Au-dessus des nuages…
Le 25 octobre 2008 - dans l’avion, entre Calgary et Cancun.
Mum - ” The land between solar systems “
Bercé par les turbulences, au-dessus d’un paysage peu habité, quasi désertique, j’ai comme l’impression qu’il est à nouveau temps d’établir une connexion avec les lecteurs situés derrière l’écran. Ces derniers jours ont été à nouveau balancés par diverses rencontres qui m’ont fait beaucoup rire, sourire.
Ces quelques heures à Vancouver m’ont rappelé mes premières rencontres. J’ai essayé d’appeler Vanessa, histoire de boire un café quelque part, mais elle ne m’a pas répondu. Ca aurait été drôle de se revoir. La dernière fois, c’était au Burning Man…
Par contre, cet arrêt plus long que prévu à Vancouver (je n’ai pas pris directement ma correspondance, histoire d’un peu prendre l’air dans cette ville qui m’avait accueilli sous la pluie la première fois, et qui cette fois-ci m’ouvrait ses bras sous un automne orangé et ensoleillé) m’a permis de rencontrer dans le bus se dirigeant vers Calgary, une charmante Allemande se baladant seule en Colombie Britannique et en Alberta. Yvonne, étudiante en relations internationales, vivant à Berlin et restant quelques mois à Montréal pour y étudier, m’a fait réalisé que j’étais un peu trop restreint à mes films, que j’essaye à chaque fois de faire de mon mieux.
En effet, sur la route vers Calgary, Yvonne s’arrête à Banff, et je décide de descendre avec elle. Ca ne me fera que deux jours à Calgary pour tourner mon film, mais les montagnes du coin sont tellement belles que ça aurait été stupide de passer à travers sans s’y arrêter. Et puis Yvonne m’envoûte assez bien je dois dire.
Après donc une nuit peu emprunté de sommeil ( un gars est arrivé à trois heures du matin dans le bus, bourré, et hyper excité; il s’est assis à côté de moi pour m’expliquer qu’il habitait dans la ville la plus chère de l’ Alberta,qu’il avait un beau pick-up et qu’il était fier d’être un bon père, tout ça en me proposant toutes les 5 minutes une scloutch de sa bouteille de whisky caché dans sa veste. J’avoue que c’est la première fois que j’étais un peu inquiet…), j’ai passé une journée adorable à me promener avec ma nouvelle compagne d’un jour. Sous un ciel azur, nous avons discuté sous le rythme de nos chaussons, à travers divers sentiers et bas-côtés le long d’une route peu fréquentée au sein d’une nature splendide.
La fin de notre promenade nous a transporté jusqu’au lac Minniwanka, où nous n’avons malheureusement pas trouvé ce fameux canoë qui nous aurait permis de flotter romantiquement aux pieds des montagnes et falaises imposantes du parc national de Banff.
De retour à l’auberge après avoir fait du stop (heureusement car il y avait près de six kilomètres jusqu’à l’hôtel), nous nous sommes posés, et avons discuté tout au long de la soirée, autour d’une ambiance typique d’auberge de jeunesse (bières pas trop chères, concert pourri, et plein de jeunes bourrés s’embrassant goulûment au fond des couloirs). A vrai dire, on n’était pas trop dans notre élément. Sommes-nous devenus trop vieux pour ce genre d’ambiance? Non, parce qu’en y réfléchissant tous les deux, on se rend compte que ça n’a jamais été vraiment notre truc les auberges de jeunesse.
Yvonne et moi avions besoin de parler de nos histoires personnelles. Nous nous sommes pas mal dévoilés, en espérant pouvoir se revoir à Montréal. Rencontre charmante de 24 heures. Le voyage réserve à chaque fois des moments forts, mais à chaque fois trop courts. En tout cas, c’est ce que j’ai cru lire dans les yeux humides d’Yvonne quand nous nous sommes quittés…
Trêve de romantisme. Back on the road après à nouveau une nuit trop courte.
Le bus de 8h45 m’emporte donc à Calgary, cette ville que j’avais déjà traversé au début de mon voyage (tout comme Banff en fait).
Malgré le peu d’intérêt qu’une ville enrichie par les exploitations des sables bitumineux aurait pu m’offrir, je suis néanmoins content d’y arriver. En effet, plein de rendez-vous, de rencontres sont déjà programmés. Et oui, il fallait bien prévoir son coup si je voulais avoir quelque chose de captivant en seulement deux jours.
Comment prévoir son coup quand on ne connaît personne sur place ? Je pense avoir déjà pas mal souligné l’importance du couchsurfing site. C’est là que j’ai trouvé tous les contacts qu’il me fallait. Après une lecture rapide de nombreux profils, j’ai envoyé une quinzaine de messages, pour d’une part trouver quelqu’un qui pourrait m’héberger, et d’autre part quelqu’un qui pourrait m’aider à tourner le film. Je pense avoir reçu huit réponses en moins de douze heures.
C’est Torey, 25 ans, que je rencontre en premier. Jeune éducateur en environnement pour la ” Cleancalgary Association”, c’est à son bureau que je le rencontre, entouré de ses nombreuses jeunes et adorables collègues.
Le temps d’un petit resto chinois, nous faisons agréablement connaissance. Trevor a vécu au Japon, à Nagano (” c’est le seul endroit que je connaissais, suite aux JO qui s’y sont déroulés”) pendant près d’un an avec sa copine. Il y a d’abord travaillé illégalement comme chauffeur de Bentley pour une agence matrimoniale, pour ensuite enseigner l’anglais en tant qu’enseignant privé. Charmant personnage, aux yeux d’ange et au sourire inoubliable.
C’est grâce à lui et aux personnes rencontrées au bureau que j’aurai l’occasion de faire diverses interviews pendant mon cours séjour dans cette ville attirant chaque année de plus en plus de mondes avides de petrodollars.
Par contre, je n’ai pas trop eu de chance en ce qui concerne la couchsurfeuse chez qui j’avais décidé de loger. En fait, vu qu’il y avait un cours donné par la Cleancalgary association que je voulais filmer le soir, je l’ai appelé pour lui dire qu’on ne pourrait se voir que vers 21 heures. Pas de problème, mais du coup,étant elle aussi occupé dans la soirée, elle ne pouvait m’accueillir que vers 23 heures.
C’est donc après avoir filmé un atelier sur les alternatives aux produits toxiques, et après avoir bu quelques pintes au pub “Ship and Anchor” avec les membres de l’association, que je rappelle cette chère Arielle. Mais après trois coups de fil et messages laissés sur son répondeur, je me vois contraint à changer de plan. Lindsey, la responsable de l’atelier filmé plus tôt, me propose de dormir chez elle. Elle habite pas loin avec son mari allemand Michel. Je suis donc cette dynamique jeune femme aux yeux de velours dans les rues de Calgary. Très vite, nous trouverons un terrain d’entente; après avoir rencontré Michel à Prague, elle a vécu avec lui à Köln. C’est donc embourbé de vapeurs de bières que nous terminerons notre soirée en parlant allemand, alors que son mari dort à côté. Je pense d’ailleurs qu’il n’était pas très content que sa femme ramène un parfait inconnu dans leur appartement situé dans le toit d’une charmante maisonnette.
Si seulement j’avais pu faire sa connaissance, nous aurions pu nous entendre. Mais le lendemain, il est parti vers 6h30 du matin. Un peu trop tôt pour un barbu cherchant chaque jour à retrouver les heures de sommeil qu’il manque régulièrement ….
Par contre, j’aimerais terminer ce petit message pour revenir sur mon camarade Torey. C’est grâce à lui que j’ai pu arriver à temps ce matin à l’aéroport. En effet, après avoir passé la soirée avec deux copains à lui (durant laquelle j’ai eu l’occasion de manger mon premier morceau de bison, mmmmhhhhh….), nous sommes rentrés chez lui, le temps de dormir 4 heures. Finalement, c’est au volant de sa voiture verte que Trevor, les yeux encore plissés de fatigue, m’a gentillement accompagne jusqu’à l’aéroport, à 4h45 du matin… Un beau geste, parmi d’autres, que je n’oublierai jamais.
Par contre, en ce qui concerne Arielle, elle fera partie de ces nombreuses personnes que j’aurais pu rencontrer durant mon voyage …
Une prochaine fois peut-être ?
Hasta la proxima !






































