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Sur mon lit pouilleux …

 

Le 30 octobre 2008 - Pomuch, Campeche state, Mexico

 

Couché sur le lit pouilleux de cette casa de Huespedes, je vais tenter d’écrire quelques nouvelles de ce voyage haut en couleurs. Je viens en effet de manger chez Fredi, un jeune de 24 ans rencontré sur la place principale il y a deux jours, 5 minutes après être arrivé avec le bus de Campeche. Son père tient un grand bar, donc du coup, on a pu se prendre deux bières à l’oeil. Resultat, je pense que je vais bientôt me taper un petit somme…

 

Le petit somme ...

Le petit somme ...

 

D’ailleurs, ça m’étonne beaucoup car je n’arrête pas de dormir. Faut croire que j’ai besoin de récupérer de ces nombreuses nuits passées dans les bus au Canada et aux Etats-Unis. Et puis cette semaine, j’ai tout de suite trouvé le sujet pour mon film.

Du coup, c’est moins la course et je prends le temps de chiller dans ce petit village connu par les locaux, mais pas tellement par les touristes étrangers.

Par contre on y trouve toute de même une tradition hors du commun…

Ah ah ah, mystère, je ne dirai rien.

Pomuch est un petit village de 10 00 habitants. J’y suis arrivé il y a deux jours,après être passé par le site maya d’Uxmal. 

Avant ça j’ai passé près de 4 jours à Merida, ce haut lieu connu pour le montage de films müvmédiens! J’avoue d’ailleurs que c’était assez frustrant de rester dans une ville sans vraiment voir cette ville. Vous allez me dire : ” ouais, mais t’as sûrement rencontré des gens super cools dans l’auberge”.

Oui et non.

De nombreux couples, de nombreuses jeunes filles ravissantes, quelques discussions pour améliorer mon allemand, mais à part ça je pense que j’ai surtout fait l’autiste devant mon compagnon de voyage préféré, “el computador”.

Non mais j’exagère. Au moment même, j’étais un peu dégoûté de voir tous ces amoureux en voyage. Mais à force de jeter des petits coups d’oeil discrets, c’était assez drôle de voir que certains paraissaient vraiment en quête de savoir s’ils étaient vraiment faits l’un pour l’autre (d’ailleurs il y en a qui tiraient des tronches pas possibles, à se demander s’ils valaient pas mieux qu’ils se quittent tout de suite…). Et puis j’ai tout de même rencontré un jeune Suisse, Simon, voyageant avec une copine Autrichienne, Michaela. Très sympas tous les deux. Je devrais peut-être les retrouver à San Cristobal de las Casas. J’ai aussi rencontré un Texan informaticien, Donavan, avec qui j’ai vécu un bel instant. En effet, à deux heures du matin, alors qu’il était en train de chatter avec une copine aux USA, je lui explique mon voyage. Après une explication brève mais précise (je me sens presque comme un vendeur de tapis, à part que c’est une émission de télévision que je pousse à consommer), il me dit que sa copine est aussi allé au Burning Man.

Et bien, qu’elle regarde mon petit film alors ! Un quart d’heure après, elle lui répond qu’elle a reconnu quelques enfants en regardant le film. Ah que le monde est petit!

Mais c’est surtout le jour où j’ai terminé le montage que j’en ai surtout profité. Sous un air de légèreté insouciante, je me suis d’abord rendu au ” Centro de Artes Visuales “, où j’ai été agréablement surpris par les oeuvres de jeunes artistes mexicains (surtout des peintures).

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensuite ballade sur les Champs-Elysés locaux, ” el Paseo de Montejo “, où tout le long d’une rue bordée de belles maisons coloniales, j’ai pu ouvrir grands mes yeux (malgré la fatigue de trois jours de montage) devant des installations d’artistes mexicains et allemands disposés à l’occasion d’une exposition temporaire en plein air.

 

 

Finalement, j’ai terminé ma soirée avec Coline, Sam, Maxime et … (oups j’ai oublié son nom, sorry, mais vu le nombre de personnes que je croise sur ma route, je ne peux malheureusement pas mémoriser tous les noms), 3 Parisiens et un Lillois travaillant tous comme animateurs informatiques. Bonne petite soirée bien détendue où on a été manger au coin de la ” Plaza Grande ” en relatant nos quelques délires de voyage.

Ah oui, j’allais oublié. J’ai aussi profité de cet adorable marché local. Rien de tel pour se changer les idées quand on commence à ne plus savoir regarder son écran.

Ensuite…

Mais ai-je vraiment envie de raconter la suite? J’ai un peu l’impression de relater un voyage de touriste baroudeur. Un peu comme si j’avais envie de ne rien oublier.

Ca me rappelle qu’il y a quelques années, je m’étais tapé un grand voyage tout seul, en Asie, et je me souviens avoir même mis dans mon carnet de bord les heures où j’arrivais. Mais est-ce vraiment important? Que choisir, que retenir?

Le voyage, c’est une multitude de moments nouveaux, dont on ne retient que quelques instants par-ci par là, tels des clichés photographiques :

 

En sortant de l’avion, 4 heures de discussion non-stop avec Edilberto …

Un repas qui m’a remis d’aplomb, alors qu’une vieille mendiante est assise à ma table …

Une vendeuse de fleurs qui ne veut pas me remettre mon sourire …

La fierté de faire partie des nouveaux princes de la cité d’Uxmal …

Une photo prise des millions de fois …

Une jeune fille au loin, dont je ne serai jamais le nom …

L’hôtel où l’eau ne coule pas la nuit au premier étage …

” Eh! Guapo !” me crient les filles aux pieds de l’arbre …

Le village de Pochum, où l’on ne mange pas dans des restos, mais plutôt dans la rue …

Un mécanicien inconnu me souriant … 

Une vieille bagnole qui roulera encore quelques temps …

Quelques mots mayas partagés avec les enfants …

L’Hacienda de 1895, abandonnée, mentionnée dans aucun livre touristique …

Fredi, qui vient d’être piqué par un insecte au-dessus de l’oeil …