It takes a lot to laugh, it takes a train to cry…
Dans le train de Bruxelles à Munich, mon esprit vagabonde. Je pense au film que je viens de faire, à celui à venir. Je regarde défiler le paysage. Une campagne à la fois étrangère et familière.
J’ai décidé de revoir Munich. Pas parce que la ville m’avait particulièrement plu, mais parce que je n’étais pas allé à Dachau. On m’avais conseiller d’y aller, de faire le geste, parce qu’il le fallait, pour la mémoire. J’irai donc pour aller au bout d’une idée, d’une image de l’Allemagne. Peut-être pour la mettre derrière moi, continuer à avancer. Peut-être dois-je voir de mes yeux cette Histoire, celle d’une guerre que je n’ai pas vécu mais dont j’ai tellement entendu parler. J’y vais parce que je crois que nous vivons dans époque trouble. Qu’aussi bien en Europe qu’en Amérique, les politiques nationales prennent des virages dangereux.
J’ai passé quelques jours en solitaire à Bruxelles, à faire le montage du film sur la Braderie. Ça m’a confirmé mon envie de rencontrer des gens, de partager l’expérience. Voyager seul, je veux dire, immédiatement seul, c’est s’enlever le plaisir du partage. D’un beau paysage, d’une saveur nouvelle. Bien sûr, il y a les films, le blogue, mais ce sont autant de moyens de retransmettre ces émotions et non le partage sur l’instant. Le plaisir de monter un beau coucher de soleil n’est pas le même que celui de le voir de nos yeux, en bonne compagnie. J’aurai à conjuguer les deux. Plaisir et Travail. Vivre les émotions et les retransmettre.
Outre ce constat, je me sens bien. Les soucis de logistique se sont dissipés. Je sais maintenant comment m’y prendre pour avoir une place de train ou une place pour dormir. Je sens toutefois que j’aurai à faire preuve de davantage d’audace, avec les gens, avec mes films.
À chaque fois que j’arrive devant mes rushes, les images tournées qui constitueront mon film, plusieurs films s’offrent à moi. Généralement, il reste les traces du film que je voulais faire au départ. Ensuite, il y a les quelques films que j’ai découverts en tournage. Idées embryonnaires parfois exploitées, rarement complétées, personnages secondaires fascinants et situations inattendues. Et finalement, il y a les films qui émergent au visionnement de mes images. j’ai généralement une journée pour décider quel film je fais et l’exécuter. Je choisi celui qui me plait le plus, que je pense sera le plus intéressant, complet. Mais souvent, il reste des regrets, de meilleures idées émergent, on trouve le film idéal, le bon film dans le trajet de train, qui nous mène jusqu’à la destination suivante. Ce film, on y trouve un joli endroit dans tête et on l’y enfoui, espérant qu’il germe sous une forme différente, en temps venu.











