Le son du train américain
Il fait déjà noir à Kissimmee, près d’Orlando, où je vais prendre l’avion demain à l’aube. Je marche pour trouver un motel. Deux gros types assis à une terrasse m’interpellent et m’invitent à boire un verre. J’accepte. Ils sont sympathiques et joyeux, ils vont aller voir un match de boxe. Ils sont des sujets de films à eux tout seul, et c’est eux qui sont venus à moi… C’est la première fois que ça m’arrive en plus de trois mois. C’est comme un pied de nez à toutes ces dernières semaines, pendant lesquelles j’ai dû me démener pour trouver quelque chose. Et là, voici un sujet sur un plateau d’argent. Mais c’est fini. Je les quitte sans ressentir la culpabilité de passer à côté d’un beau film. Je me sens très léger. Je marche dans la nuit. Je trouve un motel à trente dollars. J’entre à la réception. Je trouve que je me débrouille bien en anglais. C’est un peu irréel. J’accomplis plein d’automatismes en me rendant compte que je les fais pour la dernière fois. Chaque détail est un peu solennel. Je regarde un épisode de Desperate Housewives. Je vais à une pompe à essence pour acheter un hamburger et un petit déj pour demain matin. Je prends une douche. J’essaie de comprendre cet énième nouveau système pour régler la température de l’eau.
J’avance un peu dans mon blog. J’entends au loin le son si typique du klaxon d’un train de marchandises. Je n’en ai jamais parlé ici, mais ça aura vraiment constitué un leitmotiv sonore de mon voyage en Amérique. Un son terriblement dramatique que je ne connaissais qu’à travers des films. Ces derniers mois, je l’ai entendu à maintes reprises dans des endroits très divers. Un son faible mais très présent. Qui dure assez longtemps, les trains roulant particulièrement lentement comparé à l’Europe. Je ne sais pas pourquoi ils klaxonnent tout le temps, ici. Et là, je me sens irrésistiblement attiré par ce train. Je sors de la chambre et je rejoins le passage à niveau tout près du motel. Cette fois-ci, je veux voir le train de tout près. Le sentir, l’entendre. Je veux boucler la boucle. Je sors mon téléphone portable pour enregistrer ce son.
Ca a la qualité que ça a, mais je trouve ça beau. C’est le son de mes derniers moments de solitude !
Je rentre dans ma chambre. J’éteins l’ordinateur. Je choisis un des deux lits doubles. J’éteins la lampe. Demain, Montréal, je retrouve tout le monde.












Laurent barbin | mars 10, 2011 @ 5:58
Bonjour Jean Baptiste,
J’aime beaucoup ton texte sur lequel je suis tombé en recherchant des pages en rapport avec le son des trains américains. Je ne sais pas où tout ça va me mener mais j’ai commencé, hier soir, des recherches sur le sujet. Il me semble en effet que ‘est un son emblématique de ce pays dans la fiction tout du moins, dans la réalité aussi semble-t-il.
Par ailleurs je dirige une revue de carnets de voyages qui s’appelle Bouts du monde (www.boutsdumonde.com) et qui publie chaque trimestre, les textes, les photos les dessins de voyageurs dans ton genre. Si l’aventure te tente, si tu veux nous proposer des choses, n’hésite pas, dans le ton du texte ci-dessus, c’est parfait !
à très bientôt j’espère,
Laurent
Kit Pellon | octobre 2, 2011 @ 12:32
Along with the whole thing that seems to be developing inside this area, your points of view are generally somewhat refreshing. Nevertheless, I beg your pardon, because I can not give credence to your whole plan, all be it radical none the less. It looks to everyone that your comments are generally not totally justified and in reality you are generally yourself not wholly certain of your assertion. In any case I did appreciate reading it.
Транспортные перевозки | octobre 26, 2011 @ 22:16
Regarding your post…
Maira Bronk | décembre 28, 2011 @ 21:19
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