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City trip à Atlanta

 

Je profite d’un déplacement de Jacob à Atlanta pour y faire un city trip de quelques heures. 

 

 

Atlanta, c’est la ville du Coca Cola… Il y a un musée et un supermarché de produits dérivés. Tout objet imaginable existe avec le logo Coke, et c’est pas donné, en plus.  (j’ai juste pas trouvé de dé à coudre, désolé Laurence).

 

Venir ici dans la mère patrie du produit le plus et le mieux distribué au monde, c’est un peu comme un pélerinage à la Mecque du capitalisme… (c’est quoi encore la ridicule proportion des humains qui ont plus que 200 m à faire depuis leur domicile pour trouver un distributeur de coca ?). J’ai osé imaginer que, pour avoir traversé la planète pour venir ici, Coca Cola allait accueillir les touristes avec reconnaissance, en souhaitant bienvenue, en offrant un casier de coca, par exemple. Et en disant : “ça fait plaisir d’enfin vous voir, car on se connaît indirectement car vous êtes des clients. Vous savez, nous ne sommes pas si mauvais que ça, c’est le Système qui veut que nous associions notre produit  au sexe, au plaisir et et à la réussite, alors qu’au départ ce n’est qu’un médicament. Mais oublions ça. Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous offrir ce cadeau et de vous inviter à visiter notre grand musée gratuit.” 

 

Tu parles. Musée hors de prix. Articles cadeaux hors de prix. Coca Cola et le capitalisme n’allaient pas laisser passer cette trop belle chance de nous sucer jusqu’à la moelle. 

 

  

John Styth Pemberton, l'homme qui, en 1886, inventa le produit qui allait repeindre la planète en rouge.

 

Si Atlanta est donc un symbole emblématique du capitalisme et de la consommation, c’est aussi la capitale de l’hégémonie américaine de l’information, CNN, pour ne pas la nommer, y a ses quartiers généraux. Impressionnant.

 

  

J’aurais dû poser avec un panneau: “Mais Müvmédien et fier de l’être”. :-)

 

Ce dimanche après-midi, il y a un grand match de baseball. Autour du stade, il y a des autoroutes urbaines sur des vidaducs qui enjambent des terrains vagues. Sur ces terrains, une marée de gens, voitures, et tentes. Un grouillement à perte de vue de supporters qui se sont rapprochés le plus possible du stade pour le match. Des milliers de personnes, des milliers de grosses voitures. Des télés, des barbecues, de la fumée, des groupes électrogènes, des enfants, et un grand soleil… Une fourmilière.  Depuis combien de temps sont-ils là ? Combien de temps restent-ils ? Qui veille à l’ordre ? Je me promène sur ces routes, en hauteur, et je regarde les Américains, en contre-bas, songeur. Une fête, ou l’enfer ? 

 

En retrouvant Jacob, on fait une pause pour aller manger. Y a un restaurant qui a un grand succès depuis des années, à Atlanta. C’est un parking à moitié couvert, on ne sort pas de sa voiture. Le serveur se faufile entre les véhicules et vient à la fenêtre pour prendre la commande. Il arrive un peu plus tard avec les frites et autres hamburgers qu’on lui a commandé. On mange dans la voiture. On peut même voir le vieux couple qui mange à côté, la famille garée en vis à vis, le jeune couple de l’autre côté. Après manger, on peut repartir. On a pu se détendre et manger à l’aise, tout ça sans quitter son siège. Comme c’est pratique. On a encore du chemin à faire, en Europe ! :-/

Dernier grand trajet Greyhound

 

J’ai décidé de terminer mon périple par un petit tour dans le Sud-Ouest des Etats-Unis. Je fais ainsi mon dernier grand voyage en bus. Dix-neuf heures. Pour la dernière fois, une de ces nuits si étranges. Entouré d’une étrange population pure américaine, silencieuse. Je pense que je ne l’ai pas encore mentionné, mais les gens qui prennent le bus aux Etats-Unis, en règle générale, c’est parce qu’ils n’ont pas de voiture. Et pour que des Américains n’aient pas de voiture, il faut vraiment qu’ils aient de gros problèmes financiers ou sociaux, voire physiques ou mentaux !

 

C’est vraiment une expérience, un voyage en bus Greyhound. Cet air trop froid soufflé à la base des fenêtres, cet accoudoir que vous vous empressez de baisser quand vous pressentez que la dame obèse qui vient d’entrer dans le bus est pour votre pomme, ce tissus bleu au motif du chien emblématique sur les sièges, qui doit avoir déjà vu passer pas mal de gens propres et moins propres, le chauffeur qui bredouille dans son micro dans un anglais que je ne pouvais pas comprendre les premières fois, et qui n’a maintenant plus de secret pour moi (il faut dire que c’est chaque fois la même chose: interdiction de fumer, même dans les toilettes, merci de “voyager Greyhound”, ne pas oublier le reboarding pass avant le changement de chauffeur…). Et ces fameuses haltes pendant la nuit, lors desquelles tout le monde est obligé de descendre pendant une heure, dans une sinistre gare endormie, dans laquelle on erre hagards, en attendant de pouvoir réintégrer sa banquette pour essayer de retrouver le sommeil…

 

 

C’est le matin. En route vers la Géorgie, et c’est l’automne ! Les paysages sont magnifiques. Me reviennent à l’esprit des poèmes de l’école primaire sur la nature qui a revêtu son beau manteau d’automne, etc. Ca ne m’avait jamais touché. J’avais jamais trouvé que les arbres qui changeaient de couleur méritaient des poèmes. Là, aujourd’hui, je crois que c’est la première fois que je trouve ça vraiment, franchement beau. 

 

Ca me fait aussi réaliser que du temps est passé depuis que je suis parti. Je compte. Tout juste trois mois. 

 

Encore une heure de bus avant d’arriver à Macon. En arrivant, je téléphonerai à mon hôte couchsurfing. Il viendra me chercher à la gare. On ira chez lui. Je parlerai avec lui pour essayer de trouver un sujet pour mon film. Ca devient un peu répétitif. Mais c’est la dernière fois.

“Y a pas plus d’ours ici qu’à Gedinne”

Vacances !! C’est ma semaine de relâche, et je passe deux jours avec des amis de Bruxelles, qui font un tour de Californie pendant trois semaines. Ils sont deux couples, Oli et Doris, et Nico et Bobby, ils ont loué une voiture, et ils vont de grandes villes en parc nationaux.

 

 

J’apprécie énormément cette petite incursion dans le groupe. C’est tellement plus facile et plus drôle d’accoster les gens, de blaguer avec la serveuse du resto, de partager des sensations, de commenter les paysages, … Il faut dire aussi que ce sont vraiment de chouettes amis ! Bien sûr, en groupe, il faut tout le temps se mettre d’accord, il faut s’attendre, etc. Mais là, je trouve ça vraiment agréable. Et je redoute déjà le moment où je devrai repartir seul de mon côté. Ce n’est pas que je suis tout le temps tout seul, au contraire, je passe mon temps à rencontrer des gens. Mais ce n’est pas la même chose que de partager du temps avec des personnes que je connais bien… 

 

Nous visitons ensemble le parc Yosemite. Ca fait du bien pour une fois d’être un vrai touriste sans devoir penser à faire un film.

 

 

          

 

          

 

 

Nous louons un abri de camping pour la nuit. Partout, des indications par rapport aux ours. Le plus important: ne pas laisser de nourriture dans les voitures. Sinon ils la repèrent avec leur odorat aiguisé et ils démolissent la voiture pour l’obtenir. Idem dans les campings qui sont munis d’armoires blindées où il faut ranger en permanence toute nourriture et produits de toilette.

 

 

Fin de soirée, on va se brosser les dents. Faut-il vraiment ranger les cadavres des bouteilles de bière pour cinq minutes ? 

 

- Mais non, voyons, dis-je. Il n’y a pas plus d’ours ici qu’à Gedinne (mon village en Belgique). J’échafaude une théorie selon laquelle toutes ces mises en garde ne servent en fait qu’à rendre la région plus palpitante pour attirer le touriste.

 

On se rend aux sanitaires, pas loin. Lorsque je reviens à l’abri, j’y retrouve Doris toute affolée. Deux ours sortaient de chez nous quand elle est arrivée ! Ils étaient donc dans les parages depuis un moment, ils nous observaient, et ils sont venus dès qu’ils nous ont vu partir…

 

Cinq minutes plus tard, on entend hurler “get out! get out!” d’un abri voisin.Puis des fusées de détresse sont lancées, pour les effrayer, comme nous l’explique un garde qui passe nous rassurer peu après.

 

Pas mal, ça, comme petit divertissement de fin de soirée autour d’un feu de camp, non ?!

 

Ma grand-mère (dans mon film "Vers l'Ouest"), face à Oli et Doris, à l'Apple Store de San Francisco ! Quel mélange...

 

Alors que leur périple se termine, Doris, Oli, Bobby et Nico me suggèrent des pistes pour la suite du mien. Ils me parlent d’une chouette soirée qu’ils ont passée dans un petit hameau perdu dans la Vallée de la Mort.

Vendu !