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3-15 Octobre Cuidad Mexico

 

                      CIUDAD MEXICO

 

À Mexico, je retrouve ma vieille amie M. et son français de mari Y.

M. parle très bien français puisque c’est en partie moi qui lui ai appris. Enfin, à l’époque je lui ai surtout appris ce que l’on n’apprend pas à l’Alliance Française. Un langage haut en couleur et riche d’images !

Je prends du temps avec eux et surtout un peu de repos pour les semaines suivantes qui devraient êtres éprouvantes.

Le premier dimanche je vais avec Marigel à la messe à la La Villa pour une visite de la célèbre Vierge de Guadalupe. Il y a un monde fou. L’ambiance est singulière, comme au Sacré-Cœur avec beaucoup plus de ferveur. Autour de la cathédrale les gens font bénir leurs images et leurs statues. Je me joins à eux et fais bénir ma caméra pour toutes les images qu’elle produira !  C’est ici que Carlos Reygadas a tourné les dernières scènes du sublime Batalla en el Cielo

 

VIDEO

 

Ils vivent dans un appartement à Naucalpan. Mexico est gigantesque. Y. qui finit sa thèse sur l’urbanisme des métropoles sud et centre américaines, est un précieux guide pour tenterde  comprendre cette ville compliquée. Il m’apprend que Mexico s’est peuplée de plusieurs dizaines de millions d’habitants en quarante ans. À la périphérie, en perpétuelle expansion, des quartiers dit « informels » s’y construisent sans cesse, bidonvilles qui forment petit à petit des banlieues jusqu’à ce qu’elles deviennent « officielles » avec l’arrivée des services de la ville : eau, gaz, électricité, etc… Depuis quelques années la ville est plutôt en décroissance. Il y a un retour vers la campagne ou les villes des autres états mexicains.
Tous deux travaillent dans une université hyper élitiste, tenue par les Légionnaires du Christ pas trop catholiques. Les témoignages de M. et Y. sur cette branche puissante de l’église mexicaine me révèlent leur conception bien singulière du christianisme.

 

Je vais y travailler plusieurs fois. Le campus est luxueux. Beaucoup d’étudiants ont leur chauffeur-garde du corps privé qui les attendent toute la journée à la sortie de l’université, les parents craignant le kidnapping avec demande de rançon, activité courantes à Mexico city. 

Je rencontre J., un neurochirurgien réputé et professeur de neuropsychologie à l’Université et qui prend des cours de français avec M. Nous sympathisons et je me fais inviter assez rapidement à passer une journée au bloc de neurochirurgie de l’Hôpital Général de Mexico, l’hôpital des humbles. Il y a trois sécurités sociales au Mexique. L’une pour les fonctionnaires, l’autre pour les travailleurs privés et celle pour les pauvres. Evidemment, le fait que ce chirurgien de renom, récompensé par de nombreux prix pour ses recherches et son travail, exerce à l’Hopitale Générale, ne m’a pas laissé insensible. Les professions médicales doivent être un sacerdoce…

 

 

 

Dans le Laboratoire de J. avec ses étudiantes et ses rats pour un documenteur bonus.
Sur le bon conseil de J. je visite avec M. le musée d’anthropologie.

 

 

Le vilain qui regarde vers le ciel c’est le Dieu de l’Art.

 

Sur le bon conseil de Y. nous allons à un match de Lucha Libre (Catch)  expérience inoubliable et savoureuse. Trois combats spectaculaires. Trois contre trois. Des spectateurs hurlant des insultes à tout va. J’avais lu le texte de Barthes, je l’avais trouvé brillant. Maintenant je le comprends.

  

Le catch est un défouloir extraordinaire, magique. On peut insulter ouvertement les catcheurs en les regardant droit dans les yeux, ils sont là pour ça. On sait que tout est faux, mais pourtant très vite tout devient vrai et l’on apprend à apprécier les belles prises, les revirements de situations, les surprises, les codes. Impossible de rentrer une caméra ou un appareil photo, la lucha libre est très populaire au Mexique et les lutteurs sont des stars très rentables.

Malheureusement JB que je rencontre à Mexico ne peut pas venir avec nous, trop préoccupé par ses problèmes de caméra.


Malgré tout je lui propose un petit match quelques jours plus tard, dans un parc de la ville.

 Docteur Warner et Angel Blanco
Les seuls spectateurs avaient des masques et des costumes plus impressionnants que les nôtres. 

Docteur Warner et un Jawa Mexicain