la baie ...

Au marché de Seattle, où j'ai pu manger devant la baie ...

 

 

Alors que dans la rue, une quantité assez impressionnante de junkies traînaient dans le quartier. Mais bon, désormais, je suis quasi seule dans un café charmant, où je viens de me faire servir par une bombe métis, qui doit probablement avoir des origines éthiopiennes…

Mais commençons par le début.

Hier encore j’étais à Bozeman, dans le Montana. Mon hôte couchsurfer Alex et ses colocataires m’ont accueilli chez eux pendant trois jours dans cette ville de plus ou moins 60 000 habitants, où le quart de la population est composé d’étudiants. Je suis resté là pour faire mon montage, dans la chambre d’Alex.

Alex à gauche, avec ses colocataires ...

Alex à gauche, avec ses colocataires ...

 

Ne me demandez pas à quoi ressemble la ville. Je n’ai quasi rien vu. Seulement un restaurant dans lequel j’ai été invité par la tante artiste d’Alex. Et puis un grenier dans lequel tous ces étudiants brassaient de la bière, sculptaient des citrouilles pour Halloween et fumaient des bongs en jouant à Mario Kart sur Super Nintendo. 

D’ailleurs, ça m’a vraiment fasciné. Il semblerait que beaucoup d’étudiants brassent leur propre bière aux USA. Chris, un étudiant en microbiologie, m’a dit que pendant la Prohibition, beaucoup de gens faisaient leur alcool à la maison. Depuis lors, c’est devenu une tradition. Dans la baraque où j’habitais, ils avaient un bouquin contenant de multiples recettes des bières traditionnelles; au milieu du Montana, j’ai donc pu découvrir les ingrédients de la Westmalle Triple, de la Triple Karmeliet ou de la Leffe Blonde. Complètement dingue ! Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de goûter à ces fameuses bières maisons.

Le fameux bouquin ...

Le fameux bouquin ...

 

Alex, 22 ans, est étudiant en cinéma. Ce jeune homme fasciné par l’Europe (il a vécu en Bavière, et pas loin de Rome) m’a permis de me replonger dans de bonnes vielles discussions sur les classiques du cinéma. Werner Herzog, Pasolini, et encore plein d’autres, ça fait du bien de se remémorer ces grands réalisateurs qui nous ont permis d’être passionnés par le 7ème art…

Un pack de bières brassées par la brasserie " New Belgium " ...

Un pack de bières brassées par la brasserie " New Belgium " ...

 

 

 

 

 

Oups, désolé, je dois vous laisser, car cette charmante métis du café où j’écris me dit qu’ils ferment dans un instant.

 

La suite de mes aventures dans un prochain mail …

Quelques minutes avant d’aller dormir …

 

Le jeudi 16 octobre 2008 - près de West Yellowstone, Montana, USA

 

A la sortie du chalet, un véhicule qui fonctionnera peut-être cet hiver ...

A la sortie du chalet, un véhicule qui fonctionnera peut-être cet hiver ...

 

Un classique pour les trappeurs des Rockies :

Neil Young

A nouveau en train de télécharger des musiques que je n’écouterai probablement jamais assez bien. Cette maladie m’a emparé il y a quelques années. Et je ne suis pas le seul. Combien d’entre nous possédons des milliers d’heures de musique, qui resterons des années durant dans des disques durs qui un jour ou l’autre nous lâcheront? La maladie du collectionneur. Quelqu’un se souvient-il quand nous n’avions encore que les CD’s ? Ô combien nous en prenions soin ! Maintenant, c’est à peine si on fait encore attention à nos CD’s gravés. 

Pour ma part, je n’ai jamais autant découvert de musique que ces quatre dernières années. Mais je n’écoute plus la musique de la même manière. Ces fameux Guns ‘n Roses, Metallica et autres Deftones passés en boucle jusqu’à ne plus savoir où prêter l’oreille quand ma maman hurlait pour le repas du soir. Aaahhhh que de moments forts !

Mais tout ça, c’est du passé, Deborah. Rien n’y fait. L’écoute musicale n’est dorénavant qu’une consommation effrénée de mélodies multiples qui nous font flotter sur des îlots instables de créations perdues dans le temps…

A part ça, que s’est-il passé durant ces dernières journées ? Je n’irai pas dans les détails. Un souffle de moments vécus seulement.

Noah le barbu est dans son lit superposé, probablement à attendre que je finisse d’ingurgiter ces fameux morceaux de ” Bluegrass “, sorte de blues-folk alimenté de banjo et d’airs bien populaires qui font taper du pied.

 

Noah, après un repas bien mérité ...

Noah, après un repas bien mérité ...

 

Dans une cabane non loin de la berge du lac Hebgen, je suis hébergé par Jen, Brock, Noah, Will, Darrell, Mike, Anya et Barb, certains membres de l’association ” Buffalo Field Campaign “. Cette atmosphère de chaleur de feu de bois, de pieds froids humides, de cuisine communautaire, de Nine Inch Nails égaré, de toilettes sèches et de longue barbe de bûcherons me rappellent mes séjours d’adolescents au Maine, Minnesota et Colorado.

Brock et Will, savourant la chaleur du feu de bois ...

Brock et Will, savourant la chaleur du feu de bois ...

 

 

Surtout cette balade que j’ai fait cette après-midi le long de la colline, à la quête de randonnée vivifiante, sous un fumet de sapins, encore humides des tombées de neige de la matinée. Solitude, et apaisement, sur un sommet qu’un sentier bien tracé m’a permis d’atteindre.

Un petit moment de recueillement ...

Un petit moment de recueillement ...

 

 

” Il faut faire attention quand on va dans ses sentiers. Et si tu vois des traces d’ours, il ne faut surtout pas les suivre…”, m’a répondu à mon retour Brock, un des jeunes volontaires de l’association. 

Heureusement que j’ai eu la bonne conscience de m’arrêter après 15 minutes de poursuite d’empreintes fraîches sur ce dit sentier. J’ai eu en effet comme un pressentiment que seul dans la nature, ce n’était peut-être pas une super idée de laisser filer ma curiosité le long de ce chemin emprunté par d’autres bestioles non humaines.

Un peu d'air frais, rien de tel ...

Un peu d'air frais, rien de tel ...

 

 

Je suis donc rentré au châlet, sous un ciel nuageux, rejoindre mes camarades en train de rastifoler la cabane pouvant accueillir plusieurs dizaines de volontaires engagés dans la cause des bisons persécutés légalement dans le coin.

Mike, un des superviseurs de l’organisation est une sorte de vétéran de ce qu’on pourrait appeler “l’activisme audiovisuel”. Ca fait 20 ans qu’il fait des films pour défendre toutes sortes de causes aux Etats-unis et au Canada. Ca fait maintenant douze ans qu’il a fondé ce groupe, en ayant la conviction que quelque chose de peu net se déroulait dans le coin. Les bisons, énormes vaches costaudes aux longs poils bruns, ont toujours fait partie intégrante de la culture indienne. Mais depuis que les malins petits blancs se sont rappliqués dans le coin, rien ne va plus concernant ces bisons qui sont quasi en voie de disparition. Au 18 ème siècle, ils les ont massacrés. Aujourd’hui, seul quelques réserves, tels que le Yellowstone park, abrite les quelques hordes restantes. Mais lorsque ces grosses bêbêtes sortent du parc pour aller manger l’herbe de l’état d’à côté, alors BOUM BOUM ! Les balles peuvent être tirées. Tout ça n’est pas facile à comprendre. Grand enjeu politico-économique. Je ne m’attarderai pas aujourd’hui sur ce sujet. Je suis naze. Je vais dormir. La journée de demain va être longue. En perspective, un peu de … montage !

Tiens, ça faisait longtemps…

Chance et malchance au sein du Yellowstone Park

Le 14 octobre 2008 - Madison, entre Old Faithfull et West Yellowstone, Wyoming, USA

Comme à ses habitudes, le voyage se déroule à nouveau de manière assez inattendue. Couché sur un lit-fauteuil dépliable, je me permets d’écrire quelques mots pendant le téléchargement de musiques que Nicole et Joe m’ont proposés. Voilà un morceau illustrant bien mon état actuel : John Butler Trio

Je suis au sein du Yellowstone National Park, reconnu pour avoir un environnement exceptionnel au nord-ouest du Wyoming. Le parc est en fait un gigantesque volcan en activité, dans lequel on trouve toutes sortes d’endroits reflétants l’activité volcanique souterraine : geysers, bains à bulles bouillants, émanations de fumées aux odeurs de souffre,…

D’après de multiples études géologiques, des chercheurs sont arrivés à la conclusion que si une irruption venait à apparaître, tout l’état serait réduit à néant. Mais le plus important, c’est que les cendres rejetées dans l’atmosphère serait d’une telle proportion qu’elles provoqueraient un changement radical dans les climats du monde entier. On parle d’une nouvelle ère glaciaire…

Mais soyons rassurés, ce genre d’éruption n’est apparu que trois fois depuis 50 millions d’années. Les risques étant trop faibles à mon goût, j’ai décidé de ne pas y consacrer 3′30” de film…

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos bisons puisque ce sont eux qui me font déplacer depuis deux jours tout cet attirail qui commence à me peser sur les épaules. Ayant quitté hier Jackson vers trois heures de l’après-midi pour me rendre à West Yellowstone, premier patelin du Montana à la sortie du parc, mon idée principale était de rencontrer assez rapidement des personnes connaissant la problématique des bisons du site. Je ne raconterai pas ici l’issue de ces fameux bisons, mais l’idée m’a été soufflée par Jeffrey, mon hôte de Jackson, alors qu’on sillonnait quelques plaines du Teton National Park à la recherche de chasseurs qui auraient pu être intéressants à suivre.

A la recherche de nos fameux chasseurs ...

A la recherche de nos fameux chasseurs ...

Après avoir passé 4 nuits fort agréables chez Jeffrey, je me suis posé à la sortie nord de Jackson, pour faire du stop vers West Yellowstone. Effectivement, aucun bus public ne peut m’y rendre. Ayant pas mal de temps libre avant la remise du film, je me dis pourquoi pas tenter l’expérience. En plus, la région est splendide et il fait superbe.

Par contre, je ne m’étais pas bien rendu compte du terrains sur lequel je m’aventurais…

Vers le milieu de l’après-midi, je me mets donc à faire du stop. En peu de temps, Nadine m’invite à partager son chemin jusqu’à Flagg Ranch, à plus ou moins 80 kilomètres de là, le patelin où elle habite pour le moment, à l’entrée du parc.

- ” De là, tu trouveras probablement quelqu’un qui te prendra pour la suite de ton trajet…enfin j’espère, car on y sera vers 16h30, une heure où le trafic est rarement le plus abondant dans ce coin-là, surtout à cette période de l’année “.

Les fameux " Tetons " ...

Les fameux " Tetons " ...

Après une heure et demi environ de sillonnements sur ces routes solitaires qui me permettent enfin d’admirer les fameux  ” Tetons “, Nadine me dépose le long de la route, à côté du Resort qu’elle entretient durant l’hiver quand les touristes ne sont pas là (genre ” Shining “, mais pour un hôtel bien plus petit). Elle me dit que si dans une heure et demi personne ne m’a pris, je devrai probablement camper à un kilomètres de la route, sur un site de camping. Vaste blague, me dis-je, pas question que je dorme dehors sous ce froid de canard (du genre 4-5 degrés celsius la journée, 0 degré la nuit). 

A Flagg Ranch, près à faire du stop comme un chef ...

A Flagg Ranch, près à faire du stop comme un chef ...

Mais cette motivation à trouver une voiture me permettant de traverser le parc en début de soirée s’atténue petit à petit. Après le passage d’une quinzaine de voitures qui accéléraient à chaque fois qu’elles passaient à ma hauteur, déprimé, je remets mes affaires sur mes épaules et me dirige vers ce fameux camping, en me disant que je ne vais pas fermer l’oeil tellement il va faire froid. Sur le chemin, je croise le fiancé de Nadine, Thomas, qui arrête son véhicule à ma hauteur et me propose un lift jusqu’au camping. J’essaye, avec délicatesse, de le convaincre de me trouver un endroit au sec, à l’intérieur (du genre chez eux, en fait). Mais rien n’y fait, il me dit qu’il peut éventuellement me prêter une couverture supplémentaire. Arrivé au camping, suivant les conseils de sa bien-aimée (ils vont se marier dans une semaine à las Vegas),il me remets du bois sec pour faire un feu, et me promets de repasser pour me donner une couverture et un repas pour ce soir. 

Cool, cool, car il me reste seulement deux energy bars et un sachet de fruits secs.

En partant, il me dit qu’il faut que je fasse tout de même gaffe, car il y a pas mal d’ours dans le coin…

Sous une température descendant au fur et à mesure que le soleil se couche, j’installe rapidement ma tente le long d’un cours d’eau relaxant, au sein d’une nature à nouveau fascinante. Pour ceux qui connaissent ces deux films, je me sens un peu entre ” Into the wild ” et ” Grizzly man “. Par contre, j’espère que mon séjour dans cette nature sauvage ne se terminera pas de la même manière que les deux héros de ces longs-métrages que je conseille vivement à tout le monde.

Plus tard, alors que j’essaye désespérément d’allumer ce feu (pas évident quand il y de la neige dans le “fire spot” ), Thomas revient me saluer. Dans ses mains, un sac de couchage et un Tupperware tiède. Le pied !

Un peu de chaleur sous la pleine lune ...

Un peu de chaleur sous la pleine lune ...

Plus tard, sous la lune pleine, au bord du feu, je savoure ce porc aux herbes entourés de patates sautées. Et, après avoir placé toute la bouffe, dentifrice et savon dans le ” bear box ” (sorte de caisse métallique dans lequel il est vivement conseillé de mettre tout ce qui pourrait attiser l’appétit d’un ours), je fermerai ensuite mes yeux sous la tente, après avoir regardé la fin de ce fameux classique ” For a few dollars more ” (et oui, nos portables ne servent pas seulement à faire du montage). Clint Eastwood a tout de même une sacrée allure dans ce célèbre Western Spaghetti.

Le lendemain, lever vers 8h30 du matin. Il fait caillant, mais j’ai passé une super nuit sous mes deux sacs de couchage. J’emballe rapidement tout mon attirail, après le passage d’un ranger qui me demande si tout va bien.

Dans le bear box, je laisse le sac de couchage qui m’a permis de survivre dans cet environnement magnifique et hostile à la fois. 

Vers dix heures, je me retrouve à nouveau le long de cette route perdue. Motivé à trouver un véhicule qui va me permettre de me rendre enfin à West Yellowstone, je tiens ma pancarte fièrement.

Après deux heures et demi d’attente le long de cette route tranquille (une quarantaine de voitures sont passées devant moi), je suis près à me placer de l’autre côté de la route pour retourner vers Jackson tellement je suis dégoûté, révolté. Ai-je l’air vraiment d’un voyou? D’un clochard ? Comment les gens peuvent-ils laisser quelqu’un seul dans le froid comme ça ? Et en plus, vous imaginez bien que ce ne sont pas des Mini et des Twingo qu’on croise dans le coin.

Rien que des SUV, des pick-ups, et des caravanes. En gros des véhicules où on peut à chaque fois mettre au moins 3 auto-stoppeurs. Je trouve ça scandaleux. La peur de l’auto-stoppeur est stupéfiante dans le coin. Ca me fait penser que déjà à Jackson, je m’étais rendu compte de cette réalité. Le deuxième jour de mon arrivée, avant de rencontrer Jeffrey, une jeune fille nommée Lindsey m’avait proposé avec enthousiasme de m’emmener à la fin de la semaine jusqu’à Red Lodge, au Montana.

Un jour avant le départ, je l’appelle.

- ” Oh, Sébastien, je suis désolé, mais ce ne sera finalement pas possible. Je n’ai en effet jamais pris d’auto-stoppeur de ma vie. Ca va me stresser de passer 5 heures en voiture avec quelqu’un que je ne connais pas. Encore franchement désolé ”

Déjà à ce moment-là, ça m’avait vraiment stupéfait. Cette jeune fille de 27 ans, qui a voyagé seule en Chine, et qui semblait super motivée à me prendre, a tout à coup  changé d’opinion. Ma barbe hirsute a peut-être quelque chose d’effrayant, mais tout de même…Le lendemain, elle m’a écri un message pour me dire qu’en fait ce sont ses parents et son petit ami qui l’ont convaincu que ce n’était pas une bonne idée de prendre un étranger… 

Revenons à nos moutons.

Malgré toute cette malchance depuis deux jours, une voiture s’arrête finalement. 

” On peut te déposer à Old Faithfull. Là tu trouveras sans problème quelqu’un pour t’amener jusqu’à West Yellowstone”

Youhou ! John et Catherine, avec leurs deux mini-chiens affreux, me balancent dans leur truck et s’arrêtent à chaque endroit touristique du parc pour que j’ai l’occasion de profiter de cet environnement exceptionnel.

Un des affreux petits chiens ...

Un des affreux petits chiens ...

John travaille pour une compagnie qui extrait du gaz. Il paraît que dans le coin, c’est la plus grande ressource de gaz au monde. Si j’avais eu le temps, je me serais bien plus intéressé à ces aventuriers du gaz qui risquent leur vie pour extraire cette ressource qui permet à chacun de se chauffer et de s’alimenter en électricité. une prochaine fois peut-être. Ils m’apprennent notamment que certains endroits ici, appelés les Continental Divide, sont des points précis où d’un côté les rivières coulent vers l’océan atlantique, et de l’autre côté vers l’océan pacifique.

Sur un des " Continental divide " ...

Sur un des " Continental divide " ...

Enfin bon, en gros, le lieu où je suis révèle un environnement tout à fait particulier. Je ne vais pas étaler mes faibles connaissances dans ce blog. Pour ceux que ça intéresse, aller voir plutôt ce site : www.nps.gov/yell/

A Old Faithfull ...

A Old Faithfull ...

Quelques bisons à Old Faithfull ...

Quelques bisons à Old Faithfull ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers deux heures et demi, ils me déposent finalement à Old Faithfull, un des villages touristiques où on peut admirer ces fameux geysers, au sein d’une flore et faune exceptionnelles (cerfs, bisons,…).

 

Les geysers au loin ...

Les geysers au loin ...

Après avoir mangé un bon double bacon cheeseburger au fast-food du Snowlodge, et avoir filmé quelques plans, je me retrouve à nouveau à faire du stop. Une minute plus tard, me voilà dans la voiture de Nicole, qui fait visiter le coin à sa maman Karin. Nicole et son copain Joe travaillent dans le parc depuis six mois.

Sur la route vers Madison ...

Sur la route vers Madison ...

 

Ils sont saisonniers, comme beaucoup de monde travaillant pour le parc. après une heure de voiture, on arrive à Madison, dernier patelin du parc avant West Yellowstone. Nicole me propose de venir chez elle avant de refaire du stop, histoire de me débarbouiller un petit coup. J’en profite pour leur dire que je ne sais pas encore où je vais loger à West Yellowstone, car j’attends toujours une réponse d’une couchsurfeuse sur place. Après un petit coup rapido sur internet au bureau de Joe, je me rends compte qu’elle n’a toujours pas répondu à mon message.

” Tu peux rester chez nous si tu veux. Demain, on doit passer par West Yellowstone pour déposer la maman de Nicole qui doit prendre son avion.Elle retourne à San Diego ” me répond Joe.

 

Comment se fait-il que j’ai autant de chance ? Impossible de refuser cette offre, c’est avec grand plaisir que je passe la soirée avec ces trois nouvelles personnes qui me parlent de leur occupation: 

- Joe, 25 ans, est biologiste environnementaliste. Il s’est occupé de prélever des échantillons au sein du parc pour étudier les cycles de certains éléments naturels.

- Nicole, 23 ans, est biologiste. Elle s’est plutôt occupée de tout ce qui est assistance médicale dans le parc.

- Karin, la maman de Nicole, est hôtesse de l’air pour le vol entre San Diego et Las Vegas. Travaillant à mi-temps, elle travaille notamment dans un salon de coiffure à San Diego.

Après avoir mangé une pizza à  West Yellowstone (situé à 25 minutes d’où ils sont), c’est sur un confortable lit-fauteuil que je passerai la nuit, dans leur petite maison qu’ils quittent dans deux jours. La saison est en effet terminée. Heureusement que je ne suis pas arrivé une semaine plus tard…

 

Juste avant le départ de Karin ...

Juste avant le départ de Karin ...