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26 Septembre - 2 Octobre City of the Sun II

 

 Je vous ai déjà un peu parlé d’Alima. Je ne l’ai rencontrée qu’à la fin de mon séjour. Je veux dire réellement rencontrée. Au début je la trouvais même un peu antipathique.  Sa manière de parler, son regard que je n’arrivais pas lire. Elle venait de se faire opérer. En urgence.

Après une retraite silencieuse de trente jours. Elle en ressortait avec une infection cancéreuse ou je ne sais quoi de la rate. De ce qui produit la bile. Elle me dit qu’après avoir vaincu sa colère, son corps lui aussi avait besoin d’expulser cet organe de la colère.
De la colère, elle me dit qu’elle en avait beaucoup lorsqu’elle travaillait au centre de Palomas.
De la colère contre la bêtise, la lâcheté des politiques et des institutions, de leur hypocrisie, du faux humanisme communicationnel. Alima est une mystique et une pragmatique. Comme beaucoup de gens que je rencontrerai plus tard, au Mexique, leur foi n’est pas une conversation de salon. C’est ce qui guide leur main dans l’action.  Elle pratique le soufisme et  y initie  des femmes de la communauté. J’ai pu assister à une séance alors que j’écrivais mon blog dans la salle communautaire. 
Maintenant, le centre est fermé à cause des violences des gangs qui venaient roder autour du centre pour kidnapper et séquestrer des migrants jusqu’à ce qu’un proche ou la famille paye une rançon (souvent jusqu’à 5000 dollars américains). S’ils ne peuvent pas payer, ils tuent. Qu’est qu’un migrant ? Rien. Qui s’en préoccupe ? Qui viendra chercher un cadavre dans le désert? Lorsque je suis arrivé avec mes questions, elle ne me répondait qu’avec parcimonie, elle disait vouloir prendre de la distance avec tout ça.   Puis peu à peu et surtout après lui avoir montré mes films,  elle s’est, elle aussi, dévoilée et m’a guidé dans le désert qui avait pris le pouvoir sur mon esprit. Le jour de mon départ, elle retourna travailler dans le centre médical de Demings. Elle est infirmière. Mais elle veut quitter le désert, retourner vers les montagnes. Accueillir les gens qu’elle aime dans une maison d’hôte ou un petit ranch. Alima a traversé son désert.      

Il y a un autre John :  John M. 73 ans, retraité précoce de la chimie. Il emploie son temps à faire des photos et les travailler sur photoshop. Il aime voyager dès qu’il a suffisamment économisé sur son aide sociale. Il vient de passer 3 mois au Mexique. Il me donne beaucoup de conseils et me montre ses photos du Copper Canyon où je pense me rendre. Il aime fumer la Marie J,  adore la techno et la transe.

Allez visiter ses deux blogs : 

Sa galerie de photos : 

http://www.pbase.com/koyote11

Et son étonnant blog sur son histoire d’amour avec sa chatte Delilah :

 http://delilahandme.blogspot.com/

(

En passant, puisque nous sommes dans la parenthèse des liens, 
C. un membre de City of the Sun a réalisé un site étrange dont les deux pages les plus visitées sont : 

http://homepage.mac.com/vansprouts/cos/parabolic.html (ou comment se faire un réflecteur pour son antenne de Wifi )

http://homepage.mac.com/vansprouts/time/lunar2008.html (un calendrier lunaire) 

À ne pas manquer sa visite virtuelle de City of the Sun ! http://homepage.mac.com/vansprouts/refrig/virtualcos.html 

 

MAIS ATTENTION ON NE PEUT VISITER LES SITES QUE LE JOUR PARCE QU’ILS SONT SUR SA MACHINE QUI MARCHE GRÂCE AUX PANNEAUX SOLAIRES.
JE VEUX DIRE LE JOUR LÀ BAS, JE VOUS LAISSE CALCULER LES DÉCALAGES HORAIRES

 

)

C’est John M. qui me conduit le long de la frontière. Jusqu’à Antelope Wells un poste frontière plus à l’Ouest. Un poste frontière au milieu de nulle part. Il n’y pas de barrières, simplement un fil barbelé. C’est un lieu absurde.

Pour mon départ, John M. a organisé une party chez lui. Voir danser mon ami de 70 ans  sur de la transe, de la mauvaise techno et même quelques morceaux de Nirvana, tout en fumant de la Marie J., je ne sais pas pourquoi mais ça m’a remonté le moral et même fait danser.  Je n’ai pas poussé  le vice trop longtemps pour ne pas trop exciter, par les gesticulations de mon corps d’athlète, les émois grandissants des quinquagénaires. Très bonne soirée.

 

 

 Je dormais pour cette ultime nuit à City of the Sun sur le toit du John Palace, au grand air frais du désert céleste qu’un dieu amoureux avait paré de ses plus beaux oriflammes
Brûlez mes sœurs !
Irradiez nous jusqu’à la fin !
Cette nuit il n’y a pas de vitre entre vous et moi.
La solitude n’a pas besoin de reflet.

 


Le lendemain mes amis m’accompagnaient de l’autre côtè de la frontière pour prendre un bus.
Pas de bus. Une grève je crois.
Enfin, nous sommes là, je ne comprends pas encore grand chose à l’espagnol.
Mon cerveau n’est pas encore habitué.
John et S. parle avec un type qui attend quelque chose sur un banc.
C’est une voiture. Il va lui aussi à Ciudad Juarez.
La voiture arrive. Je ne réfléchis pas, je fonce.
“Adieu mes amis!”
“Fais attention!” me disent-ils.
Je suis avec deux mexicains que je ne connais pas quelque part dans une voiture, plus pourrie encore que celle de A., qui va je ne sais où.
Confiance aveugle. Il faut que je quitte le désert.
Je ne comprends rien. Je suis. Un bus.
Ciudad Juarez la terrible.
Un avion.
Décollage.

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