Archives pour novembre, 2008

Affiche film vert

Prego

 

Bonjour famille et amis,

Je vous écris de Milan, ville ou je séjourne depuis maintenant près d’une semaine.

Ma tendance a gènèraliser trop rapidement m’indique qu’il s’agit d’une ville riche, jolie et rapide.

Je suis venu ici pour rencontrer Claudio, un ami de mes amis Laurent et Mireille. Grace a eux, j’avais eu la chance de rencontrer Claudio cet été et il m’avait invité à aller le visiter à Milan.

Ca a été un plaisir de le revoir.

Claudio m’a fait découvrir sa ville, et j’ai beaucoup de chance car Claudio est un homme  de théatre et de culture. Chaud, ouvert, curieux et cultivé.

Il m’a amené visiter La Scala, opera légendaire des plus grands compositeurs. Il s’agit d’un lieu d’une opulence et d’une beauté extravagante.

Claudio m’a aussi amené voir “Songe d’une nuit d’été” de Shakespeare au théatre Piccolo. Il s’agissait d’une piece a gros budget, mise en scène par Luca Ronconi. Un homme un peu megalomane que Claudio a comparé a Robert Lepage. 

Les décors etaient sublimes et surréalistes. Par exemple, lorsque les personnages se rendent à la foret, glisse mécaniquement derrière eux une série de lettres tri-dimensionnelles formant le mot FORESTA. Chacune des lettres devait mesurer au moins 8 metres de haut par 4 metres de large et était illuminée de l’intérieur par un néon vert foret. Tout ca en “sans serif”… Je specifie pour toi, Patrick Senecal.

Parenthese:

Patrick Senecal est mon ami et il est graphiste, pour voir son travail et/ou lui donner des contrats, prière de visiter son site web au: http://www.clctf.com/

Fin de la parenthese.

Je n’ai rien compris a la piece, puisqu’elle etait en italien… mais l’aspect visuel m’a suffisament scié les pattes pour que je demeure concentré pendant 3 heures et demi.

Sinon, dans le seul but de vous faire chier, voici une liste non-exhaustive des mets qui ont pénétré ma bouche depuis mon arrivée a Milan:

- Raviolo au Proscuito Crudo, servis avec sauce aux noix de grenoble et grana.

- Risotto au champignons a la Milanese, c’est-a-dire que le riz est cuit dans un bouillon de boeuf et legumes.

- Burratta… Le meilleur fromage frais que j’ai eu la chance de gouter de ma vie. Il s’agit d’un type particulier de Mozzarella di Buffala, au coeur duquel on retrouve un lait d’une douceur divine et des filaments, qui rappellent la texture du fromage fondu.

- Pizza a la roquette et au proscuito crudo.

- Tagilatelle aux tomates fraiches.

- Boeuf braisé avec sauce au persil… et j’en passe.

 

 

J’aime la cuisine italienne car son objectif n’est pas la complexité ou la virtuosité comme la haute cuisine étoilée ( ou hexagonale, devrais-je dire), mais plutot la justesse de l’execution. “Un plat doit être fait comme il faut, avec sérieux, en respectant les traditions, pour retrouver le goût que savait lui donner la mamma. Il y a des choses qu’on fait et d’autres pas. Le parmesan rapé, le sel, le poivre, le citron, l’huile ne sont pas permis sur n’importe quel plat.” Assertion volee a Wikipedia…

J’ai eu la chance de préparer une sauce tomate sous l’oeil critique et avisé de Massimo, le copain de Claudio qui m’a instruit de précieux conseils qui ont su simplifier et épurer ma recette. 

La dessus, je vous salue et vous aime tous autant que vous etes.  Je vous revois a Mtl.

Maxime

Mise a jour (carrément brève) et affiche Film Hongrie

Bonjour,

J’ai quitté Korça et je passe la nuit à Durres, à travailler sur mon film. Demain je pars pour l’Italie, en traversier et ça fait drôle à dire… mais je vais commencer à travailler sur mon dernier film. Hmmm.

Maxeo

Korça, Barack et Moi

Donc…

J’ai quitté Berat pour me rendre à Elbasan.
J’y ai rencontré mes prochains hôtes Couchsurfing nommés Kysha et Jonathan.
Ils sont devenus mes nouvelles bouées dans cette aventure d’incompréhension linguistique qu’est mon voyage en Albanie.
On a fêté l’Halloween avec les autres membres du Peace Corps et on est partis pour Korça le lendemain après-midi.

Et nous avons roulé.
Une route de 3 heures en minibus.
Le temps de ne plus sentir mes fesses.
Le temps d’apprécier les montagnes et la magnificience du lac Horid, frontière naturelle avec la Macédoine.

En arrivant à Korça, je me suis couché et j’ai dormi pendant 18 heures.
Fatigue accumulée j’imagine.
Kysha et Jonathan m’ont étrangement accompagné dans cet abus de sommeil.
Cette nuit en FFWD, planifiée par aucun de nous a été une façon anecdotique de tisser quelques liens.

Tout ça pour dire que:
Pendant le reste de la semaine, je me la suis coulée bien douce.
J’ai bouffé plusieurs suflaç et préparé quelques bons soupers.
Entres autres, une salade constituée d’une infinité de fruits et de légumes.
J’y ai foutu tout ce dont je me suis ennuyé depuis le début du parcours:
Jambon, huile d’olive, citron, pommes, laitue, tomates, concombres, fèves, pommes grenades.
Très frais.
J’ai même eu la chance de servir le tout dans une fabuleuse chaudière bleue à défaut d’un bol à salade.
À la Peace Corps.

J’ai aussi trouvé le moyen de commencer à travailler sur mon film de la semaine prochaine.
La question du regard en Albanie.
Je n’en dis pas plus car j’espère que le film aura la capacité de s’auto-expliquer.

Aussi…
La nuit des élections a été magnifique.
Je me souviendrai pendant longtemps de cette nuit particulièrement riche en émotion.
Kysha, noire américaine, illinoise d’origine a passé la nuit sur Skype avec sa famille.
Son père Robert nous a informés des résultats en direct alors que sa mère Carole nous a tenus éveillés à l’aide de son hyperactivité.

Nous avons eu la chance d’entendre les progrès de la soirée en étant liés à l’Amérique.
Kysha a pleuré quand elle a entendu de la bouche de son père:
“Le prochain président des États-Unis sera Barack Obama.”
Je crois avoir été aussi ému que Kysha.

La victoire d’Obama signifie beaucoup pour moi.
Elle signifie la volonté de l’amérique et du monde à cesser le cynisme qui enrobe systématiquement la chose politique depuis quelques années.
Elle signifie le soulagement d’un boulet historique, celui de l’esclavage et de l’idée encore reçue selon laquelle les noirs seraient des êtres inférieurs.
Elle signifie la préséance de l’ouverture sur la peur, de l’humain sur les machinations.

Cet été, j’ai eu la chance de lire les deux livres d’Obama.
Le premier, “Dreams From My Father, a story of Race and Inheritance” m’a touché d’une façon toute singulière.
À la fin de son mandant comme premier président noir du Harvard Law Review en 1995, un éditeur a demandé à Obama d’écrire sa biographie. Il n’avait que 34 ans.

Le livre est donc une autobiographie mais aussi un mémoire sur l’histoire de sa famille.

On y apprend l’amour qu’il vouait à sa mère, pillier nécessaire à son évolution.
On y apprend l’amour qu’il vouait à ses grands-parents avec qui il a grandi à Hawaii.
On y apprend l’amour qu’il a voué au 2e mari de sa mère lors du temps ou il a habité en Indonésie.

Mais au-dela de cette histoire intéressante et écrite avec un grand humanisme et un certain sens artistique, l’intérêt du livre est d’illustrer la réflexion identitaire d’Obama. Surtout en ce qui à trait à l’abandon de son père, un homme brillant et mégalomane, complexé par sa négritude, qui a fini sa vie dans le malheur et la pauvreté, un peu comme son père avant lui.

À la fin du livre, Obama s’adresse directement à la tombe de son père:

“Oh, Father, I cried.
There was no shame in your confusion.
Just as there had been no shame in your father’s before you.
No shame in the fear, or in the fear of his father before him.
There was only shame in the silence fear had produced.
It was the silence that betrayed us.
If it weren’t for that silence, your grandfather might have told your father that he could never escape himself, or re-create
himself alone.
Your father might have taught those same lessons to you.
And you, the son, might have taught your father that this new world that was beckoning all of you involved more than just railroads and indoor toilets and irrigation ditches and gramophones, lifeless instruments that could be absorbed into the old ways.
You might have told him that these instruments carried with them a dangerous power, that they demanded a different way of seeing the world.
That this power could be absorbed only alongside a faith born out of hardship, a faith that wasn’t new, that
wasn’t black or white or Christian or Muslim but that pulsed in the heart of the first African village and the first Kansas
homestead.
A faith in other people.
The silence killed your faith. And for lack of faith you clung to both too much and too little of your past.
Too much of its rigidness, its suspicions, its male cruelties.
Too little of the laughter in Granny’s voice, the pleasures of company while herding the goats, the murmur of the market, the stories around the fire. T
he loyalty that could make up for a lack of airplanes or rifles. Words of encouragement. An embrace. A strong, true love.
For all your gifts-the quick mind, the powers of concentration, the charm-you could never forge yourself into a whole man by leaving those things behind….

For a long time I sat between the two graves and wept.
When my tears were finally spent, I felt a calmness wash over me.
I felt the circle finally close.
I realized that who I was, what I cared about, was no longer just a matter of intellect or obligation, no longer a construct of words.
I saw that my life in America-the black life, the white life, the sense of abandonment I’d felt as a boy, the frustration and hope I’d witnessed in Chicago-all of it was connected with this small plot of earth an ocean away, connected by more than the accident of a name or the color of my skin.
The pain I felt was my father’s pain.
My questions were my brothers’ questions. Their struggle, my birthright.”

Obama évoque sa quête identitaire avec une grande maturité.
Je m’y identifie parce qu’elle n’est peut-être pas si étrangère à la mienne. Ou à celle que je recherche.
J’espère un jour arriver à concevoir la vie avec la même maturité qu’Obama.

C’est cet humanisme qui me touche dans ses discours, et sans excès d’idôlatrie, c’est avec beaucoup d’espoir et d’apprèhension que j’envisage le futur.