Archives pour septembre, 2008

Quand une limousine s’arrête…

Il fallait que je vous raconte… Je ne pouvais pas ne pas en glisser un mot…

Vendredi 26 septembre, soir de la remise du film de la cinquième étape…

Journée de travail sur mon film, tranquillement mais sûrement.

Indépendamment du travail à faire, je me sens en général fragile.

Un état de tristesse,

un sentiment vague,

mais présent.

Le soir s’installe. Je ressens le besoin de sortir prendre l’air. Quelque chose me dit de tout arrêter et d’aller marcher. Je ressens de la peine… je marche, seul avec moi-même, à l’écoute… Et voilà qu’à un certain instant, un espace s’ouvre, une souffrance, une tension se libère…

Une paix qui fait tant de bien s’est installée.  Je marche dans la nuit, tranquille. Je sais que la plus belle chose que j’ai à faire est de profiter de ce précieux moment de paix même si j’ai un film à faire… C’est alors que j’arrive à un endroit où l’on peut voir une série de grands “tableaux” d’oeuvres d’art religieuses. J’y suis attiré, je trouve ces tableaux très beaux. Je prends des photos. Je lis ici et là quelques descriptions. Après vérifications, il s’agissait de la mythologie norvégienne.

La visite terminée, je quitte ce “débarcadère” pour continuer de marcher. Je remarque immédiatement une limousine blanche qui est stationné juste à l’avant de cet endroit où je me trouve. La porte est ouverte, une femme est à l’extérieur. Étant déjà tout près, curieux, je regarde à l’intérieur ; Une femme me salut de la main. L’autre femme se trouvant déjà à l’extérieur me remarque. Elle m’accroche en me demandant du feu. Curieusement, j’avais acheter un lighter avant mon départ… que je n’avais pas encore utilisé. Je le sors et lui donne.

On se présente brièvement, ce qu’on fait respectivement. Elle m’explique aussi brièvement que elle et ses amies font la fête ce soir. Je ne suis pas sûr d’avoir bien saisi les raisons de leur célébration.

Je cherche à voir si j’ai bien compris ce qu’elle m’a dit. Mais très rapidement, croyez-le ou non, elle m’invite à embarquer avec elles !!!

Sortant de nulle part ! C’était comme dans un film.  J’avais de la difficulté à réaliser la situation ! Elles étaient 7-8 jeunes femmes (si c’est pas plus) dans cette limousine !!! (Cette fois, c’était pas des prostituées).

Et cette femme qui m’invite à venir avec eux ; Moi, barbu, inconnu.

Je suis là à me demander si j’embarque. Elle me dit “You dont want to come ?”.

Je suis là “Bin là, j’veux bin.” J’étais entre autre encore entrain d’essayer de comprendre ce qu’elle m’avait dit du pourquoi elle fêtait ce soir (Ce que je semblais avoir compris était plutôt poche).

Tout allait si vite. Elle me dit “Serais-tu prêt à striper pour nous” (parlant d’une fois que je serais à l’intérieur). Une autre qui était sortie me dit : “Oh, tu s’rais welling pour des “dirty things !”. Ensuite, l’autre qui revient à la charge en disant “Maybe your missing a chance”.

Et vous savez quoi ?…. JE NE SUIS PAS EMBARQUÉ !!!!!!!! Et pourtant, c’est pas les pulsions qui manquent…

Très rapidement, je me suis dit “Putain, t’es le roi des cons Marc !!!!!” Et, pendant un bref instant, j’ai même senti un grand mal; Un sentiment très malaisant d’être passé à côté de quelque chose. Le malaise de n’avoir rien fait en réalisant et sachant très bien à quel point ce genre de situation est absolument unique.

Mais en même temps, j’avais aussi senti quelque chose de triste à travers toute cette situation qui semblait vraiment emballante ; En même temps que tout ça se passait, j’avais pu entrevoir plus loin dans ces choses qui semblent être si hot en apparences.

C’est tout de même pas facile de se trouver confronter avec une telle intensité… Il y a de ces choses pour lesquels on accorde une grande importance (le Respect, ect…), et laissez-moi vous dire que ces choses sont parfois testées de façon assez intense… Ça aurait été tellement facile de répondre à mes petits besoins égoïstes…

J’ai eu l’impression que la vie m’envoyait un petit test pour voir ce que j’allais faire avec ce que je disais être important pour moi…

En tk,

c’est vraiment juste à moi que ça peut arriver ce genre de choses.

Voilà The Anecdote,

Marc-Antoine

En Norvège j’étais. En Allemagne je suis.

 

Ayant quitté la Norvège le 28 septembre dernier, je suis désormais en Allemagne à Berlin.

 

Cette fameuse Norvège aura été un périple tranquille. Je suis resté en plein dans la capitale. L’auberge de jeunesse où je séjournais était en plein coeur du centre-ville. Je n’ai jamais reçu autant de sollicitation de prostituées… Elles étaient tellements nombreuses. Je ne sais pas pourquoi, mais c’était des femmes de race noire à 99,9% des cas. “Hey darling, want to have sex.” C’est même arrivé qu’on m’harcèle pour que je me mette de la partie…

 

Vous le savez sans doute, mais c’est effectivement vrai que ça coûte un bras….une jambe pis encore… pour vivre là-bas. Le coût de la vie est monstrueux. L’auberge de jeunesse la moins chère, celle où je séjournais, coûtais 33 euros par nuit… Un peu plus pis je repartais de là vraiment nu…

 

Pour ce qui est de l’accès internet, ils sont au top… C’est vraiment instauré (avec un pays $$$$ comme ça c’est pas surprenant).

 

J’ai tourné un sujet simple, à la hauteur de mes capacités. ”Hip Hop on the top”. Un petit clin d’oeil sur la culture de la danse Hip Hop et Breakdance. Les gens étaient agréables et se prêtaient bien au travail que j’avais à faire. Malgré mon rythme lent, j’ai rendu quelque chose…”It breakdance also in oslo.”

Je continue ma route à mon rythme, avec cette fatigue physique quand même très présente. Je me déplace seulement moins, je fais plus petit, plus proche. Ça va être ma façon de travailler.

 

au plaisir 

Marc-Antoine, handicapé heureux

comment ça va

Maintenant j’écris.

Cette difficulté physique se fait ressentir une fois de plus (hier et aujourd’hui) ; La fatigue envahissante, la digestion… J’essais de monter mon film et c’est très lent (J’ai envi de dormir souvent). C’est la dynamique qui est revenu à chaque semaine.

Dans les semaines passées, je ne disais rien par rapport à comment ça allait dans mon travail en tant que tel.  Mais là, je me suis dit que ça pourrait me faire du bien de l’écrire quand je le vis. Et c’est ce qui arrive en ce moment.

Je vais essayer d’aller courir.

Je ressens aussi de la peine dans cet état.

merci d’être là en me lisant.

je prends soin de moi peu importe la difficulté

Marc-Antoine

Ne pas lâcher

 

 

 

J’lâcherai pas cimonaque. Je tiens à vous remercier tous d’avoir manifester votre soutien, vos bonnes ondes. Sincèrement, je réalise que des gens sont là en cas de besoin, que je peux avoir du soutien, et ça, c’est quelque chose de particulier à réaliser pour moi. Merci beaucoup. Vous me faites grandir.

Certains n’ont seulement eu qu’à me rappeler des choses que j’avais oublié un instant.

Je vais à mon rythme peu importe ce qui en est de celui-ci. C’est pas toujours évident, mais qui a dit que ça le serait….

Merci du fond coeur

Marc-Antoine

Honnêtement

Alors voilà,

être choisi pour Muvmedia, c’est toute une chance. Mais voilà que je me questionne vraiment à savoir si je veux continuer. Non pas parce que quelque chose de dur viendrait de m’arriver. Non. À vrai dire, avant de partir, j’avais une certaine fragilité. Je commençais tout juste à me reconstruire, à sentir que j’étais entrain de rétablir un certain ordre. Et j’en sentais le besoin. Je commençais aussi pour la première fois de ma vie à sentir le besoin de m’installer quelque part. Et voilà, boum, je suis choisi, je dois partir.

Ce qui est curieux c’est que j’avais une vision, un rêve de faire du documentaire et de voyager. Je me rappelle lorsque je regardais la Course Destination Monde étant quand même assez jeune… J’aimais vraiment ça. Quelque chose me parlait. Comme-ci, de façon très subtile, quelque chose de plus loin d’où j’en étais venait à moi.

La difficulté que je rencontre est physique. Je n’ai rien dit depuis le début puisque je me laissais vivre l’expérience telle que je la connaissais ; avec cette difficulté. Acccueillant cette torpeur du mieux que je pouvais.

Vous n’avez pas idée à quel point j’ai pu fonctionner au ralentit jusqu’à maintenant (À certain moment de façon assez extrême, me sentant fatigué). C’est quand même particulier. Sachant que j’étais considérablement mal en point, mon handicap devenais plus lourd, plus difficile lorsque je pensais aux autres en me disant qu’il ne devait pas connaître ce genre de difficultés physiques… Mais je me disais “À chacun sa route. Peut importe ce qui en est des autres. Je dois vivre mon expérience… même si c’est déplaisant de me savoir dans un tel état.”

Accepter de constater qu’on ne peut y remédier, qu’il faut seulement accueillir cet état handicapant, c’est pas facile dans ce contexte où le temps est si précieux…

Alors voilà mon dilemme : Est-ce que cette difficulté physique devrait me servir à comprendre que je dois m’arrêter là… ou si je continu malgré celle-ci ? À partir de quoi j’établis la limite ? À partir d’où ce n’est plus pertinent de continuer ? Est-ce que je continu malgré ça et que je me rétabli par la suite ou est-ce que ce rétablissement doit se faire dans l’immédiat en revenant chez soi ? Ce qui vient rendre la dynamique du “qu’est-ce que j’fais ?” encore plus étrange, c’est le fait que c’est une chance en or de participer à ce truc…

Je souhaiterais avoir une meilleure santé. Tout serait plus facile; Je pourrais moins dormir. Je pourrais être capable de faire des nuits blanches (parce que comme c’est là je ne peux même pas le faire vraiment.). Je suis toujours entrain de checker et de me demander si je vais être correcte si je mange tel ou tel chose. Mon problème étant principalement ma digestion, tout mon organisme en souffre. Je n’aurais jamais pu croire à quel point la digestion est importante pour l’ensemble de notre fonctionnement… Je ne peux même pas prendre du café comme je le voudrais parce que mon estomac ne le prend pas très bien…

Au moment où ma caméra s’est brisée la veille de la remise et où j’ai contacté des gens de l’équipe à Montréal, on m’a dit : ” Bon, tu dormiras probablement pas (parlant du film que j’aurais à faire en 1 nuit avec mon appareil photo)… Mais, bon, prend une coupe de café etc etc… Tu sais que ça sera pas ton meilleur film, ça sera pas un chef d’oeuvre, mais l’important c’est que tu focusses à clancher ce film-là pour pas avoir de retard et que tu puisses te concentrer tout de suite sur ton prochain.”    En entendant ça, je n’ai rien dit au sujet de mon handicap… Mais la chose étant que j’aimerais pouvoir faire ça… mais je n’en suis même pas capable. Ça m’a même fait de la peine d’une certaine façon… J’aurais jamais pensé connaître de telles limites avant.

J’aimerais avoir un rythme plus normal.

Bref, j’ai de la difficulté à m’accueillir dans cette difficulté… Je suis tané, je manque de patience. Je crois bien que je serais plus indulgent si je n’étais pas dans un tel contexte avec des laps de temps si court.

En tk,

J’y pense encore et je vois.

Je ne me sens pas très bien dans tout ça.

Marc-Antoine