“Y a pas plus d’ours ici qu’à Gedinne”
Vacances !! C’est ma semaine de relâche, et je passe deux jours avec des amis de Bruxelles, qui font un tour de Californie pendant trois semaines. Ils sont deux couples, Oli et Doris, et Nico et Bobby, ils ont loué une voiture, et ils vont de grandes villes en parc nationaux.

J’apprécie énormément cette petite incursion dans le groupe. C’est tellement plus facile et plus drôle d’accoster les gens, de blaguer avec la serveuse du resto, de partager des sensations, de commenter les paysages, … Il faut dire aussi que ce sont vraiment de chouettes amis ! Bien sûr, en groupe, il faut tout le temps se mettre d’accord, il faut s’attendre, etc. Mais là, je trouve ça vraiment agréable. Et je redoute déjà le moment où je devrai repartir seul de mon côté. Ce n’est pas que je suis tout le temps tout seul, au contraire, je passe mon temps à rencontrer des gens. Mais ce n’est pas la même chose que de partager du temps avec des personnes que je connais bien…
Nous visitons ensemble le parc Yosemite. Ca fait du bien pour une fois d’être un vrai touriste sans devoir penser à faire un film.


Nous louons un abri de camping pour la nuit. Partout, des indications par rapport aux ours. Le plus important: ne pas laisser de nourriture dans les voitures. Sinon ils la repèrent avec leur odorat aiguisé et ils démolissent la voiture pour l’obtenir. Idem dans les campings qui sont munis d’armoires blindées où il faut ranger en permanence toute nourriture et produits de toilette.
Fin de soirée, on va se brosser les dents. Faut-il vraiment ranger les cadavres des bouteilles de bière pour cinq minutes ?
- Mais non, voyons, dis-je. Il n’y a pas plus d’ours ici qu’à Gedinne (mon village en Belgique). J’échafaude une théorie selon laquelle toutes ces mises en garde ne servent en fait qu’à rendre la région plus palpitante pour attirer le touriste.
On se rend aux sanitaires, pas loin. Lorsque je reviens à l’abri, j’y retrouve Doris toute affolée. Deux ours sortaient de chez nous quand elle est arrivée ! Ils étaient donc dans les parages depuis un moment, ils nous observaient, et ils sont venus dès qu’ils nous ont vu partir…
Cinq minutes plus tard, on entend hurler “get out! get out!” d’un abri voisin.Puis des fusées de détresse sont lancées, pour les effrayer, comme nous l’explique un garde qui passe nous rassurer peu après.
Pas mal, ça, comme petit divertissement de fin de soirée autour d’un feu de camp, non ?!

Ma grand-mère (dans mon film "Vers l'Ouest"), face à Oli et Doris, à l'Apple Store de San Francisco ! Quel mélange...
Alors que leur périple se termine, Doris, Oli, Bobby et Nico me suggèrent des pistes pour la suite du mien. Ils me parlent d’une chouette soirée qu’ils ont passée dans un petit hameau perdu dans la Vallée de la Mort.
Vendu !




J’arrive à San Francisco quand il commence à faire noir. Je n’ai à nouveau pas d’endroit où dormir et je me sens un peu perdu quand je débarque du bus dans le Financial District et ses buildings. Jusqu’à ce que je trouve un Starbucks ! C’est devenu un apaisement chaque fois que je vois l’enseigne
Le lendemain, je finis par trouver un couch surfer pour m’héberger, et surtout pour m’aider à m’immiscer parmi les San Franciscains (?) pour trouver un sujet de film. Enfin, je croyais. Apparemment, y a tellement de demandes Couchsurfing à San Francisco, que les gens qui acceptent le font plus par idéal hospitalier que par plaisir de faire des rencontres, d’après ce que j’ai compris. Hospitalier, il l’est en effet, mon hôte, mais je comprends vite que ce n’est pas la personne qui m’aidera pour mon film. Par contre, je rencontre Wil, qu’il héberge en même temps, et avec qui je passerai une agréable journée de tourisme. Wil est franco-anglaise et termine des études d’institutrice, un boulot qu’elle veut exercer à l’étranger. Elle essaie de voyager le plus possible pour trouver le pays idéal.


