18 Novembre - Winnipeg Thunder bay - l’Insignifiant rien du vide

 

J’ai changé mes plans. Winnipeg, où je suis arrivé à l’aube, s’est montrée trop peu accueillante. Je n’y avais rencontré que des gens biens, l’année dernière. Mais là, à 5h30 du matin, cherchant une place pour travailler, dans un froid… mes amis! Ces déjections photographiques sont un véritable exploit physique. Il s’en fallait de peu que mes doigts ne restassent collés à l’appareil. Je me voyais déjà amputé des deux pieds… 
Ils n’ont tellement rien  à Winnipeg qu’ils exposent leur caillou en granit.

 

Et le monde continue à bavarder…

 

Comme même le Mc Do du centre de Winnipeg (La 8ème ville du Canada) n’a pas de connexion internet, (je veux dire…  même à Thermapolis au Wyoming ils l’ont) 
j’ai décidé de reprendre le bus pour Thunder Bay, où je connais bien les gérants d’une Auberge de jeunesse, au bord du Lac si Supérieur aux autres. Je vous les présenterai demain.
Et puis, comme tout artiste moderne sans talent et abruti par la fatigue, je me réfugie dans la mauvaise abstraction, dont je vais vous faire subir maintenant, l’insupportable présomption artistique.  Vous n’aviez qu’à dire que c’était beau quand ça l’était! (Évidemment je plaisante… j’essaie seulement de faire concurrence à d’autres jérémiades)

 

HAAAA! HA! HA! HA! 

Je me demande un moment si je ne vais pas m’arrêter à Kenora… et puis non…

 

pour votre plus grand bonheur, je reprends les routes de l’Ontario qu’ils agrandissent et je me dis que, vu la température, je n’aimerais pas être à leur place et que je fais un métier formidable.

 

 

Le bus me dépose au bord de la route, dans la nuit. L’auberge est à un kilomètre, une broutille me direz-vous pour mes jambes aguerries. Mais ici, c’est le Canada, le royaume des ours… Et là, il faut que je prenne une route au milieu de la forêt et, bordel, où ai-je foutu ma frontaleJ’arrive à mettre la main sur mon Bear Spray… mon rythme cardiaque connaît une baisse très relative. L’idée de devoir m’en servir ne me rassure pas beaucoup. Je prie pour qu’ils soient tous en train de dormir bien repus, pour plusieurs mois et qu’il n’y en ait pas un qui veuille se faire un steak tartare à la française en dessert, vu que c’est la saison. J’avance dans le noir. J’essaie de siffler… enfin de faire du bruit entre mes lèvres glacées… puis je me souviens que j’ai mon appareil photo dans la poche et je m’arme de son flash pour éclairer les coins sombres où, de temps en temps, j’entends la forêt, plus noire qu’une grotte, craquer. Je me dis que, quitte à me faire bouffer par un ours, vous ayez au moins une bonne dernière photo à vendre à Paris Match.

C’est beau non l’insignifiant vide du rien?

3 commentaires

  1. GrosBoeuf | novembre 19, 2008 @ 4:11

    Merci me faire marrer, j’espère que t’as activé l’anti-yeux-rouge-spécial-ours.

  2. man | novembre 19, 2008 @ 13:14

    1 km: ça fait comme de chez nous jusqu’à la Gabette  .en courant un peu ,ça peut se faire en ,disons 10 mn,bon,15 si tu as un sac de 20 kg sur le dos!J’espère que tu es bien arrivé!Vivement les messages de demain…

  3. cLEm | novembre 19, 2008 @ 16:26

    Passer des forets canadienne à la route de la gabette, je trouve le concept génial=) faudra que je pense à prendre un spay anti-ours la prochaine fois que je traverse la gorge de pouchot by night…
    Toujours rien dans Paris-Match, j’imagine que tout s’est bien passé… avec moins de frayeur que dans ton périple canadien de l’année dernière…

    bonne continuation jo;)

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