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Uruapan, ville paisible ?

 

Le thème de la semaine est “Cessez-le-feu”. Chucho m’a parlé de la mafia, omniprésente à Uruapan. La région est un passage obligé pour la drogue vers les Etats-Unis. Un commerce énorme. Tout le monde connaît de près ou de loin des victimes ou des membres de la mafia. Ce qu’on n’avoue qu’à demi-mots, car pour se protéger soi-même, le silence est d’or. La police est corrompue, ce qui laisse la population complètement impuissante.

 

La mafia contrôle beaucoup de choses. Elle a notamment la main-mise sur les activités pas tout à fait légales ou pas du tout légales, mais que le gouvernement ne sanctionne pas. Le commerce de la drogue, bien évidemment, mais aussi le commerce des copies pirates, des jeux d’argent, etc. La vente des DVD et des CD copiés est une véritable institution au Mexique, mais dans la région d’Uruapan, si le vendeur n’appose pas l’autocollant de la mafia sur chacune des copies, il risque gros. Il doit acheter ces autocollants par téléphone à un anonyme. Même chose pour les machines à sous, le commerçant est contacté tous les mois par une personne différente, à laquelle il doit remettre une taxe.

 

A côté de cela, les disparitions. Maribel Martinez, conseillère municipale d’Uruapan, a été enlevée le mois passé. Pas de revendications exprimées à ce jour. Il y a aussi les meurtres de personnes qui n’agissent pas conformément aux règles mafieuses. Ou les pressions sur les journalistes qui osent critiquer.

 

Lettre ouverte à la population, de la mère de Maribel, pour inciter d'éventuels témoins à se manifester.

 

Ou encore les “kidnappings express”, qui ne durent que quelques heures, le temps que la famille transmette l’argent aux kidnappeurs. Parfois des sommes peu conséquentes, il s’agit alors souvent d’autres bandits que la mafia.

 

Alors que Uruapan m’a semblé au premier abord être une petite ville bien tranquille, force est de constater qu’il y règne en fait un vrai climat de peur. 

 

Ne manquez pas mon film de cette semaine: Témoignages vs Mafia

Fête à Zacan (suite)

 

Voilà ce qui m’a fait bloquer dans mon blog: je voulais mettre cette petite vidéo en ligne, mais ca prend du temps :-P

 

Il y a plein d’articles qui suivent, revenez tous les jours !

 

http://www.dailymotion.com/videox7fdev

Fête à Zacán

 

Hier, j’avais trois choses qui me pesaient:

- Une digestion comme il se doit pour un étranger au Mexique

- Hyper à la bourre pour mon film, 48h avant la deadline, pas de sujet confirmé !!

- Aucune idée de la suite de mon voyage dans 48h, rien prévu, rien réservé.

 

Aujourd’hui, à 24h de la deadline:

- Digestion ok

- Sujet confirmé mais rien filmé

- Prochaine destination parfaitement arrangée

 

Où en serai-je dans 24h ? 

 

Je ne pourrai filmer que lundi, … le jour de la dead line. Donc rien ne m’empêche d’aller avec Chucho à la fête de Zacán, un petit village pas très loin. Nous y allons avec Huetzin, un ami de Chucho, à moitié belge… Et son petit frère, Hendrik. Huetzin étudie en Belgique, à Anvers, il est en vacances chez ses parents à Uruapan.

 

Chucho et Hendrik, le petit frère de Huetzin. 

 

Hugo est un couchsurfer d’un soir chez Chucho. C’est un Québécois qui traverse l’Amérique à vélo, il fait une halte d’un mois à Patzcuaro, pas très loin. Quand il m’a vu, il a cru qu’on se connaissait… Mais c’est parce qu’il avait suivi le début de Müvmédia ! Héhé, le début de la célébrité :-D 

 

 

Outre un concours de danses traditionnelles et d’orchestres, il y a du rodéo au milieu de la foule. Le taureau est maintenu par des cordes, les volontaires doivent essayer de l’enfourcher et rester dessus.

Les gens vont aussi les uns chez les autres pour manger et boire. Les hommes portent tous la chemise blanche traditionnelle, avec des broderies. C’est beau de voir comme la tradition est importante pour tous les membres du village.

 

 

 

 

Plusieurs personnes me poussent à montrer de quoi un “grand” blanc est capable avec le taureau, mais je préfère m’abstenir :-). Mais c’est surtout Hugo qui est solicité, lui est vraiment grand, et sa longue barbe rousse suscite beaucoup d’intérêt. Il est rebaptisé Santa (Claus).

 

C’est finalement Chucho le plus téméraire, mais il le regrette: deux fois blessé en quelques secondes.

Uruapan

 

 

 

 

Uruapan est une ville à six heures de bus à l’Ouest de Mexico, dans l’Etat du Michoacán. C’est ici que je compte passer mon étape 8.

 

J’ai choisi Uruapan sans trop réfléchir, en fait, c’est aussi la première (et la seule) destination dont j’étais sûr avant de partir. J’avais vu une belle photo dans un guide, d’une église à moitié ensevelie sous la lave d’un volcan. J’avais regardé s’il y avait des couchsurfers à proximité (ma première recherche couchsurfing), et je suis tombé sur Chucho. Je l’avais déjà contacté depuis Bruxelles, et j’avais immédiatement reçu une réponse positive. Chucho, responsable d’une école de langues…

 

A ce moment là, je me suis dit qu’à vingt-six ans, son âge, ce ne devait pas être grand chose, comme école. Qu’il appelait peut-être “école de langue” le cours d’anglais qu’il donnait à deux-trois gosses le samedi après-midi. Eh bien, pas du tout. Chucho est bel et bien le fondateur et directeur d’un établissement comptant dix-sept profs et dix fois plus d’élèves (pendant que moi, à vingt-huit ans, je joue au vagabond au fin fond de l’Amérique :-S ).

 

Eminemment sympathique, ce Chucho. Il me fait penser à Rico dans Six Feet Under.  Sanguin, généreux, impliqué. 

 

Dès qu’il a un moment de libre, il apprend le saxophone. Il s’est mis au défi d’être capable de jouer un morceau de jazz qu’il aime beaucoup pour l’anniversaire de la fille sur qui il a des vues, samedi prochain. Il va lui faire une sérénade. N’est-ce pas mexicain en plein, ça ?! :-)

 

L'école de langues de Chucho

L'école de langues de Chucho (c'est lui, derrière le bureau)

 

 

 

Je passe beaucoup de temps dans la petite école. Je fais connaissance avec les profs, avec des élèves. Je participe à plusieurs cours de français et d’anglais en tant qu’invité. Je veille à parler correctement, à articuler, à ne pas aller trop vite ; mais souvent, les élèves ne comprennent qu’après que le prof ait répété mes phrases avec son accent espagnol ! 

 

Après son cours de français pour adultes, Jorge, le prof, propose qu’on aille tous boire un verre, et tout le monde suit. Autour d’une bière, les discussions en français se désinhibent, et les élèves n’arrêtent plus de me poser des questions. C’est marrant.

 

Je passe aussi deux cours avec la classe de Maria-Luisa, les débutants en français. Dès qu’elle a le dos tourné, on fait un peu avancer la conversation en parlant en anglais… :-)

 

 

Arrivée au Mexique à Tijuana, avion pour Mexico annulé, l’enfer.

 

http://www.dailymotion.com/videox75vkb

 

 

 

Vu le retard causé par le vol, je décide de plutôt de m’arrêter à Mexico, pour faire mon film Hostelling International là-bas. Dommage, à Oaxaca, j’aurais vu Anne, qui était précisément dans la même auberge !! 

 

Montage sans fin pour mon film sur les élections américaines: il a duré tout mon séjour à LA, puis à l’hôtel à TIjuana, puis à l’aéroport à Mexico, puis à l’auberge. Je ne sais donc travailler “efficacement” que quand la dernière limite approche. Pourquoi essaye-je depuis tant d’années de me persuader du contraire ?