22 août 2006, à l’auberge de Jericho Beach, Vancouver, Canada
Non loin des plages de Jericho Beach, bercé par les chants et cordes grattées de deux musiciens ivres, je découvre mes images filmées hier. Beaucoup trop de moments capturés. La nuit va être longue. Je pars en effet déjà demain matin vers le pays des Yankees, où ma semaine risque d’être “légèrement” différente de celle que je viens de vivre.

Je n’irai pas dans les détails, mais en effet il s’en ait fallu peu pour que mon aventure se termine déjà maintenant. C’est vrai, comment réagir quand on laisse ses affaires dans un entrepôt pendant qu’on tourne à l’extérieur et qu’on découvre à la fin de la journée de tournage que tout est fermé, que tout le monde est parti et qu’on se retrouve en T-Shirt avec une caméra, un trépied, alors que tout le reste est à l’intérieur (petit détail concernant le reste: veste, sac à dos, ordinateur, batteries, chargeurs, cassettes déjà tournées, etc… en gros, pas grand chose d’utile me direz-vous…) ?

Action/Réaction, j’essaye d’abord de contacter toute personne possédant éventuellement les clefs. Difficile dans ce petit patelin qu’est Steveston, à une heure de Vancouver (où vraisemblablement les responsables de l’entrepôt habitent). Je décide alors de me rendre chez ce cher Dana (à deux heures en transport en commun), en espérant que demain, ils ouvrent comme ce matin, pour pouvoir retrouver mes affaires. Heureusement, à l’heure d’ouverture, je téléphone (j’ai en effet retrouvé entre temps le numéro de la société qui possède l’entrepôt) et entend une voix aimable qui m’assure que tout est encore là. Et cerise sur le gâteau, Dana propose de m’accompagner au volant de son Acadian turquoise de 1963, un ancêtre digne des meilleurs films d’époque (rien à voir avec le bus que je prenais tous les jours depuis mardi, dans lequel le chauffeur du coin commençait à vouloir sympathiser avec moi).



C’est donc aujourd’hui que je quitte ce cher Dana, avec qui j’ai beaucoup discuté, mais surtout écouté, car j’étais effectivement l’oreille dont il avait besoin pour s’épancher sur les rudes moments vécus ces derniers temps.

J’espère que ce déjeûner chez Sophie’s, dans le quartier de Grandville, lui aura plus. Et qu’il gardera un grand souvenir de notre rencontre, tel une saveur de mûres estivales que l’on croise si rarement dans les grandes villes dont nous sommes issus.

Thanks man !
PS: il a appris aujourd’hui que son Mac qui avait planté n’a pas perdu toutes ses données. Du coup, le boulot va pouvoir reprendre pour lui dès lundi. Youhou!!!

Deuxième PS: le guitariste dont je parlais tout à l’heure vient de se planter royalement à côté de moi.
“Are you OK ?”
“Off course, I’m OK. Heah heah heah !”
Encore heureux que le cigare humide qu’il porte à ses lèvres mauves ne lui soit pas rentré dans le gosier…