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Fin !

 

Thomas revient de Belgique le dernier jour de la semaine. Il vient d’emménager dans LA tour à appartements branchée de Miami Beach. Après lui avoir téléphoné, c’est comme si j’étais déjà un peu rentré. Je manque d’ailleurs de me faire écraser sur un passage pour piétons, car, me sentant chez moi, je force ma priorité, comme en Belgique (sauf qu’ici, il faut plus qu’un simple piéton pour faire ralentir un automobiliste). 

 

On ne dirait pas comme ça vu l'ameublement plutôt sobre, mais Thomas poursuit une brillante carrière à Miami.

 

C’est donc chez Thomas que je passe ma dernière nuit de montage. C’est un peu irréel. Je sens que mon corps sent que c’est la fin et qu’il puise dans ses dernières ressources, prêt à me lâcher; je suis chez un ami belge mais dans un appart avec vue fantastique sur Miami Downtow; je travaille à terre, couché sur l’épaisse moquette, car Thomas n’a pas encore un seul meuble. Tout est bizarre. Je me surprends même à faire une pause pour aller tranquillement au resto avec lui, alors qu’en d’autres temps, je me serais à peine autorisé à aller acheter un chocolat à un distributeur. Dire que dans quelques heures j’aurai tout fini !!

 

 

La nuit passe vite. Onze heures le matin, heure de la dead line. Mon fichier est envoyé. Comme chaque fois David (de la production) est sur Skype et accuse bonne réception, et demande des nouvelles. C’est agréable. Surtout que là, c’est fini. Fini ! En l’espace de quelques instants, la situation ultra tendue de fin de montage a fait place à une situation de vide vertigineux. Voilà. Ca y est. Je suis toujours étendu au milieu de ce grand living vide et hyper lumineux, juste quelques caisses en carton, mon ordinateur et moi. Dehors, la vie post-Müvmédia bat son plein. Sans même me lever, je rampe jusqu’à une caisse vide, que je couche sur le côté. J’y rentre la tête et les épaules, et je m’y endors.

Routine

 

Müvmédia est devenu quelque chose d’automatique. Je suis en train de faire du montage dans un coin d’une auberge de jeunesse en plein coeur de Chicago, et ça me paraît tout naturel. Je suis super en retard, comme d’hab. Je suis allé faire le plein de crasses au distributeur de bonbons, comme d’hab. Je vais probablement pas dormir en cette veille de deadline, comme d’hab.

 

Chicago !! Etats-Unis !! Je ne réalise plus. C’est devenu mon métro-boulot-dodo à moi. C’est fou. Mais demain commence la dernière semaine…

 

Cherchez l’erreur

 

Il y a un détail insolite dans cette photo. Lequel ? 

 

 

 

Réponse: Ben il n’y a que des femmes sur cette partie de quai ! Pendant les heures de pointe, une partie des rames du métro sont exclusivement réservées au femmes (et petits enfants). Celles-ci ont le droit d’être un peu moins compressées que les hommes. Et compressé, c’est peu dire. 

 

J’en fais les frais. Bloqué comme ça pendant tout un temps entre deux stations. Ma caméra disparaît de mon sac. 

 

Me voilà paralysé…

 

Mais pour deux jours seulement. Car, il faut le souligner, l’équipe de production de Müvmédia est disponible et efficace: Marie-Michèle m’expédie directement une caméra de remplacement, qui me parvient une quarantaine d’heures plus tard. 

 

 

Et… je vois Geoffrey qui est à Mexico aussi ! Quel plaisir d’échanger nos expériences, plaisirs, frustrations de Müvmédiens ! C’est bizarre, c’est en le voyant ici que je réalise subitement que je suis au Mexique ! On passe quelques heures ensemble, il me donne aussi un coup de main pour mon film, et puis nous retournons vers nos travaux respectifs. C’est que la dead line approche… Il y a toujours une dead line qui approche, pendant Müvmédia… :-S Je décline son invitation à un match de catch mexicain, très populaire ici. (Il me reste moins de deux jours pour terminer le tournage et faire le montage.) Mais ce n’est pas pour autant que je n’expérimenterai pas ce sport, comme vous le constaterez dans une très prochaine émission télé.


Même terrasse qu'avec Guy, trois jours plus tard: c'est Andres qui le remplace, pour faire des contre-plans.

 

Je ne montre jamais ce genre d'endroit où je passe chaque semaine beaucoup d'heures difficiles: mon studio de montage :-)

 

 

Pour ce film, j’ai copié Maxime, je me suis senti inspiré pour une affiche…

 

Bientôt sur vos écrans et sur www.muvmedia.tv ! :-P

Mexico sonore

 

Un petit exercice que je m’amuse régulièrement à faire depuis que j’ai passé quelques jours dans le désert: faire l’analyse sonore du bruit ambiant. Essayer d’isoler et de reconnaître chaque composante du son qui parvient à mes oreilles. C’est pas nécessairement évident.

 

Un vieux souvenir de cours: dans la pratique, le vide sonore absolu est impossible. Même dans le plus grand isolement sonore, il restera toujours le bruit des battements du coeur de celui qui écoute… C’est dire s’il est rare de se retrouver dans de telles conditions: un endroit où il ne reste vraiment plus que son propre coeur à écouter. 

 

Eh bien à Tecopa, c’était frappant. Je n’en suis pas arrivé là, mais quand j’y prêtais attention, le silence était… vertigineux. Le moindre petit bruissement prend des proportions démesurées. 

 

Quand j’ai fait du stop dans le désert, à des kilomètres de toute habitation, il y avait un panneau indicateur métallique à une trentaine de mètres de moi. Parfois, un léger souffle de vent lui faisait émettre un petit bruissement. Un tout tout petit murmure. Mais là, c’était comme s’il remplissait tout le désert. Et du coup, on se rend compte de la grandeur du silence qu’il y a autour.

 

J’ai aussi pris une photo, en attendant. Je me suis rendu compte pour la première fois qu’il y avait un moteur dans mon appareil photo ! Probablement le stabilisateur d’image. Eh bien j’ai longtemps attendu le passage d’une machine agricole, avant que l’appareil s’éteigne automatiquement (en faisant un plus gros bruit); le silence qui a suivi m’a fait comprendre que ce son provenait de l’appareil dans ma main ! 

 

Tout ça pour dire (mon dieu qu’est-ce que je suis bavard) que j’ai été frappé par le bruit à Mexico. Il y a tellement de pistes sonores dans la table de mixage de mes oreilles que ça parait impossible de les cerner toutes. J’ai essayé, mais il restait comme une part d’un brouhaha que je ne pouvais pas identifier, que je ne pouvais même pas qualifier de grave ou aigu, de mécanique ou d’humain, juste un remplissage indéfinissable, impalpable. Depuis le restaurant de l’auberge de jeunesse, y a les gens qui parlent, les frigos, les bruits de vaisselle, une musique puissante, on entend les voitures qui passent, la musique amplifiée d’un spectacle de rue, les cloches de la cathédrale, un orgue de barbarie, des gens qui parlent en marchant dehors, la grosse caisse qui rythme une démonstration de danse tribale, les cris de marchands ambulants…

 

Je dois dire que la journée de montage que j’ai passée là n’était pas des plus agréables :)