Tag - Archives pour Mexico

Trade

Pas beaucoup de distractions le soir, au milieu de la jungle. Lucy, assez cinéphile, a une belle collection de DVD copiés, qui occupent ses soirées. Elle m’en passe quelques uns. Ca a du charme, de profiter de la fin de la batterie qui stocke l’électricité que Lucy produit avec du mazout pendant la journée, puis de la batterie de mon ordinateur, pour regarder un film sous ma moustiquaire, avant de n’avoir plus rien d’autre à faire que de dormir… 

 

Je suis très content d’avoir ainsi vu “Trade” étant au Mexique. Je regrette seulement de ne pas l’avoir vu à Mexico. En fait, je suis allé à Mexico sans savoir que c’était la plus grande ville du monde, et sans soupçonner la terreur qui règne dans les banlieues immenses (mafias, rapts, drogue, prostitution, …) ! 

 

Au moins, “Trade” m’ouvre les yeux. Par ailleurs, je trouve que la manière dont est filmée (et montée) la ville dans la scène d’ouverture (ci-dessous) est vraiment fidèle à la réalité, c’est vraiment l’atmosphère que j’ai ressentie. 

 

Ce film parle de la traite des femmes et enfants au Mexique et aux Etats-Unis. Le tout sous forme de road movie. Inutile de vous dire que j’étais à fond dedans en le voyant ici !

 

YouTube Preview Image

Petite coupe de cheveux dans la Zona Rosa

 

J’ai enfin trouvé un coiffeur de chez qui je ne ressors pas déprimé. Le problème c’est qu’il est un peu loin de Bruxelles. 

 

C’est un des petits détails “behind the scenes” qu’il faut gérer quand on voyage si longtemps… Et qu’on n’a pas l’habitude de faire ailleurs. Passer chez le coiffeur. Racheter des chaussettes. Faire des lessives. 

Mes vêtements qui sèchent place Zocalo.

 

 

La petite auberge HI se trouve dans le quartier “Zona Rosa”, c’est le quartier branché/gay de Mexico. C’est Guy qui me l’a fait remarquer, un peu hautain, d’ailleurs. Moi, il faut croire que je n’ai pas les yeux en face des trous ! Car énormément de couples homos se baladent main dans la main, même bien plus qu’à San Francisco. Autre chose que je n’avais pas remarquée, et là c’est Geoffrey qui me le fait rendre à l’évidence: physiquement, les Gringos ont la cote chez les Mexicaines. Et chez les Mexicains de la Zona Rosa. Du coup, pour voir, je soutiens le regard des mecs que je croise. Wooops… en effet ! C’est assez gratifiant, je trouve… :-P

Cherchez l’erreur

 

Il y a un détail insolite dans cette photo. Lequel ? 

 

 

 

Réponse: Ben il n’y a que des femmes sur cette partie de quai ! Pendant les heures de pointe, une partie des rames du métro sont exclusivement réservées au femmes (et petits enfants). Celles-ci ont le droit d’être un peu moins compressées que les hommes. Et compressé, c’est peu dire. 

 

J’en fais les frais. Bloqué comme ça pendant tout un temps entre deux stations. Ma caméra disparaît de mon sac. 

 

Me voilà paralysé…

 

Mais pour deux jours seulement. Car, il faut le souligner, l’équipe de production de Müvmédia est disponible et efficace: Marie-Michèle m’expédie directement une caméra de remplacement, qui me parvient une quarantaine d’heures plus tard. 

 

 

Et… je vois Geoffrey qui est à Mexico aussi ! Quel plaisir d’échanger nos expériences, plaisirs, frustrations de Müvmédiens ! C’est bizarre, c’est en le voyant ici que je réalise subitement que je suis au Mexique ! On passe quelques heures ensemble, il me donne aussi un coup de main pour mon film, et puis nous retournons vers nos travaux respectifs. C’est que la dead line approche… Il y a toujours une dead line qui approche, pendant Müvmédia… :-S Je décline son invitation à un match de catch mexicain, très populaire ici. (Il me reste moins de deux jours pour terminer le tournage et faire le montage.) Mais ce n’est pas pour autant que je n’expérimenterai pas ce sport, comme vous le constaterez dans une très prochaine émission télé.


Même terrasse qu'avec Guy, trois jours plus tard: c'est Andres qui le remplace, pour faire des contre-plans.

 

Je ne montre jamais ce genre d'endroit où je passe chaque semaine beaucoup d'heures difficiles: mon studio de montage :-)

 

 

Pour ce film, j’ai copié Maxime, je me suis senti inspiré pour une affiche…

 

Bientôt sur vos écrans et sur www.muvmedia.tv ! :-P

Mexico, observations en vrac

Musée d'Art Moderne. Il me ressemble, mais ce n'est pas moi !

 

- Les Mexicains ont des têtes de Mexicains. Euh… comme dans Lucky Luke :-)

 

- C’est incroyable comme la ville bouillonne de vie. Des commerces partout, tout petits. Les gens ont l’air très débrouillards pour se faire un peu d’argent. Ici, un restaurant peut tenir sur un mètre carré. Une vieille dame peut faire des tacos, et les y vendre aux passants, et ça marchera à coup sûr. Avec un mètre carré, on peut aussi ouvrir un WC (y en a à chaque coin de rue, la tourista doit faire les affaires des Mexicains !). Des tas de vendeurs ambulants, d’échoppes d’artisanat, et de commerces habituels en tous genres. Des petits établissement, mais qui ont tous l’air de fonctionner du tonnerre. Il y a même des magasins devant lesquels il y a une espèce de présentateur, avec un micro, qui passe la journée à vanter l’établissement!

 

- Même dans les rames du métro, des marchands ambulants se promènent avec un stock d’un seul produit, des éponges ou des lampes de poche, par exemple, et les vendent pour un prix dérisoire. Ils font leur pub en criant. Ou alors, des aveugles, qui vendent un CD dont ils diffusent la musique avec un poste calé dans leur sac à dos. Ils avancent à tâtons parmi les passagers. 

Et tout cela marche. Ils ne se font sûrement pas beaucoup de bénéfice à l’unité, mais ils vendent beaucoup.

 

- Beaucoup de très petits enfants vendent aussi dans le métro ou en rue. Ils ont souvent un panier de chocolats et de bonbons.  Ils souvent par deux, et ils ont parfois à peine huit ou neuf ans, avec un petit frère ou une petite soeur !

 

- Les Mexicains adorent les reprises de musique. Partout, tout le temps, on entend des tubes réinterprétés en espagnol, ou “Let it be” au violon, ou encore la version reggae de “Titanic”. 

 

- Une première pour moi: je me sens trop grand. Dans la foule, je dépasse un peu. Dans les galeries commerçantes avec des articles suspendus partout, je dois marcher la tête penchée.

 

- on peut acheter des cigarettes à la pièce chez le marchand de journaux. Un paquet de chaque marque est ouvert, on se sert, et on donne une pièce au marchand.

 

- Mais on voit très peu de gens fumer.

Mexico sonore

 

Un petit exercice que je m’amuse régulièrement à faire depuis que j’ai passé quelques jours dans le désert: faire l’analyse sonore du bruit ambiant. Essayer d’isoler et de reconnaître chaque composante du son qui parvient à mes oreilles. C’est pas nécessairement évident.

 

Un vieux souvenir de cours: dans la pratique, le vide sonore absolu est impossible. Même dans le plus grand isolement sonore, il restera toujours le bruit des battements du coeur de celui qui écoute… C’est dire s’il est rare de se retrouver dans de telles conditions: un endroit où il ne reste vraiment plus que son propre coeur à écouter. 

 

Eh bien à Tecopa, c’était frappant. Je n’en suis pas arrivé là, mais quand j’y prêtais attention, le silence était… vertigineux. Le moindre petit bruissement prend des proportions démesurées. 

 

Quand j’ai fait du stop dans le désert, à des kilomètres de toute habitation, il y avait un panneau indicateur métallique à une trentaine de mètres de moi. Parfois, un léger souffle de vent lui faisait émettre un petit bruissement. Un tout tout petit murmure. Mais là, c’était comme s’il remplissait tout le désert. Et du coup, on se rend compte de la grandeur du silence qu’il y a autour.

 

J’ai aussi pris une photo, en attendant. Je me suis rendu compte pour la première fois qu’il y avait un moteur dans mon appareil photo ! Probablement le stabilisateur d’image. Eh bien j’ai longtemps attendu le passage d’une machine agricole, avant que l’appareil s’éteigne automatiquement (en faisant un plus gros bruit); le silence qui a suivi m’a fait comprendre que ce son provenait de l’appareil dans ma main ! 

 

Tout ça pour dire (mon dieu qu’est-ce que je suis bavard) que j’ai été frappé par le bruit à Mexico. Il y a tellement de pistes sonores dans la table de mixage de mes oreilles que ça parait impossible de les cerner toutes. J’ai essayé, mais il restait comme une part d’un brouhaha que je ne pouvais pas identifier, que je ne pouvais même pas qualifier de grave ou aigu, de mécanique ou d’humain, juste un remplissage indéfinissable, impalpable. Depuis le restaurant de l’auberge de jeunesse, y a les gens qui parlent, les frigos, les bruits de vaisselle, une musique puissante, on entend les voitures qui passent, la musique amplifiée d’un spectacle de rue, les cloches de la cathédrale, un orgue de barbarie, des gens qui parlent en marchant dehors, la grosse caisse qui rythme une démonstration de danse tribale, les cris de marchands ambulants…

 

Je dois dire que la journée de montage que j’ai passée là n’était pas des plus agréables :)