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Miami

 

 

Il fait très chaud dans le bus. L’air conditionné est en panne et… le chauffage est bloqué et tourne à plein régime !! Très agréable, dans un car sous le soleil de Floride ! :-)

 

 

La gare Greyhound de Miami Downtown ressemble à une blague. Ou à un guet appens. Mais apparemment, Miami Downtown, c’est à peu près ça. C’est plutôt à Miami Beach que ça se passe, une grande île qui longe la côte. Avec Annah, une dame que j’ai rencontrée dans le bus, nous nous rendons là-bas, dans une auberge. C’est horrible. Les chambres sont minuscules, les lits superposés font 50 cm de large, c’est sale, bondé, cafardeux. Pour reprendre une phrase qui fera l’anthologie de Müvmédia 2008: “Ceci n’est pas une auberge Hostelling International”. De fait.

 

Je propose à Annah de trouver une solution alternative: une chambre d’hôtel à partager en deux. On fait une recherche approfondie sur internet et on trouve le deal du siècle. Si bien que pour le même prix par personne, on trouve une chambre d’hôtel trois étoiles très confortable et très bien située ! Je passe trois jours à y faire mon montage, assis sur mon lit. Mais ça sent tellement la fin que ça va vraiment, vraiment lentement.

 

  

 

Cela dit, je suis agréablement supris par Miami. Le climat est très agréable, des palmiers partout, et tout le centre le long de la mer est art-déco. C’est très people, et les gens se la pètent, mais ça m’amuse. 

 

Jogging à Grant Park

 

Je m’étais promis d’aller courir tous les jours pendant Müvmédia, mais je ne l’ai encore fait que quelques fois. Pourtant, qu’est-ce que ma journée est meilleure si je l’ai commencée par une demi-heure de footing. Quand je commence vraiment à déprimer parce que j’ai pas de sujet, ou que j’ai besoin d’un petit électrochoc pour me changer les idées, je vais courir. C’est ce que je fais ce matin à Grant Park.

 

YouTube Preview Image

Quand je vais courir, j’écoute de la musique, c’est beaucoup plus entraînant. En fait, toujours les quelques mêmes morceaux qui se trouvaient dans mon téléphone à mon départ. 

 

Connaissez-vous Antony and the Johnsons ? C’est une amie qui m’en avait parlé, j’avais téléchargé, mais pas du tout aimé à la première écoute. Je ne sais plus comment ces morceaux se sont retrouvés dans mon téléphone. Et là, je suis obligé de les écouter tout le temps puisque je n’ai qu’une dizaine de titres pour toute musique avec moi pendant Müvmédia. 

 

Eh bien, “Hope there’s someone”, … mais c’est un des plus beau morceaux au monde. Quand la fin, instrumentale, commence, j’ai chaque fois la gorge qui se noue. Même en courant.

 

Je vois les préparatifs pour la soirée électorale. C’est ici qu’aura lieu le meeting d’Obama ce mardi soir. Le cadre est superbe. L’air est très vif, léger. Les buldings qui bordent le parc sont majestueux. Et il règne ici une ambiance de nouvelle ère. Si Obama gagne, ce sera énorme. Je pense que je suis en train de courir dans un endroit et à un moment qui va probablement marquer l’Histoire. C’est vraiment the place to be, ici, en fait. La face du monde va changer à partir du discours qui sera prononcé ici. Je ne peux pas passer à côté pour mon film. Ce serait ridicule. Il ne me reste qu’à trouver une manière de combiner Obama et auberge espagnole… C’est pas gagné, mais je le sens. C’est trop énorme pour ne pas le faire. C’est peut-être l’endomorphine qui me gagne, mais tout me parait tellement évident. Je suis bien. 

 

 

 

 

Mexique touristique

 

D’Uruapan, je prends l’avion pour l’extrémité tropicale du Mexique: Cancun. Choix déterminé par le fait que depuis Cancun, j’aurai droit à un vol Air Transat vers le Canada. Ce n’est pas que les longs voyages en bus me déplaisent. Au contraire, c’est un répit agréable: impossible de chercher un sujet de film, impossible de faire du montage, juste du temps pour me mettre à jour dans mon blog. Le problème, c’est que ça raccourcit dangereusement les semaines. Donc, avion cette fois-ci ! 

 

Ces jours-ci, j’ai tendance à faire avancer les choses en pilotage automatique. Peut-être que je fatigue. Je fais ce que j’ai à faire, j’attends que ça passe. Je m’en rends compte quand s’ouvre la porte de l’avion à Cancun. C’est le soir. Une chaleur moite s’engouffre dans l’appareil. C’est la température de dehors, ça ? Pff, pas le courage. Toute une nouvelle réalité qui arrive à moi, à laquelle je ne suis pas préparé, encore un départ à zéro, encore un nouveau film. 

 

Ben, à quoi tu t’attendais ? A rien justement. Je n’anticipe plus. Pourtant, objectivement, quelle chance d’arriver (pour la première fois de ma vie) dans un climat tropical, avec tout à découvrir. Je culpabilise de manquer de courage. Je respire un grand coup.  Ca va passer. En plus, j’ai déjà trouvé une chouette couchsurfeuse, chez qui j’irai après une nuit à Cancun. Elle habite seule dans la jungle avec dix-sept chiens. Et le thème de la semaine est “vert”. Tout va bien.

 

Il est onze heures du soir, je marche dans les rues à la recherche d’une auberge ou d’un petit hôtel, je dégouline de transpiration. Je suis trempé de la tête au pieds. C’est pas qu’il fasse particulièrement chaud, mais il fait moite, lourd. 

 

Ici, c’est le Mexique touristique. Tout est prévu pour le touriste. Tout est en anglais. Je me sens un peu con d’être ici. Surtout après ma fantastique plongée dans le Michoacan. Bah, après tout, c’est une réalité comme une autre. C’est pas plus mal de se frotter à tout.

 

Je trouve une petite auberge où j’obtiens une chambre individuelle très propre, pour trois fois rien, avec un ventilateur de plafond juste au-dessus du lit. Y a juste que les draps sont plein de poils et de cheveux, j’avais déjà eu la blague dans un petit hotel pour ma première nuit à Uruapan. C’est là qu’on est content d’avoir un sac de couchage.

Petite coupe de cheveux dans la Zona Rosa

 

J’ai enfin trouvé un coiffeur de chez qui je ne ressors pas déprimé. Le problème c’est qu’il est un peu loin de Bruxelles. 

 

C’est un des petits détails “behind the scenes” qu’il faut gérer quand on voyage si longtemps… Et qu’on n’a pas l’habitude de faire ailleurs. Passer chez le coiffeur. Racheter des chaussettes. Faire des lessives. 

Mes vêtements qui sèchent place Zocalo.

 

 

La petite auberge HI se trouve dans le quartier “Zona Rosa”, c’est le quartier branché/gay de Mexico. C’est Guy qui me l’a fait remarquer, un peu hautain, d’ailleurs. Moi, il faut croire que je n’ai pas les yeux en face des trous ! Car énormément de couples homos se baladent main dans la main, même bien plus qu’à San Francisco. Autre chose que je n’avais pas remarquée, et là c’est Geoffrey qui me le fait rendre à l’évidence: physiquement, les Gringos ont la cote chez les Mexicaines. Et chez les Mexicains de la Zona Rosa. Du coup, pour voir, je soutiens le regard des mecs que je croise. Wooops… en effet ! C’est assez gratifiant, je trouve… :-P

Une journée à l’auberge

Je me suis incrusté à l’auberge de jeunesse de Calgary pout finir mon montage, Hostelling International étant un partenaire de Müvmédia (c’est très agréable d’être reconnu et aidé à l’improviste, loin de Montréal !). Je suis tellement en retard que finalement, j’y reste loger.

A la fin de la journée, Julie (productrice de Müvmédia) me demande en tchat où j’en suis. Je lui dis que je commence l’envoi. « Heureusement qu’il y a les cartes retard, répond-elle. Essaie de ne pas les utiliser dès le début ». Arg ! Comment faut-il interpréter ça ? Que je viens de perdre la première (on a droit à deux fois douze heures de retard sur les trois mois) ? Ou que je dois faire attention ? Je n’ose pas lui demander, de peur qu’une mauvaise nouvelle me flanque un coup au moral, surtout après les douze heures que je viens de passer devant l’écran. On verra bien. David avait dit qu’ils n’étaient pas à deux heures près, je pense. J’en suis à trois…

Je suis allé à mauvaise école pour le respect des horaires: chez les Flamands, très laxistes à ce niveau-là. J’avais perdu l’habitude des dead lines à respecter pour de vrai.