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Fête à Zacán

 

Hier, j’avais trois choses qui me pesaient:

- Une digestion comme il se doit pour un étranger au Mexique

- Hyper à la bourre pour mon film, 48h avant la deadline, pas de sujet confirmé !!

- Aucune idée de la suite de mon voyage dans 48h, rien prévu, rien réservé.

 

Aujourd’hui, à 24h de la deadline:

- Digestion ok

- Sujet confirmé mais rien filmé

- Prochaine destination parfaitement arrangée

 

Où en serai-je dans 24h ? 

 

Je ne pourrai filmer que lundi, … le jour de la dead line. Donc rien ne m’empêche d’aller avec Chucho à la fête de Zacán, un petit village pas très loin. Nous y allons avec Huetzin, un ami de Chucho, à moitié belge… Et son petit frère, Hendrik. Huetzin étudie en Belgique, à Anvers, il est en vacances chez ses parents à Uruapan.

 

Chucho et Hendrik, le petit frère de Huetzin. 

 

Hugo est un couchsurfer d’un soir chez Chucho. C’est un Québécois qui traverse l’Amérique à vélo, il fait une halte d’un mois à Patzcuaro, pas très loin. Quand il m’a vu, il a cru qu’on se connaissait… Mais c’est parce qu’il avait suivi le début de Müvmédia ! Héhé, le début de la célébrité :-D 

 

 

Outre un concours de danses traditionnelles et d’orchestres, il y a du rodéo au milieu de la foule. Le taureau est maintenu par des cordes, les volontaires doivent essayer de l’enfourcher et rester dessus.

Les gens vont aussi les uns chez les autres pour manger et boire. Les hommes portent tous la chemise blanche traditionnelle, avec des broderies. C’est beau de voir comme la tradition est importante pour tous les membres du village.

 

 

 

 

Plusieurs personnes me poussent à montrer de quoi un “grand” blanc est capable avec le taureau, mais je préfère m’abstenir :-). Mais c’est surtout Hugo qui est solicité, lui est vraiment grand, et sa longue barbe rousse suscite beaucoup d’intérêt. Il est rebaptisé Santa (Claus).

 

C’est finalement Chucho le plus téméraire, mais il le regrette: deux fois blessé en quelques secondes.

Parc national Eduardo Ruiz

 

Une énorme source jaillit à Uruapan, et donne naissance à la Cupatitzio. Un parc superbe y est aménagé. Il regorge de cascades, jets d’eau, et fontaines. Moi qui adore ça, je suis aux anges. En plus, le parc a un petit cachet désuet qui rajoute au charme de l’ensemble.

Uruapan

 

 

 

 

Uruapan est une ville à six heures de bus à l’Ouest de Mexico, dans l’Etat du Michoacán. C’est ici que je compte passer mon étape 8.

 

J’ai choisi Uruapan sans trop réfléchir, en fait, c’est aussi la première (et la seule) destination dont j’étais sûr avant de partir. J’avais vu une belle photo dans un guide, d’une église à moitié ensevelie sous la lave d’un volcan. J’avais regardé s’il y avait des couchsurfers à proximité (ma première recherche couchsurfing), et je suis tombé sur Chucho. Je l’avais déjà contacté depuis Bruxelles, et j’avais immédiatement reçu une réponse positive. Chucho, responsable d’une école de langues…

 

A ce moment là, je me suis dit qu’à vingt-six ans, son âge, ce ne devait pas être grand chose, comme école. Qu’il appelait peut-être “école de langue” le cours d’anglais qu’il donnait à deux-trois gosses le samedi après-midi. Eh bien, pas du tout. Chucho est bel et bien le fondateur et directeur d’un établissement comptant dix-sept profs et dix fois plus d’élèves (pendant que moi, à vingt-huit ans, je joue au vagabond au fin fond de l’Amérique :-S ).

 

Eminemment sympathique, ce Chucho. Il me fait penser à Rico dans Six Feet Under.  Sanguin, généreux, impliqué. 

 

Dès qu’il a un moment de libre, il apprend le saxophone. Il s’est mis au défi d’être capable de jouer un morceau de jazz qu’il aime beaucoup pour l’anniversaire de la fille sur qui il a des vues, samedi prochain. Il va lui faire une sérénade. N’est-ce pas mexicain en plein, ça ?! :-)

 

L'école de langues de Chucho

L'école de langues de Chucho (c'est lui, derrière le bureau)

 

 

 

Je passe beaucoup de temps dans la petite école. Je fais connaissance avec les profs, avec des élèves. Je participe à plusieurs cours de français et d’anglais en tant qu’invité. Je veille à parler correctement, à articuler, à ne pas aller trop vite ; mais souvent, les élèves ne comprennent qu’après que le prof ait répété mes phrases avec son accent espagnol ! 

 

Après son cours de français pour adultes, Jorge, le prof, propose qu’on aille tous boire un verre, et tout le monde suit. Autour d’une bière, les discussions en français se désinhibent, et les élèves n’arrêtent plus de me poser des questions. C’est marrant.

 

Je passe aussi deux cours avec la classe de Maria-Luisa, les débutants en français. Dès qu’elle a le dos tourné, on fait un peu avancer la conversation en parlant en anglais… :-)