Archives pour octobre, 2008

15 - 24 Octobre Relâche à Tapachula-Arriaga-Ixtepec-Tierra Blanca


Ces dix derniers jours ont été très intenses. Ma relâche fût la semaine la plus chargée de müvmedia.
Je suis parti à la rencontre des migrants après que mon père m’avait envoyé un article du Monde sur les prêtres mexicains qui se battent contre la mafia pour protéger leur Casa del Migrantes (refuge pour les migrants). Ma frustration avec mon expérience dans le désert du Nouveau Mexique m’avait doté d’une grande énergie pour partir vers le Chiapas, mais ce n’est rien en comparaison de celle que m’ont communiquée les nombreux migrants que j’ai rencontrés durant cette semaine. Pourtant, la plupart du temps je les ai rencontrés dans l’attente, l’attente d’un repas, d’un départ, d’un train de marchandises… mais ce qui les habite, la force de leur Espérance, de la nécessité à revenir auprès de leur famille aux Etats-Unis, ou d’aller gagner de quoi nourrir celle laissé au Guatemala, au Honduras, au Salvador, au Nicaragua…

J’ai beaucoup filmé. Etant seul, beaucoup de choses seront sans doute à la limite de l’utilisable. Mais j’ai des témoignages exceptionnels.

 

J’ai suivi une partie de leur route, de la frontière du Guatemala à Talisman et Ciudad Hidalgo, à Tapachula et sa Casa tenue par le Père Flor Maria de Rignori, puis à Arriaga, le début de la ligne des trains de marchandises qu’ils prennent vers le Nord, puis Ixtepec une autre gare et une autre Casa del Migrante, précaire, tenue par le Père Solalinde, menacée par les Cetas et autres Salvatrucha… puis jusqu’à Tierra Blanca où les deux lignes, Atlantique et Pacifique se sont rejointes
Je voulais prendre le train avec eux, mais le seul train que j’ai suivi ne voyageait que de nuit, ce qui posait un réel problème de lumière pour filmer. Et j’étais trop chargé et donc vulnérable. 
De retour à Mexico pour monter un petit film sur l’épopée de mes amis Népalais, que vous pouvez aider à obtenir un VISA si vous habitez au Canada et que vous leur envoyez une promesse d’embauche. Même un petit boulot pourra les aider.

 

COOL MADAHEV SHRESTHA
et KUMAR K.C
CASA DEL MIGRANTE
COLONIA SAN ANTONIO CAHUACAN 
Apdo 87/27900 
CALLE HIDALGO No 2
TAPACHULA    CHIAPAS  MEXIQUE

 

Ai-je vraiment besoin de souligner leur courage, leur force, leur volonté quand à 17 et 18 ans ils ont traversé la moitié du monde pour venir travailler, étudier dans votre pays. 
Merci de les aider

 

Voilà, je reviendrai évidemment vous raconter toutes ces incroyables aventures dans le détail sous peu. Par ce que là, j’y retourne et cette fois je veux prendre ce train.

À Bientôt

PS : Maman, peux-tu me prendre un rendez vous chez le dentiste pour le 15 Décembre.

Message From Tapachula to Nepal

This message is for KUMAR K.C’s family

 

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this Message is for COOL MADAHEV SHRESTHA’s family

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I’ve been with them few days ago in Tapachula.
They’re fine, in good health and safe.

3-15 Octobre Cuidad Mexico

 

                      CIUDAD MEXICO

 

À Mexico, je retrouve ma vieille amie M. et son français de mari Y.

M. parle très bien français puisque c’est en partie moi qui lui ai appris. Enfin, à l’époque je lui ai surtout appris ce que l’on n’apprend pas à l’Alliance Française. Un langage haut en couleur et riche d’images !

Je prends du temps avec eux et surtout un peu de repos pour les semaines suivantes qui devraient êtres éprouvantes.

Le premier dimanche je vais avec Marigel à la messe à la La Villa pour une visite de la célèbre Vierge de Guadalupe. Il y a un monde fou. L’ambiance est singulière, comme au Sacré-Cœur avec beaucoup plus de ferveur. Autour de la cathédrale les gens font bénir leurs images et leurs statues. Je me joins à eux et fais bénir ma caméra pour toutes les images qu’elle produira !  C’est ici que Carlos Reygadas a tourné les dernières scènes du sublime Batalla en el Cielo

 

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Ils vivent dans un appartement à Naucalpan. Mexico est gigantesque. Y. qui finit sa thèse sur l’urbanisme des métropoles sud et centre américaines, est un précieux guide pour tenterde  comprendre cette ville compliquée. Il m’apprend que Mexico s’est peuplée de plusieurs dizaines de millions d’habitants en quarante ans. À la périphérie, en perpétuelle expansion, des quartiers dit « informels » s’y construisent sans cesse, bidonvilles qui forment petit à petit des banlieues jusqu’à ce qu’elles deviennent « officielles » avec l’arrivée des services de la ville : eau, gaz, électricité, etc… Depuis quelques années la ville est plutôt en décroissance. Il y a un retour vers la campagne ou les villes des autres états mexicains.
Tous deux travaillent dans une université hyper élitiste, tenue par les Légionnaires du Christ pas trop catholiques. Les témoignages de M. et Y. sur cette branche puissante de l’église mexicaine me révèlent leur conception bien singulière du christianisme.

 

Je vais y travailler plusieurs fois. Le campus est luxueux. Beaucoup d’étudiants ont leur chauffeur-garde du corps privé qui les attendent toute la journée à la sortie de l’université, les parents craignant le kidnapping avec demande de rançon, activité courantes à Mexico city. 

Je rencontre J., un neurochirurgien réputé et professeur de neuropsychologie à l’Université et qui prend des cours de français avec M. Nous sympathisons et je me fais inviter assez rapidement à passer une journée au bloc de neurochirurgie de l’Hôpital Général de Mexico, l’hôpital des humbles. Il y a trois sécurités sociales au Mexique. L’une pour les fonctionnaires, l’autre pour les travailleurs privés et celle pour les pauvres. Evidemment, le fait que ce chirurgien de renom, récompensé par de nombreux prix pour ses recherches et son travail, exerce à l’Hopitale Générale, ne m’a pas laissé insensible. Les professions médicales doivent être un sacerdoce…

 

 

 

Dans le Laboratoire de J. avec ses étudiantes et ses rats pour un documenteur bonus.
Sur le bon conseil de J. je visite avec M. le musée d’anthropologie.

 

 

Le vilain qui regarde vers le ciel c’est le Dieu de l’Art.

 

Sur le bon conseil de Y. nous allons à un match de Lucha Libre (Catch)  expérience inoubliable et savoureuse. Trois combats spectaculaires. Trois contre trois. Des spectateurs hurlant des insultes à tout va. J’avais lu le texte de Barthes, je l’avais trouvé brillant. Maintenant je le comprends.

  

Le catch est un défouloir extraordinaire, magique. On peut insulter ouvertement les catcheurs en les regardant droit dans les yeux, ils sont là pour ça. On sait que tout est faux, mais pourtant très vite tout devient vrai et l’on apprend à apprécier les belles prises, les revirements de situations, les surprises, les codes. Impossible de rentrer une caméra ou un appareil photo, la lucha libre est très populaire au Mexique et les lutteurs sont des stars très rentables.

Malheureusement JB que je rencontre à Mexico ne peut pas venir avec nous, trop préoccupé par ses problèmes de caméra.


Malgré tout je lui propose un petit match quelques jours plus tard, dans un parc de la ville.

 Docteur Warner et Angel Blanco
Les seuls spectateurs avaient des masques et des costumes plus impressionnants que les nôtres. 

Docteur Warner et un Jawa Mexicain


26 Septembre - 2 Octobre City of the Sun II

 

 Je vous ai déjà un peu parlé d’Alima. Je ne l’ai rencontrée qu’à la fin de mon séjour. Je veux dire réellement rencontrée. Au début je la trouvais même un peu antipathique.  Sa manière de parler, son regard que je n’arrivais pas lire. Elle venait de se faire opérer. En urgence.

Après une retraite silencieuse de trente jours. Elle en ressortait avec une infection cancéreuse ou je ne sais quoi de la rate. De ce qui produit la bile. Elle me dit qu’après avoir vaincu sa colère, son corps lui aussi avait besoin d’expulser cet organe de la colère.
De la colère, elle me dit qu’elle en avait beaucoup lorsqu’elle travaillait au centre de Palomas.
De la colère contre la bêtise, la lâcheté des politiques et des institutions, de leur hypocrisie, du faux humanisme communicationnel. Alima est une mystique et une pragmatique. Comme beaucoup de gens que je rencontrerai plus tard, au Mexique, leur foi n’est pas une conversation de salon. C’est ce qui guide leur main dans l’action.  Elle pratique le soufisme et  y initie  des femmes de la communauté. J’ai pu assister à une séance alors que j’écrivais mon blog dans la salle communautaire. 
Maintenant, le centre est fermé à cause des violences des gangs qui venaient roder autour du centre pour kidnapper et séquestrer des migrants jusqu’à ce qu’un proche ou la famille paye une rançon (souvent jusqu’à 5000 dollars américains). S’ils ne peuvent pas payer, ils tuent. Qu’est qu’un migrant ? Rien. Qui s’en préoccupe ? Qui viendra chercher un cadavre dans le désert? Lorsque je suis arrivé avec mes questions, elle ne me répondait qu’avec parcimonie, elle disait vouloir prendre de la distance avec tout ça.   Puis peu à peu et surtout après lui avoir montré mes films,  elle s’est, elle aussi, dévoilée et m’a guidé dans le désert qui avait pris le pouvoir sur mon esprit. Le jour de mon départ, elle retourna travailler dans le centre médical de Demings. Elle est infirmière. Mais elle veut quitter le désert, retourner vers les montagnes. Accueillir les gens qu’elle aime dans une maison d’hôte ou un petit ranch. Alima a traversé son désert.      

Il y a un autre John :  John M. 73 ans, retraité précoce de la chimie. Il emploie son temps à faire des photos et les travailler sur photoshop. Il aime voyager dès qu’il a suffisamment économisé sur son aide sociale. Il vient de passer 3 mois au Mexique. Il me donne beaucoup de conseils et me montre ses photos du Copper Canyon où je pense me rendre. Il aime fumer la Marie J,  adore la techno et la transe.

Allez visiter ses deux blogs : 

Sa galerie de photos : 

http://www.pbase.com/koyote11

Et son étonnant blog sur son histoire d’amour avec sa chatte Delilah :

 http://delilahandme.blogspot.com/

(

En passant, puisque nous sommes dans la parenthèse des liens, 
C. un membre de City of the Sun a réalisé un site étrange dont les deux pages les plus visitées sont : 

http://homepage.mac.com/vansprouts/cos/parabolic.html (ou comment se faire un réflecteur pour son antenne de Wifi )

http://homepage.mac.com/vansprouts/time/lunar2008.html (un calendrier lunaire) 

À ne pas manquer sa visite virtuelle de City of the Sun ! http://homepage.mac.com/vansprouts/refrig/virtualcos.html 

 

MAIS ATTENTION ON NE PEUT VISITER LES SITES QUE LE JOUR PARCE QU’ILS SONT SUR SA MACHINE QUI MARCHE GRÂCE AUX PANNEAUX SOLAIRES.
JE VEUX DIRE LE JOUR LÀ BAS, JE VOUS LAISSE CALCULER LES DÉCALAGES HORAIRES

 

)

C’est John M. qui me conduit le long de la frontière. Jusqu’à Antelope Wells un poste frontière plus à l’Ouest. Un poste frontière au milieu de nulle part. Il n’y pas de barrières, simplement un fil barbelé. C’est un lieu absurde.

Pour mon départ, John M. a organisé une party chez lui. Voir danser mon ami de 70 ans  sur de la transe, de la mauvaise techno et même quelques morceaux de Nirvana, tout en fumant de la Marie J., je ne sais pas pourquoi mais ça m’a remonté le moral et même fait danser.  Je n’ai pas poussé  le vice trop longtemps pour ne pas trop exciter, par les gesticulations de mon corps d’athlète, les émois grandissants des quinquagénaires. Très bonne soirée.

 

 

 Je dormais pour cette ultime nuit à City of the Sun sur le toit du John Palace, au grand air frais du désert céleste qu’un dieu amoureux avait paré de ses plus beaux oriflammes
Brûlez mes sœurs !
Irradiez nous jusqu’à la fin !
Cette nuit il n’y a pas de vitre entre vous et moi.
La solitude n’a pas besoin de reflet.

 


Le lendemain mes amis m’accompagnaient de l’autre côtè de la frontière pour prendre un bus.
Pas de bus. Une grève je crois.
Enfin, nous sommes là, je ne comprends pas encore grand chose à l’espagnol.
Mon cerveau n’est pas encore habitué.
John et S. parle avec un type qui attend quelque chose sur un banc.
C’est une voiture. Il va lui aussi à Ciudad Juarez.
La voiture arrive. Je ne réfléchis pas, je fonce.
“Adieu mes amis!”
“Fais attention!” me disent-ils.
Je suis avec deux mexicains que je ne connais pas quelque part dans une voiture, plus pourrie encore que celle de A., qui va je ne sais où.
Confiance aveugle. Il faut que je quitte le désert.
Je ne comprends rien. Je suis. Un bus.
Ciudad Juarez la terrible.
Un avion.
Décollage.

VIDÉO

26 Septembre-2 Octobre - City of the Sun

Tout d’abord il faut que je vous présente le lien pour voir le profil de couch surfer de John. John Comeau.

He was a man, now is a free spirit” F.

  

 

Je ne savais pas trop où j’allais atterrir en allant à Columbus, New Mexico. Je cherchais une ville près de la frontière, une petite ville, où il est toujours plus facile de rencontrer les gens. J’avais trouvé le profil de John sur couchsurfing. Un homme intelligent, cultivé, extrême et en marge.

Je débarque  à Deming d’un voyage en bus plus que surréaliste : Le chauffeur de bus ne parle pas anglais. Il me baragouine en partant de Denvers de changer à Albuquerque… Mais je remonte deux minutes plus tard dans le même bus. Dix minutes après le départ, ma nouvelle voisine se demande où elle doit changer pour aller à Phoenix, je regarde son ticket et lui dit qu’elle aurait dû descendre à Albuquerque… pas de réaction… je retourne voir le conducteur lui montre le ticket, essaie un peu d’espagnol, pas de réaction, je m’énerve un peu et lui dis que c’est son boulot d’avertir des vrais changements et pas des faux. Un autre passager rentre dans la conversation et lui aussi veut aller en Arizona. Il se rend compte de l’incompétence du chauffeur. Demi-tour, retour à Albuquerque. 

Dans ma nuit bien blanche( !) je pense à ce chauffeur. Je prie pour que son incompétence ne soit que pour la logistique et pas pour la conduite. Pour la première fois je me rends compte du nombre de personnes à qui j’ai confié ma vie, dans un bus, un avion, une voiture, sans en prendre vraiment conscience… Maintenant je regarde les chauffeurs de bus autrement et parfois je leur glisse, en montant : ” You’ve got my life in your and for the next XX hours…”.

Bref je débarque à Deming New Mexico.

 

 

Le sympathique patron de la station service d’origine mexicaine : ” Ne crois pas tout ce qu’on dit au sujet de Pancho Villa, mon grand-père était dans sa bande… C’était un voleur, un meurtrier” 
Il était un fois la révolution !

Je tente le stop. Ça marche mais avec un vieux type vraiment lourd, dont les conseils et les précautions trop récurrentes révèlent vite des tentatives dissimulées de se faire un p’tit jeune. Je lui fais vite comprendre qu’il y a pas moyen, qu’il peut changer de sujet et que “ces types bizarres” dont ils parlent poussent le bouchon un peu trop loin, je suis assez costaud pour leur faire avaler leur dentier.

Il me dépose à la station essence de Columbus. Je rentre. Une dizaine de Mexicanos, dont plusieurs portent un flingue à la ceinture, me regardent des pieds à la tête. Comme je porte mon bout de carton indiquant Columbus, l’un d’entre eux me le prend des mains, en me disant que ça y est, je suis à Columbus, mais que maintenant je vais à Deming ! Il écrit Deming sur ma pancarte et me la redonne. Je la met dans la poubelle et lui dit que non, je suis arrivé et vais me servir un hot-dog. Charmant accueil !

Je ne sais pas où habite John. Je lui laisse des messages sur son répondeur sans être sûr que ce soit le bon numéro. Je finis au Patio Café. L’ambiance contraste avec celle précédente. Des problèmes de connexion me font rencontrer plein de gens qui, tous, connaissent John… C’est un vrai personnage ici… Au final je rencontre S. qui vit aussi à City of the Sun. Elle m’invite à la suivre. Nous croiserons Alima qui sera pour moi et mon film d’une grande aide.

 

 

City of the Sun est une sorte de communauté. Des fondateurs d’un mouvement chrétien l’ont créée, il y a plusieurs décennies. C’est un terrain, à la sortie de Columbus, dans le désert, où pour 1500 $ et l’accord de la communauté, on peut acquérir un bout de terre. Aujourd’hui il n’y a plus de places libres. Il faut qu’un membre s’en aille pour pouvoir espérer prendre la sienne. Il y a des maisons à peu près normales, petites, avec un seul rez-de-chaussée. Mais beaucoup ont construit leur « maison » comme ils le souhaitaient. Avec presque rien, de la récupération, ou bien le plus fréquemment avec un mélange de ciment et de papier. Des constructions fascinantes d’inventivité. Parfois c’est une caravane. La plupart des habitants vivent seuls, ils ont en moyenne 60 ans ( John avec ses 54 ans fait partie des “jeunes”) sont des anciens hippies, des anarchistes, d’anciens activistes, des sans-argent, des paumés… Parfois les maisons sont vides, les gens ne viennent ici que quelques mois par an, comme S. qui est ingénieur en hydraulique à  temps partiel, en mission.

John est arrivé ici il y a 4 ans. Il a récupéré « la maison » d’un partant.

 

 

JOHN’S PALACE

Il a quitté sa vie « normale », s’est séparé de sa femme et de son emploi pour vivre une vie marginale. Il vit quasiment en autosuffisance: utilise l’énergie solaire et une petite éolienne qui charge des batteries pour son ordinateur et une lampe qu’il n’allume presque jamais. Il ne boit pas beaucoup d’eau et se lave dans les sanitaires communs de la communauté. Un programme qu’il a réalisé, il y a plusieurs années et qu’il doit simplement mettre à jour de temps en temps lui rapporte 300$ par mois.

 

 

 

Ma chambre  et Le salon

Il chasse parfois, des lapins avec une petite arbalète. L’hiver les serpents qui se réfugient chez lui finissent sur le poêle et j’ai pu constater qu’il avait un goût prononcé pour les sauterelles crues. C’est très bon paraît-il, sauf si elles ont mangé de la « devil grass» une plante toxique ! Son regard bleu perçant et doux la fois ressemble à celui de Terence Hill. Sa voix est douce et ne s’use pas pour n’importe quoi. Pas de fioriture. Il fuit rapidement les conversions banales ou de convenance, mais dès qu’un sujet l’intéresse il devient très loquace.

 

 

Le desk  et  Une sauterelle 6′38” avant de finir dans l’estomac de John

Mais, ici, à City of the Sun les conversations ne sont pas banales. Les expériences de vies sont hors-normes, beaucoup de voyages, les techniques d’autosuffisance, la créativité au quotidien. Avec Alima nous parlons du sujet qui m’intéresse plus particulièrement ici : Les migrants, la frontière. Elle est venue ici par engagement. Avec d’autres, elle a monté un centre à Palomas, de l’autre côté de la frontière, pour y accueillir les migrants qui arrivent ici, après un épuisant voyage, déshydratés, affamés, les pieds meurtris par leur longue marche dans le désert. Leur action consiste aussi à repérer les lieux de passage, afin d’y laisser des réserves d’eau et de nourriture, des couvertures et parfois, d’y retrouver des cadavres ;  pour ça, ils observent le vol des charognards et vont récupérer ce qu’il reste des corps, essayant de les identifier pour les rendre à la famille ou bien les enterrer.