Archives pour novembre, 2008

24 Novembre - Montréal - L’inutile fadeur de l’insipide

Dernière émission. Table “ronde” de müvmedois et l’occasion de remercier ceux que vous n’avez pas vu et qui ont beaucoup travaillé.

À la caméra Jeff

Au combo Guillaume - Pascal - Capucine 

Au pupitre : Matthieu                          Hé Alexis! T’as vu la vierge?

 

À la patience : Elise et Isabelle

Au voix : Bruno

À la surveillance : capucine

 

                                                         He Alexis! T’as vu la vierge?

 

Et un grand merci à toute l’équipe de plateau et des bancs de montage dont je n’ai pas les photos… vous ne perdez rien pour attendre!

 


22 Novembre - L’invariabilité stable de la constance

           LE RETOUR DU ROI

À Montréal, sains et saufs, nous jouons la fin de partie…

20 Novembre - On the road - L’incalculable nullité du zéro

Brave anonyme, 

Il y a peu de temps, Andréanne, pour qui j’ai beaucoup d’affection, a effacé le commentaire que j’avais déposé sur son blog. Il était plutôt gentil - je m’autocite de mémoire : «  Oui, tu as l’air sereine, tu es magnifique même, rien à voir avec les boudeuses figures du début… bravo…bien à toi…etc…etc… » outre la platitude consternante de ce commentaire, il n’y avait à mon sens rien de déshonnorant ou de blessant. Mais elle l’effaça, c’est son droit, en pretextant qu’elle n’aimait pas le mot « boudeuse » tout en me faisant remarquer, à justre titre, qu’elle était comme Dieu sur son blog.

 

J’ai pour la transcendance d’autres considérations, parfois un peu trop prononcées ou trop romantiques je l’avoue, qui m’empêchent de me considérer tel un dieu ou Dieu lui-même.
Disons que je serais plus comme le maître du jeu et en tant que maître du jeu, je décide des règles… Alors voilà une des règles : on peut écrire ce que l’on veut sur mon blog, des beautés, des bêtises, des blagues, des absurdités, des encouragements, des vulgarités et même des insultes  etc… mais pour rentrer dans la partie il faut qu’elles soient au minimum du second degré. 

 

Pourquoi ? Me diras-tu. Pourquoi cette incroyable intolérance pour le brave premier degré qui n’a fait de mal à personne et qui s’inflige à lui-même et depuis si longtemps de rester à son triste sort inférieur, auprès des braves gens, des simples d’esprits et, si l’on en croit l’audimat des chaînes de télévision, de la majorité du peuple? Pourquoi ne pas, moi aussi, lui offrir une petite place dans MES pages? Eh bien, c’est simple, brave anonyme : je suis le maître du jeu et je fais qu’est c’que j’veux. D’abord il n’y pas raison que je sois le seul à suer et puis le second degré se vend bien aussi en ce moment dans les classes moyennes. 

 

 

Des ours sodomites pourquoi pas… même si j’entrevois sans peine que le sujet n’arrivera que difficilement et au prix de beaucoup de travail au niveau requis pour participer et ne dépassera jamais le suivant… ou alors avec l’aide d’une vidéo pour les grimaces… peut-être avec l’insertion de l’adjectif “noir”, c’est toujours plus drôle quand il y a un noir, même si c’est un ours… Tu verras, ça marche, ça devient plus… là, ça peut même devenir allégorique… et l’allégorique c’est chic. Évidemment, ça dépend qui tu veux faire rire… enfin tu as le choix, ça marche aussi avec “blanc” ce coup-ci. Bon je m’arrête là, les ours sodomites ne méritent tout de même pas un développement plus en profondeur. 
Si tu es convaincu, je t’encourrage. Vas-y ! Retrousse les manches et au boulot. Allez tiens, si tu veux, tu peux même faire un petit film et je mettrai le lien sur une page, si cela peut aider. Mais souviens-toi : direct au second.

 

 

Tu me rétorqueras que d’autres commentaire pas du niveau requis figurent sur mon blog et qu’il y a donc une injustice. Je suis le maître du jeu et, si ces commentaires sont encore là, c’est par ce que ce sont ceux de mes amis et qu’en raison des innombrables fois où ils m’ont hébergé et du frigo et demi, en moyenne, que j’ai vidé chez eux, je leur offre une grâce ou deux. Alors si tu es l’un d’eux et que je ne t’ai pas reconnu - ce qui m’étonnerai fort - fais le moi vite savoir  (en y ajoutant la liste précise de ce que j’ai mangé chez toi pour que je puisse faire le ratio)

 

Ne le prends pas mal –  c’est une preuve d’amour que je te lance ici. Tu sais, comme lorsqu’on est dans un bus et qu’à côté de soi un jeune se détruit les tympans à grands coups de décibels …  si l’on aime vraiment les gens, alors il faut lui faire remarquer qu’il se fait du mal. Si l’on est fou d’amour, on lui lui arrache le casque des oreilles et on lui colle une trempe.

Sereine? Oui, magnifique même… et avec encore un peu d’humour? 

 

C’est un peu par amour que j’ai effacé ton commentaire, tout comme j’avais effacé celui d’un autre muvmédien qui, un jour d’égarement, avait, sans tact, souillé une lettre d’amour de quelques mots déplacés. La lettre était, certes, ouverte, comme aujourd’hui, mais ce n’est pas parce que Gutenberg et Bill Gates ont permis aux esprits, grands ou petits, de partager leur expériences, même intimes, qu’il faut gribouiller par dessus. Le monde regorge de commodités dont les murs sont encore vierges. 
En tout cas je te remercie, tu m’as offert l’occasion d’infliger cette page au reste du monde et peut-être pour l’éternité.

Mon Dieu que ce blog devient de plus en plus difficile à combler… 

Alors qu’au loin, derrière le défilement fantomatique des forêts enneigées, dorment paisiblement les ours sodomites sous le tendre sourire de la lune nouvelle, c’est ainsi que, dans le bus 1063 déchirant la nuit ontarienne à 80 kilomètres par heure,  je brûle ma dernière nuit de voyage tout en rêvant du prochain.

À suivre…

19 Novembre - Thunder Bay - L’insoutenable incommensurabilité du néant

 

Evidemment je suis vivant. Disons : pas cliniquement mort.
Pas d’ours. Je sais, à part ma maman chérie, tu es déçu de ne pas avoir la misère d’autrui à te mettre sous la dent au petit déjeuner. Hypocrite ! 
Aujourd’hui : Rien. Je monte. C’est merveilleux. Dehors il y a de la neige, 6 cm seulement, mais tenace. L et W sont affairés. Ils préparent l’envoi massif du nouveau “catalogue-guide” d’un réseau d’auberges, dont je tairai le nom, mon rôle n’est pas de faire de la publicité gratuite, car, müvmédois (pas dans la prise) par contrat, je suis sous la bienveillance de leurs concurrents directs, HI Hostel. Malgré leur gentillesse, il n’y a pas de raison puisque je paie la chambre alors qu’au HI je ne paie que ce que je casse.
Mais pourquoi me diras-tu, et cette question doit te ronger et t’empêcher de reprendre le cours de la vie insignifiante et presque sans joie que tu mènes comme tout le monde, parce qu’il faut bien, pour ce petit rien, la joie d’un enfant, le soir, quand tu rentres dans ta banlieue pavillonnaire ou ta cage à lapins, 1000 euros par mois - charges comprises, ivre de mauvais alcool et abruti de travail…  ou peut-être par goût de l’argent, du bon vin ou des vacances à Avoriaz, ce petit rien qui te fait lever le matin et te jette dans les embouteillages et les bureaux froids. Oui pourquoi, écrivais-je avant cette méchante digression, pourquoi s’obstiner à payer sa chambre dans un Backpa… une Auberge, plutôt que de se rendre dans celle qui est gratuite ?
Et bien saches qu’il n’y a pas, sur ce vaste monde, dont j’ai parcouru un petit bout, un lieu où j’ai mieux dormi.
Ici, dans cette chambre que mon hôte m’a attribuée, dès mon arrivée, sans même me demander mon avis parce qu’elle le connaissait… 

 

Il y a des lieux comme ça… Tiens, mon ami T.  par exemple - tu t’en fous, je le sais, fais semblant - eh bien, c’est la chambre d’invité de chez ma grand-mère. Ce sont ses Bras de Morphée à lui… et je trouve toujours ça attendrissant quand il se lève le matin comme s’il revenait au monde … 
La dernière fois que j’étais passé chez eux, il y a un peu plus d’un an, en revenant de Churchill (Manitoba) où je n’avais attrapé au sens propre comme au figuré, que des vents et la broncho-grippo-laryngo-métastasée qui va avec. C’est ici que j’ai guéri en un temps record.
Chez L et W c’est…  

 


Un voyage…

et je ne vous montre pas le bureau de L, où je travaille…

Il faudrait un certain nombre de pages pour en venir à bout.

Après ma dernière nuit blanche muvmédoise, j’ai fini très tôt ce matin L’Epilogue du polyptyque et… dois-je le rappeler… 

L’épilogue, du grec επι (epi) : à la fin et λογος (logos) : discours,

est, au théâtre classique, un discours récapitulatif à la fin d’une pièce.

 

Ce terme désigne en général une partie finale ajoutée, comme de surcroît, à un discours, à un ouvrage, en lui-même complet. C’est l’opposé du prologue et, comme celui-ci sert souvent à présenter au lecteur les personnages avant l’action, l’épilogue peut être employé à faire connaître ce qu’ils deviendront, l’action accomplie. Dans ce cas, il semble, comme le prologue, accuser l’inexpérience de l’auteur et un travail insuffisant de composition. De même qu’une exposition savante révèle par l’action même ses personnages et ses circonstances, de même un dénouement habile devrait éclairer sur le sort des principaux intérêts engagés dans la lutte.

 

L’épilogue ne se conçoit donc guère comme une partie intégrante d’un ouvrage, discoursroman ou pièce de théâtre, et ne peut se confondre avec la péroraison, la conclusion ou le dénouement. Tout au plus peut-il être l’indication d’une suite du drame, de son lointain contrecoup. Mais le mot a également pris un sens plus large en désignant, dans les romans, un ultime chapitre où l’on apprend généralement des informations sans rapport direct avec l’intrigue.

Il est surtout un hors-d’œuvre, un adieu au public. La Fontaine, croyant avoir fini son œuvre des Fables au vie livre, prend congé du lecteur dans un charmant épilogue :

 

Bornons ici cette carrière,
Les longs ouvrages me font peur ;
Loin d’épuiser une matière,
On n’en doit prendre que la fleur…

 

Il ressemble à cette page

À suivre…


18 Novembre - Winnipeg Thunder bay - l’Insignifiant rien du vide

 

J’ai changé mes plans. Winnipeg, où je suis arrivé à l’aube, s’est montrée trop peu accueillante. Je n’y avais rencontré que des gens biens, l’année dernière. Mais là, à 5h30 du matin, cherchant une place pour travailler, dans un froid… mes amis! Ces déjections photographiques sont un véritable exploit physique. Il s’en fallait de peu que mes doigts ne restassent collés à l’appareil. Je me voyais déjà amputé des deux pieds… 
Ils n’ont tellement rien  à Winnipeg qu’ils exposent leur caillou en granit.

 

Et le monde continue à bavarder…

 

Comme même le Mc Do du centre de Winnipeg (La 8ème ville du Canada) n’a pas de connexion internet, (je veux dire…  même à Thermapolis au Wyoming ils l’ont) 
j’ai décidé de reprendre le bus pour Thunder Bay, où je connais bien les gérants d’une Auberge de jeunesse, au bord du Lac si Supérieur aux autres. Je vous les présenterai demain.
Et puis, comme tout artiste moderne sans talent et abruti par la fatigue, je me réfugie dans la mauvaise abstraction, dont je vais vous faire subir maintenant, l’insupportable présomption artistique.  Vous n’aviez qu’à dire que c’était beau quand ça l’était! (Évidemment je plaisante… j’essaie seulement de faire concurrence à d’autres jérémiades)

 

HAAAA! HA! HA! HA! 

Je me demande un moment si je ne vais pas m’arrêter à Kenora… et puis non…

 

pour votre plus grand bonheur, je reprends les routes de l’Ontario qu’ils agrandissent et je me dis que, vu la température, je n’aimerais pas être à leur place et que je fais un métier formidable.

 

 

Le bus me dépose au bord de la route, dans la nuit. L’auberge est à un kilomètre, une broutille me direz-vous pour mes jambes aguerries. Mais ici, c’est le Canada, le royaume des ours… Et là, il faut que je prenne une route au milieu de la forêt et, bordel, où ai-je foutu ma frontaleJ’arrive à mettre la main sur mon Bear Spray… mon rythme cardiaque connaît une baisse très relative. L’idée de devoir m’en servir ne me rassure pas beaucoup. Je prie pour qu’ils soient tous en train de dormir bien repus, pour plusieurs mois et qu’il n’y en ait pas un qui veuille se faire un steak tartare à la française en dessert, vu que c’est la saison. J’avance dans le noir. J’essaie de siffler… enfin de faire du bruit entre mes lèvres glacées… puis je me souviens que j’ai mon appareil photo dans la poche et je m’arme de son flash pour éclairer les coins sombres où, de temps en temps, j’entends la forêt, plus noire qu’une grotte, craquer. Je me dis que, quitte à me faire bouffer par un ours, vous ayez au moins une bonne dernière photo à vendre à Paris Match.

C’est beau non l’insignifiant vide du rien?