29 déc, 2008 |
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Floride,
Miami |
Étape

Il fait très chaud dans le bus. L’air conditionné est en panne et… le chauffage est bloqué et tourne à plein régime !! Très agréable, dans un car sous le soleil de Floride !

La gare Greyhound de Miami Downtown ressemble à une blague. Ou à un guet appens. Mais apparemment, Miami Downtown, c’est à peu près ça. C’est plutôt à Miami Beach que ça se passe, une grande île qui longe la côte. Avec Annah, une dame que j’ai rencontrée dans le bus, nous nous rendons là-bas, dans une auberge. C’est horrible. Les chambres sont minuscules, les lits superposés font 50 cm de large, c’est sale, bondé, cafardeux. Pour reprendre une phrase qui fera l’anthologie de Müvmédia 2008: “Ceci n’est pas une auberge Hostelling International”. De fait.
Je propose à Annah de trouver une solution alternative: une chambre d’hôtel à partager en deux. On fait une recherche approfondie sur internet et on trouve le deal du siècle. Si bien que pour le même prix par personne, on trouve une chambre d’hôtel trois étoiles très confortable et très bien située ! Je passe trois jours à y faire mon montage, assis sur mon lit. Mais ça sent tellement la fin que ça va vraiment, vraiment lentement.

Cela dit, je suis agréablement supris par Miami. Le climat est très agréable, des palmiers partout, et tout le centre le long de la mer est art-déco. C’est très people, et les gens se la pètent, mais ça m’amuse.

28 déc, 2008 |
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Georgie,
Savannah |
Étape
Plusieurs personnes m’ont recommandé Savannah (toujours en Géorgie) comme destination suivante. Mon plan est d’y aller deux ou trois jours dans un hôtel, pour entamer tranquillement le montage de mon film bilan, et continuer ensuite à mon aise jusque Miami, une destination à laquelle je pensais dès le début car un ami belge, Thomas, vient d’y emménager.
Je débarque à Savannah en début de soirée. C’est une très belle ville, très verte, beaucoup de rues piétonnes, et de vieux arbres forment un toit dense et naturel au-dessus de nombreuses rues. Mais c’est très cher. Je me rends vite à l’évidence, je ne trouverai pas d’hôtel à prix abordable. Je fais des recherches sur internet, et le seul endroit que je peux me permettre n’est plus desservi par les bus à cette heure-ci. Que faire ? Une observation que Geoffrey avait faite il y a bien longtemps à Montréal me revient à l’esprit: le pass Greyhound, ça permet aussi d’avoir toujours un endroit où dormir… Bonne idée: à 1h du matin, je prends le bus pour Miami. Je dors comme un bébé.

14 déc, 2008 |
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Etats-Unis,
entre Chicago et Atlanta |
Étape 11
J’ai décidé de terminer mon périple par un petit tour dans le Sud-Ouest des Etats-Unis. Je fais ainsi mon dernier grand voyage en bus. Dix-neuf heures. Pour la dernière fois, une de ces nuits si étranges. Entouré d’une étrange population pure américaine, silencieuse. Je pense que je ne l’ai pas encore mentionné, mais les gens qui prennent le bus aux Etats-Unis, en règle générale, c’est parce qu’ils n’ont pas de voiture. Et pour que des Américains n’aient pas de voiture, il faut vraiment qu’ils aient de gros problèmes financiers ou sociaux, voire physiques ou mentaux !
C’est vraiment une expérience, un voyage en bus Greyhound. Cet air trop froid soufflé à la base des fenêtres, cet accoudoir que vous vous empressez de baisser quand vous pressentez que la dame obèse qui vient d’entrer dans le bus est pour votre pomme, ce tissus bleu au motif du chien emblématique sur les sièges, qui doit avoir déjà vu passer pas mal de gens propres et moins propres, le chauffeur qui bredouille dans son micro dans un anglais que je ne pouvais pas comprendre les premières fois, et qui n’a maintenant plus de secret pour moi (il faut dire que c’est chaque fois la même chose: interdiction de fumer, même dans les toilettes, merci de “voyager Greyhound”, ne pas oublier le reboarding pass avant le changement de chauffeur…). Et ces fameuses haltes pendant la nuit, lors desquelles tout le monde est obligé de descendre pendant une heure, dans une sinistre gare endormie, dans laquelle on erre hagards, en attendant de pouvoir réintégrer sa banquette pour essayer de retrouver le sommeil…

C’est le matin. En route vers la Géorgie, et c’est l’automne ! Les paysages sont magnifiques. Me reviennent à l’esprit des poèmes de l’école primaire sur la nature qui a revêtu son beau manteau d’automne, etc. Ca ne m’avait jamais touché. J’avais jamais trouvé que les arbres qui changeaient de couleur méritaient des poèmes. Là, aujourd’hui, je crois que c’est la première fois que je trouve ça vraiment, franchement beau.
Ca me fait aussi réaliser que du temps est passé depuis que je suis parti. Je compte. Tout juste trois mois.
Encore une heure de bus avant d’arriver à Macon. En arrivant, je téléphonerai à mon hôte couchsurfing. Il viendra me chercher à la gare. On ira chez lui. Je parlerai avec lui pour essayer de trouver un sujet pour mon film. Ca devient un peu répétitif. Mais c’est la dernière fois.
22 nov, 2008 |
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Californie,
Fresno |
Étape 5
J’avais oublié cette anecdote, il y a déjà plusieurs semaines, à un arrêt de bus à Fresno, en Californie. Je me renseigne auprès des gens qui attendent.
- Is it the good line to go to the city center ?
- I don’t know.
- Heu… The city center, Fresno ?
- I don’t know, ask the driver when a bus comes.
Autre tentative:
- Is this line going to the center ?
- To which center ?
- Beh… The city center !
- I don’t know. Where is it ?
- ?! Beh…
Soit les gens d’ici ne sont pas des lumières, soit il y a comme quelque chose qui m’échappe. Encore un essai:
- Is it the good line to go to the city center?
- I don’t know this center.
- ?!?!
We are in Fresno, right ?
- Yes.
- So where is the city center ?
- I don’t know !
Is it downtown ?
- … (Aaaaaaaah, ok !!!)
Yes !! I want to go DOWNTOWN !
- Yes, that’s the line.
- (Alleluia)
Y avait comme quelque chose qui m’échappait.
Comme quoi, j’améliore mon anglais tous les jours.
4 oct, 2008 |
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Nevada,
Las Vegas |
Étape 5
Pour me rendre à Tecopa, le village au bord de la Vallée de la Mort, je dois prendre le bus jusque Las Vegas pour ensuite continuer… en stop ! J’arrive à Las Vegas dans l’après-midi. Et après avoir marché deux heures sous un soleil de plomb sans trouver la route que je cherchais, je décide de passer la nuit là, ce serait quand même bête d’être venu sans avoir vu ! Et j’ai vu. Faut l’avoir vu.